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Gaëtan Raynal : le PMSD est une coquille vide

7 octobre 2004, 20:00

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Le regretté historien Gaëtan Raynal, un des rares à avoir défriché la période 1850-1950, n’est pas particulièrement tendre pour le Parti mauricien social démocrate (PMSD). Ce parti l’a pourtant aidé à passer de l’autre côté de la barrière et à transformer l’observateur perspicace de plusieurs générations de politiciens, qu’il est, en un militant actif, pouvant, théoriquement, influencer le cours de l’histoire. Il juge guère positif son bilan des quelques mois passés à la présidence du PMSD . Il n’est indulgent pour personne, à commencer par le leader, Gaëtan Duval, qu’il qualifie de “débile, mal inspiré, puérilement revanchard”. C’est à tort que certains veulent dissocier Gaëtan Duval de ses accusations contre son parti. Il le tient pour le premier responsable pour la bonne raison que ce leader ne croit pas en l’organisation. Le leadership débile commence avec Gaëtan Duval. Il taxe le PMSD d’immobilisme. Le parti à l’emblème “coq” ne serait, selon lui, qu’une coquille vide, une imposture, un semblant d’organisation.

Des observateurs estiment que son retrait de la vie politique ne serait pas étranger au fait qu’une motion de blâme se trame contre lui. Un autre Bleu, Maurice Espitalier-Noël, ministre des Administrations régionales, aurait désapprouvé certaines mesures préconisées par le président-conseiller municipal démissionnaire. A cela, il réplique que son tempérament de lutteur lui permet de relever des défis autrement plus redoutables. Ainsi attaqué, un incontournable congrès du PMSD lui aurait donné une opportunité en or de dire tout haut ce que pensent tout bas un grand nombre de partisans bleus.

Gaëtan Raynal est à sa seconde incursion politique. La première fut une initiative éphémère de Raymond Devienne. La seconde est plus déterminante. Elle naît du “vertige infligé à la population mauricienne par les élections législatives du 20 décembre 1976 qui faillirent donner le pouvoir au Mouvement militant mauricien (MMM)”. Sa candidature aux municipales d’avril 1977 se donne une vocation administrative. De fil en aiguille, il fait son entrée à l’exécutif du PMSD et accepte d’en assumer la présidence. On lui demande d’être un président de parti émasculé. Le parti n’a jamais pu lui soumettre ne serait-ce qu’une ébauche d’orientation. Il ne sert à rien de vouloir contribuer au redressement de ce parti. Que faire d’un parti ne voulant pas de débat idéologique. En 1979, il se pose la question : où va le politicien que je suis devenu ? La réponse est brutale : il ne va nulle part. D’où sa démission du parti et du conseil municipal. S’il veut survivre, le PMSD doit apprendre à survivre à Gaëtan Duval.

En ce début d’octobre 1979, il est par ailleurs beaucoup question de l’irritation causée, ici et là, par une augmentation des tarifs d’eau de la Central Water Authority. Des villageois manifestent régulièrement contre cette hausse tarifaire. On commence à s’émouvoir même au sein du Parti travailliste, ce qui ne peut laisser indifférent le nouveau directeur de ce corps constitué, M. K. Jawaheer. Les nouveaux barèmes sont favorables aux petits consommateurs et pénalisent plus sévèrement les consommations abondantes, sinon les gaspillages. Qui veut éviter de payer trop cher son eau doit veiller à en faire un bon usage et éviter par-dessus tout le gaspillage. Les subventions gouvernementales, qui ont cours depuis 1973, se tarissent en raison des pressions exercées par le Fonds monétaire international. Les salaires du personnel représente 60% des revenus globaux. Le coût total de fourniture d’eau potable est en moyenne de Re 1.50 le mètre cube. Il se compare favorablement aux Rs 3.50 et aux Rs 6 qu’il coûte dans d’autres pays d’Afrique. Aucun bailleur de fonds au monde n’acceptera de financer le budget de fonctionnement d’une quelconque entreprise. Celle-ci doit apprendre à vivre selon ses revenus réguliers.

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