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Fortunes diverses à l?étranger pour entreprises mauriciennes

12 février 2006, 20:00

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L?exportation du savoir-faire mauricien dans l?hôtellerie, le textile, le sucre, les services bancaires et l?assurance continue de croître. Les risques associés ont fait reculer certaines entreprises dans leurs implantations à l?étranger. Mais d?autres ont choisi de miser sur une stratégie de croissance basée sur la diversification et l?expansion dans l?océan Indien, en Afrique ou ailleurs. Avec pour objectif d?étendre leur rayonnement international, d?accroître leur production et de consolider leur image de marque.

Beachcomber, qui a initié des démarches auprès des autorités marocaines pour son implantation à Marrakech, est du lot. ?Nous attendons les permis pour pouvoir commencer la construction de l?hôtel. C?est encore un projet. Nous espérons qu?il pourra ouvrir ses portes en 2008?, dit Mikael Lelurron, directeur de marketing de ce groupe.

Cet hôtel au Maroc s?ajoutera aux trois autres des groupes mauriciens à l?étranger : outre le Sainte Anne Resort & Spa de Beachcomber aux Seychelles, il existe le Lemuria de Constance Hotels Group dans ce même archipel, et le White Sands Resort & Spa de Naïade aux Maldives. Naïade Resorts détient aussi 40 % des actions dans Desroches Island Lodge aux Seychelles et en assure même la gestion.

Nuances du textile

Les investissements dans l?hôtellerie n?ont toutefois pas donné les mêmes résultats probants dans le textile. Après la crise politique à Madagascar il y a trois ans, le nombre d?entreprises mauriciennes dans la Grande île est passé de 13 à trois ou quatre. Avec ses unités Aquarelle Clothing Ltd, Tropic Knits Ltd et Floréal Knitwear Ltd, Ciel est l?un des rares groupes de textile mauricien toujours présent à Madagascar. Aquarelle y ouvrira une deuxième unité en avril. L?expansion d?Aquarelle se poursuit aussi en Inde, où sa deuxième usine, à Bangalore, ouvrira ses portes en mars.

La Compagnie Mauricienne de Textile caresse l?idée d?exploiter une usine en Chine. L?ouverture était prévue pour 2007 mais le projet a été différé.

Une unité textile du groupe Palmar avait l?intention de démarrer des activités au Mozambique.Mais des difficultés se sont présentées et les opérations dans cette partie de l?Afrique ont été abandonnées.

Dans le secteur sucrier également, les sucreries mauriciennes ont connu des fortunes diverses. Selon Errol Jacquin, directeur technique de Sucrivoire en Côte d?Ivoire, la situation politique instable dans ce pays réduira la récolte 2005-2006 des usines (à Borotou et à Zuénoula) à 55 000 tonnes de sucre. Dans le passé cette production a atteint les 80 000 tonnes. La crise ivoirienne a affecté les investissements pour l?épandage de fertilisants et pour l?irrigation.

Sucrivoire, société du consortium Harel Frères et SIFCA (société privée ivoirienne), gère les deux usines sucrières. Le consortium y détient 55 % des actions et l?Etat ivoirien, 45 %.

La performance financière de la sucrerie mauricienne à Marromeu, Mozambique, n?est guère réjouissante. Le partenariat stratégique avec le puissant groupe sucrier français, Tereos, apportera une bouffée d?air frais à cette usine des groupes Lagesse et Espitalier-Noël qui ont investi gros dans sa réhabilitation. Cette collaboration franco-mauricienne aidera l?usine de Marromeu à doubler sa production sucrière et à poursuivre son expansion.

?Depuis des années, des techniciens mauriciens ont apporté au Brésil, à Hawaï, à l?Afrique, à l?Australie et ailleurs leur expertise en matière sucrière sur une base individuelle?, explique Patrick d?Arifat, haut cadre du groupe Ciel et de Deep River-Beau Champ. Ce groupe a racheté la sucrerie tanzanienne de Tanganyika Planting Company Ltd.

?Mais depuis une décennie, dit-il, l?exportation de ce savoir-faire se fait sur une base plus large par des sociétés mauriciennes, qui en assurent la continuité. Or, en raison de certains problèmes à Maurice, le développement du secteur sucre ne peut se faire qu?à l?étranger.?

United Basalt Products (UBP) investira d?ici la fin de l?année pour améliorer la qualité de rocksand qu?elle produit à Madagascar, où elle compte trois concasseurs. Elle y a obtenu le contrat pour approvisionner en macadam une compagnie japonaise qui construit une route à Antananarivo. UBP a aussi une autre concasseur au Sri Lanka.

?Nous voulons apporter notre savoir- faire dans certains pays de la région ou ailleurs. Mais, malheureusement, nous sommes parfois victimes de certaines situations politiques. Ce sont des projets à risque?, spécifie Jean-Michel Giraud, general Manager d?UBP.

Dans le domaine financier, nos banques rayonnent dans toute la région. Grâce à la Mauritius Commercial Bank (MCB), par exemple, présente à Madagascar, aux Seychelles, à la Réunion, à Mayotte et au Mozambique. Elle compte bientôt ouvrir une troisième branche dans la Grande île.

La State Bank of Mauritius ouvrira, à la fin du mois, une deuxième succursale à Madagascar. Elle détient aussi trois succursales en Inde.

Vision de dimension internationale

Autre groupe mauricien qui a affirmé sa présence dans la région : Rogers. Ses investissements à Madagascar ont un thème commun : l?ouverture à la région de relations business développées à Maurice.

Cela se fait à travers Transcontinents Madagascar (une agence de voyages et tour-opérateur), Ario Ltd (General sales agents d?Air Mauritius et d?Air Austral) et Rogers International Distribution Services (RIDS), spécialisée en logistique. RIDS est implantée à Madagascar, au Mozambique et en France, notamment à Roissy, à Lille, à Dunkerque et au Havre depuis 13 ans.

?La dimension internationale fait partie de notre vision dans le processus de développement. Nos activités à l?étranger reposent sur l?exportation de nos compétences et du savoir-faire acquis dans les domaines de l?aviation, du tourisme et de la logistique?, fait-on comprendre au sein de ce groupe.

Dans le domaine des assurances, un premier partenariat régional s?est concrétisé. Avec Seychelles Pension Fund, Swan Insurance Co. Ltd a acheté 30 % des actions de Sacos, compagnie d?Etat d?assurance seychelloise en voie d?être privatisée. Louis Rivalland, chief operations officer de Swan Insurance Co. Ltd, se trouve aux Seychelles pour finaliser la démarche de la compagnie.

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