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Gamma Energy et CNIM passent à l?offensive
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Gamma Energy et CNIM passent à l?offensive
C?est dans la controverse, pour ne pas dire l?affrontement direct entre deux opérateurs potentiels, que le pays entame les étapes préliminaires du processus de remplacer l?enfouissement technique (landfill) par l?incinération des déchets.
Au c?ur de cette controverse, une déclaration de Tommy Ah Teck, Managing Director de Gamma Energy, dans l?édition du 18 mars de l?hebdomadaire Week-end au sujet du fournisseur de la technologie d?incinération auquel il compte recourir. « Du côté des promoteurs, un contrôle rigoureux sera exercé sur tous les aspects du projet. La compagnie Gamma Energy sera équipée de matériel dernier cri, hautement sophistiqué, fabriqué sous licence du célèbre groupe allemand Martin. »
Cette déclaration a suffi pour qu?un autre promoteur sorte de son silence. « Je suis autorisé par mon client CNIM à donner publication de l?attestation écrite par Martin GMBH en date du 27 mars 2007 », soutient Zakir Mohamed, conseiller légal de CNIM.
Selon les termes de cette attestation, Martin GMBH affirme que CNIM a la « licence exclusive sur le territoire de l?île Maurice des systèmes de combustion MARTIN pour les déchets ménagers, comprenant, entre autres, la grille à recul, le contrôle, la commande pour la combustion et tous les accessoires nécessaires au bon fonctionnement de cette installation ».
Jusqu?ici, le projet d?incinération soumis par Gamma Energy Ltd a été le seul à être proposé à l?examen scrutateur du public. Ce n?est pas là l?aboutissement d?une campagne de publicité, mais bien les conséquences de l?interrogation de l?opinion publique sur la capacité réelle des promoteurs à combattre efficacement les risques d?émission de polluants dont principalement la dioxine et le furanne.
La réaction de la compagnie a débouché sur l?organisation d?une vaste compagne d?explication. Des débats ont été organisés à la radio, sur le terrain avec les habitants du village de Bambous, des universitaires, cette semaine, et incessamment avec des résidents de Roches-Brunes.
« Une plus grande protection de notre environnement »
« Il est dommage que le débat ait quelque peu dérapé. L?enjeu, c?est la protection de notre environnement à une époque où les changements climatiques modifient notre mode de vie. Nos efforts doivent s?orienter vers une plus grande protection de notre environnement », déclare Tommy Ah Teck. Le Managing Director de Gamma Energy souligne qu?ils sont arrivés à la conclusion que l?enjeu environnemental n?est pas du seul ressort de l?État, encore moins celui d?individus ou de sociétés. « C?est aux citoyens, aux entreprises, à la société, aux académiciens et au gouvernement, dans un élan de collaboration, de relever ce défi. Notre projet offre des solutions aux problèmes d?émission de gaz du site d?enfouissement de Mare-Chicose. Il cadre parfaitement avec les termes du Clean Development Mechanism du Protocol de Kyoto. »
Il ajoute qu?en ce qui concerne la technologie d?incinération, celle offerte par la société allemande Martin est une des nombreuses autres possibilités d?existence. « Le choix final de la technologie d?incinération est déterminé par les recommandations de Covanta, notre partenaire américain qui possède le savoir-faire dans ce domaine », indique Tommy Ah Teck
Pour Zakir Mohamed, la déclaration de Tommy Ah Teck « nous gêne ». Il invite le gouvernement à accorder un traitement égal à tous les opérateurs désireux de proposer un centre de valorisation énergétique des déchets. Il s?élève contre le fait que le gouvernement ait opté pour l?examen du projet de Gamma Energy au sein d?un comité « fast track » présidé par le Premier ministre et que cette compagnie ait bénéficié de la discrétion de l?État de ne pas exiger la soumission du rapport sur l?impact de ce centre d?incinération sur son environnement immédiat comme le lui permet la législation.
