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Gbagbo réunit armée et rebelles pour calmer le jeu

4 décembre 2003, 20:00

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Le président Laurent Gbagbo a tenté hier de faire retomber le brusque accès de fièvre en Côte-d?Ivoire en réunissant à Yamoussoukro, la capitale, des responsables de l?armée et des chefs militaires rebelles.

Cette rencontre, à laquelle devaient participer des représentants de l?armée française et de la force de paix ouest-africaine qui s?interposent entre les belligérants, a été convoquée à la suite de l?appel lancé à la télévision publique RTI par un groupe d?officiers loyalistes. Ces derniers réclamaient le départ des soldats français de la ligne de cessez-le-feu séparant le pays en deux.

Des partisans de Gbagbo ont manifesté pour la quatrième journée consécutive hier devant la base des soldats français à Abidjan. Après trois jours de heurts avec les ?marsouins? du 43e bataillon d?infanterie de marine (Bima) et les forces de l?ordre ivoiriennes, les ?jeunes patriotes? ont organisé un ?sit-in? pacifique devant le camp des Français à Port-Bouët qui, selon eux, empêchent l?armée de reprendre le Nord tenu par les rebelles depuis la tentative de coup d?Etat de septembre 2002.

Pour Eugène Djué, l?un des chefs de file des manifestants, la réunion de Yamoussoukro doit déboucher sur un calendrier précis pour le désarmement des rebelles prévu par l?accord de paix signé en janvier à Marcoussis, près de Paris. ?Nous attendons les résultats de la réunion de Yamoussoukro. Nous espérons que là-bas, on aura des précisions sur le désarmement des rebelles ou le départ des Français. Nous sommes exaspérés par le fait que les rebelles ont encore des armes et que les forces françaises ne font rien pour les désarmer?, a-t-il déclaré, sous l?oeil vigilant de la police ivoirienne.

Malgré la fin officielle du conflit en juillet, les deux parties belligérantes se reprochent mutuellement de ne pas respecter leurs engagements et de profiter de la trêve pour se renforcer. Les rebelles accusent Gbagbo de saboter l?accord de paix et d?orchestrer en sous-main le regain de tension, ce que le chef de l?Etat dément. Après avoir quitté en septembre le ?gouvernement de consensus national?, les insurgés ont rappelé mercredi leur attachement à leur promesse de désarmer. Ils se sont dits prêts à libérer les prisonniers de guerre. La France, pour sa part, a indiqué que ses 4 000 militaires actuellement déployés dans le cadre de l?opération ?Licorne? resteraient en Côte-d?Ivoire.

Media Coulibaly

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