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G. Duval mendie une présidence portlouisienne
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G. Duval mendie une présidence portlouisienne
On ne dira jamais assez que 1981 est l?annus horibilis de toute l?histoire des collectivités locales et de la démocratie régionale à Maurice, encore que l?insignifiance quasi absolue à laquelle celles-ci aboutissent, en 2006, dit la dégradation constante et chronique d?institutions ayant eu le mérite de permettre à des générations d?éminents Mauriciens de faire leurs premières armes en matière d?activités politiques et de gestion de la res publica.
Quelques rappels ne sont pas de trop ici. Décembre 1973 : Seewoosagur Ramgoolam boute hors de son gouvernement Gaëtan Duval, réclamant le droit aux excès, ainsi que les ministres bleus lui demeurant fidèles. Dans la foulée, il suspend les conseils municipaux sous contrôle PMSD et permet à la presse travailliste et même boolelliste de faire rimer municipale et ?muni-si-sale?. Il faut attendre avril 1977 pour que l?électorat urbain puisse se choisir de nouveaux conseillers, même mauves puisque le MMM contrôle, après le scrutin, Port-Louis, BBRH et Vacoas-Phoenix.
Décembre 1979 : dédaignant quelques avis journalistiques, les conseillers municipaux mauves démissionnent en bloc dans l?espoir, espérons-le, de forcer le gouvernement Ramgoolam à tenir, à brève échéance, des élections municipales. C?était méconnaître le manque de démocratie prévalant dans les rangs ramgoolamiens et duvalistes et la preuve qu?on peut être journalistes et être doués d?un meilleur flair politique et éthique que des politiciens, se vantant pourtant de leur vaste expérience et de leur connaissance de chaque pouce du terrain. Les conseillers mauves démissionnent, laissant des sièges vides que le gouvernement Ramgoolam remplira sans vergogne ni scrupule par des commissaires administratifs, autrement dit des rodères boutte, nommés par de faux démocrates.
Seewoosagur Ramgoolam n?est pas le seul coupable en l?occurrence. Le Comité d?action musulman (CAM) ne donnera pas sa part aux chiens et on le verra quand ce reliquat de parti ethnique s?opposera énergiquement aux velléités présidentielles de Gaëtan Duval qu?on pensait plus friand de panache démocratique et électoral.
Le mal aurait été moins grand si les commissions administratives nommées entre décembre 1979 et le juin 1982 s?étaient signalées à tous par une gestion moins démagogue et plus saine que celle des conseils municipaux élus par le peuple souverain. Ce furent deux ans et demi de magouilles, de contestations, de divisions internes, de linge sale lavé en public dont on ne peut révéler les détails même les moins ragoûtants sans susciter une nausée générale.
Triste spectacle que de voir d?honorables politiciens et des proches de la coalition rouge-bleu se jetant avec une avidité déconcertante sur un os dédaigné par le MMM. A Vacoas-Phoenix, président et conseillers se désavouent mutuellement, à coups de conférences de presse vociférantes. Partout, les uns magouillent contre les autres.
Le pire sera atteint au Port-Louis quand Gaëtan Duval lorgnera soudainement une présidence pourtant promise au CAM de Raouf Bundhun. Les Mauriciens font alors preuve d?une méconnaissance assez grande de leur histoire politique pour ne pas y voir une triste répétition de l?injure faite en 1935 à Goolam Mohamed Dawjee Atchia (refus du mairat promis pour cause de bicentenaire portlouisien) et de celles faites à Abdool Razack Mohamed (recount réclamé en août 1953 par Jules K?nig en faveur d?Alex Bhujoharry mais à l?encontre de l?élu Razack Mohamed et la campagne souterraine, hostile à ce dernier, parmi l?électorat portlouisien blanc, lors des municipales du 2 septembre 1956).
Le souvenir que laisse Gaëtan Duval mendiant à Seewoosagur Ramgoolam, en mai 1981, la présidence d?une commission administrative, nommée et non élue démocratiquement, figure certainement parmi les épisodes les plus tristes de l?histoire politique de notre pays. Ces réminiscences rappelleront quelques détails de cette présidence portlouisienne de Gaëtan Duval, lui qui fut, pendant tant d?années, le lord maire de la Cité de Port-Louis et qui milita tellement pour rendre ses lettres noblesses à la vieille Dame de la Corporation municipale de Port-Louis.
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