« Le site identifié pour l?installation du projet, c?est La Chaumière sur un terrain d?une superficie de trois hectares. Le tipping fee, qui est le prix que le gouvernement devra payer pour disposer des déchets, se situera dans la fourchette de 21 à 23 $. L?énergie produite par le centre sera vendue à Rs 3,50 le kW au CEB. Nous avons des raisons de croire que notre projet est la meilleure option que l?on puisse trouver », soutient Zakir Mohamed.
Invité à commenter les points soulevés par Zakir Mohamed, Tommy Ah Teck a indiqué qu?il préfère s?appesantir sur le véritable enjeu autour duquel le projet d?incinération a été élaboré.
Si Gamma Energy et CNIM livrent une féroce bataille pour la conquête du marché de la valorisation énergétique des déchets, ce marché a suscité depuis 2006 l?intérêt d?une autre société constituée d?un partenariat entre Water and Energy for the Indian Ocean (Wefio) et Inova, une filiale du groupe autrichien VonRoll Inova. Seul point commun entre CNIM et cette dernière, c?est qu?on y retrouve l?homme d?affaires Mohamed Ayachi Ajroudi, originaire de la Tunisie. Ce dernier est actionnaire de CNIM pour les régions du Moyen-Orient et de l?ocean Indien. (voir hors-texte).
Mohamed Ayachi Ajroudi, un homme d?affaires incontournable
Si l?identité des opérateurs de Gamma Energy est connue, tel n?est pas le cas pour ce qui est des promoteurs de l?autre projet. En effet, le grand bonhomme derrière le projet d?incinération que propose CNIM est Mohamed Ayachi Ajroudi. Originaire de Gabès, une ville du sud de la Tunisie, Mohamed Ayachi Ajroudi n?est pas un inconnu des milieux touristiques mauriciens. « C?est une vieille connaissance de feu sir Gaëtan Duval du temps où celui-ci tenait le portefeuille du ministère du Tourisme », indique son conseiller légal, Zakir Mohamed.
Admiré et controversé, Mohamed Ayachi Ajroudi reste pourtant un homme d?affaires incontournable tant à Cannes où on le prénomme, le « Prince de l?immobilier », et en Arabie Saoudite où il s?est taillé un nom dans le cercle fermé des décideurs politiques et économiques.
Marié à une Française, ce diplômé en ingénierie hydraulique va vite se faire remarquer avec la conception d?un type de pelleteuse géante dans le cadre des travaux d?installation du métro de Lille. Sa compétence et son instinct d?homme d?affaires avisé l?orientent vers les marchés d?irrigation souterraine de l?Arabie Saoudite.
C?est en juillet de l?année dernière que Mohamed Ayachi Ajroudi manifeste son intérêt pour le secteur de la transformation des déchets ménagers du pays. Cela dans le cadre de la décision du prince saoudien Abdullah Bin Fahad Abdulaziz de soutenir un projet de production de l?énergie aux moyens de l?incinération des déchets. Le projet est proposé par Water and Energy for the Indian Ocean (Wefio) en partenariat avec Inova, une filiale du groupe autrichien VonRoll Inova. Dans une lettre, le prince saoudien exprime son intention de participer au financement du projet. Ce soutien est cependant sujet à la signature d?un contrat pour que le Central Electricity Board s?engage à acheter l?énergie électrique du projet d?incinération. Le coût du projet était estimé à quelque Rs 6 milliards.
En septembre de l?année dernière, Mohamed Ayachi Ajroudi débarque à Maurice à la tête d?une délégation de ses partenaires de Wefio pour présenter son projet. Il est accompagné des MM Denis Gillot, Gilles Vincent, maire de Saint-Mandrier, Gilles Cima, responsable du tourisme à Cannes, de Guy Durbec, sénateur, et de François Canelas, président du CNIM de Toulon. La délégation est reçue, entre autres, par Abu Kasenally, ministre de l?Énergie et des Services publics. Les membres de la délégation ont assisté à la course du Maiden au Champ de Mars, le 10 septembre 2006. Dans une lettre en date du 23 décembre 2006, Abu Kasenally devait saluer Mohamed Ayachi Ajroudi et le prince Abdullah pour « l?effort suprême que vous avez fait pour que l?île Maurice obtienne un quota additionnel de 800 visas pour le hadj 2006 ».
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