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Gnassinbé promet des élections libres
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Gnassinbé promet des élections libres
Faure Gnassingbé, qui a remplacé son père, décédé samedi 5 février, a fait part de son intention d?organiser des élections « libres » au Togo, tout en ignorant le tollé unanime à la fois à l?intérieur et à l?étranger provoqué par les conditions douteuses de son accession au pouvoir.
Dans une allocution radiotélévisée, l?ancien ministre de 39 ans, qui passe pour politiquement inexpérimenté, a remercié l?armée de l?avoir hissé à la tête du pays jusqu?à l?expiration du mandat de son père, en 2008. Il a annoncé de prochaines mesures de réconciliation avec l?opposition. Il a promis enfin des élections législatives « libres et transparentes ».
<B>Une légitimité contestée</B>
La légitimité de Gnassingbé est contestée unanimement par l?opposition intérieure, par les pays voisins, réunis au Niger pour débattre de son cas, par l?Union africaine dans son ensemble, qui parle de « coup d?État », par l?Union européenne, à commencer par la France, ancienne puissance coloniale, et par l?Onu. L?Organisation internationale de la francophonie (OIF) a décidé de suspendre le Togo de ses instances ainsi que la coopération multilatérale avec ce pays, a annoncé mercredi l?Organisation dans un communiqué.
À Paris, Xavier Darcos, ministre délégué à la Coopération, a prévenu que Paris allait « vérifier si ces choses sont justes » et vérifier, en liaison avec la réunion de Niamey, « si les promesses du président usurpé sont bonnes ». « Si ce n?est pas le cas, la France une fois de plus jouera son rôle plein et entier dans le cadre des institutions internationales et en particulier dans le cadre de l?Union européenne », a-t-il dit lors des questions d?actualité à l?Assemblée nationale.
<B>« Une réconciliation des fils et filles de la nation »</B>
Mais, impavide devant un tel environnement hostile, le nouveau maître du Togo a exposé son programme en promettant de respecter tous les engagements pris par son père en avril 2004 à Bruxelles en vue d?obtenir de l?Union européenne la reprise de son aide, suspendue en 1993 pour sanctionner le « déficit démocratique » de son régime.
Gnassingbé, qui a prêté serment lundi devant un Parlement qui unanimement ratifié sa désignation à l?armée, alors que c?est son président qui aurait dû assurer l?intérim du chef de l?État, a promis notamment de respecter la promesse faite par « le père de la nation » à l?UE d?organiser en 2005 un scrutin législatif. Il a « souhaité », sans fixer de date, « l?organisation le plus tôt possible d?élections libres et transparentes qui reflètent la volonté du peuple ».
Il a dit reprendre à son compte « le désir profond » de son prédécesseur quant à « une véritable réconciliation de toutes les filles et de tous les fils de la nation. Les actions qu?il a menées à cet effet ont été salutaires pour la consolidation de l?unité et de la concorde nationale. C?est dans cet esprit que des mesures concrètes seront prises dans un proche avenir ». Faisant notamment allusion à Gilchrist Olym-pio, fils du premier président du Togo assassiné et leader du principal parti d?opposition, l?Union des forces pour le changement, il a invité tous les exilés à regagner leur pays.
Olympio, qui vit en exil à Paris après avoir lui-même échappé à une tentative d?assassinat en 1992, avait lancé un appel à une « révolution des ?illets » à la togolaise et l?opposition avait proclamé mardi une journée « ville morte » à Lomé, mais ces appels ont été dans l?ensemble peu suivis. Le nouveau président, un civil, contrairement à son père, qui avait fait carrière dans l?armée française, a déclaré « compter particulièrement » sur les forces togolaises pour « garantir la paix et la sécurité chères à la réalisation de nos ambitions ».
Il les a invitées à « préserver leur unité et leur cohésion indispensables à leur mission sacrée de protection de nos laborieuses populations et de l?intégrité nationale ».
<B> @ 2 005 Le Monde ? avec REUTERS
Distribué par The New York
Times Syndicate</B>
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