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Gouvernement en minorité au Parlement
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Gouvernement en minorité au Parlement
La coalition PTr-PMSD, décidée en catastrophe, à l?issue des législatives du 20 décembre 1976, pour barrer la route du pouvoir au MMM, prend des allures de chemin de Croix, à la différence près qu?elle chute à deux reprises au cours de la même station, celle du 20 novembre 1979. Elle pensait pourtant avoir fait le plus dur, en parvenant à contrer la motion d?annulation de Kader Bhayat, grâce au vote prépondérant du Speaker, Ramesh Jeewoolall. Le député mauve conteste les nouveaux tarifs d?abattage à l?abattoir central. L. Badry vote en faveur de la motion Bhayat et donc contre le gouvernement. Giandeo Daby est absent de l?hémicycle, au moment du vote.
Le gouvernement aura moins de chances avec les deux autres motions d?annulation à l?agenda. Celle d?Anerood Jugnauth, contestant les nouveaux tarifs d?eau de la Central Water Authority, est approuvée par 35 voix contre 34. Cette fois-ci, Badry et Daby votent avec l?opposition (majoritaire) et contre le gouvernement (minoritaire). Les trois anciens contestataires travaillistes, Boodhoo, Gungoosingh et Beedassy, se rangent du côté de l?opposition. Jean-Claude Augustave non seulement vote avec le gouvernement mais participera, plus tard à une réunion parlementaire du PTr. Petite consolation pour un Premier ministre qui subit une des plus dures journées de sa longue carrière parlementaire (39 ans ininterrompus en 1979)
La seconde défaite du gouvernement PTr-PMSD, lors du scrutin approuvant la motion de Vijay Venkatasamy, est encore plus humiliante pour lui. Le score de 35 voix contre 32 est, en effet, sans appel. Ce député réclame l?annulation des nouveaux prix de vente au détail de la farine. Prem Doongoor et Jean-Claude Augustave décident de s?abstenir, alourdissant d?autant l?humiliation de Sir Seewoosagur Ramgoolam.
Ce dernier sera sauvé par le gong, lors de la réunion des parlementaires travaillistes, réunion pourtant convoquée par le leader pour définir l?attitude à adopter après cette double défaite et par rapport au comportement de Badry et de Daby. La situation est des plus confuses après l?annulation des nouveaux prix de vente de la farine. Il peut se créer un vide juridique dans lequel pourraient s?engouffrer commerçants véreux et spéculateurs, fragilisant d?autant les consommateurs.
Les ténors du PTr s?en prennent violemment au MMM qui, d?un côté, parle de relations civilisées avec le gouvernement et, de l?autre, glisse des peaux de banane sous ses pieds en plein Parlement.
Kailash Purryag accroît les difficultés de son leader, en souhaitant des élections générales anticipées, arguant que le gouvernement ne peut être, à tout moment, à la merci de l?opposition et des dissidents. Sa thèse est soutenue par des Senior Ministers dont Sir Satcam Boolell et Sir Harold Walter, par le président des Rouges, le Dr James Burty David, et même par Sir Veerasamy Ringadoo.
Kher Jagatsingh est le seul à comprendre l?embarras de son leader et vole à son secours. Diplomatiquement, il se déclare en faveur d?élections législatives anticipées. Il émet cependant quelques réserves. Il n?est pas bon, dit-il, qu?une décision aussi grave soit prise sous l?effet d?un choc. Il propose que la question soit discutée ultérieurement avec plus de recul afin que la décision, qui s?impose, soit prise à tête reposée. Sir Seewoosagur peut enfin réclamer à ses troupes un temps de réflexion qui lui offre une appréciable porte de sortie. Ouf ! C?était moins cinq?
Il a eu, cependant, l?occasion de faire son effet, plus tôt, au Parlement, en alléguant l?existence de deux coups d?Etat contre son gouvernement, en 1971 et en 1979. Il ne peut prouver légalement leur réalité. Il s?en tient à l?existence indiscutable d?émeutes visant à renverser un gouvernement démocratiquement élu. Il demande à chacun de penser ce qu?il veut à ce sujet et d?assumer la responsabilité de son choix.
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