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First City Bank : en attendant le prochain acquéreur
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First City Bank : en attendant le prochain acquéreur
Des conflits entre membres du conseil d?administration et cadres de la First City Bank (FCB) sur fond de prêts accordés à des clients non solvables ont poussé le gouvernement à instituer une enquête indépendante. Et si toute cette agitation visait à préparer l?acquisition de la banque par un autre groupe financier proche du pouvoir ?
En effet, les secousses qui agitent, depuis le début du mois d?octobre, la First City Bank laissent perplexes certains financiers et observateurs attentifs des milieux bancaires. Comment se fait-il, affirme-t-on, qu?une institution bancaire qui a redressé la barre se voit soudain au centre de l?actualité à cause de profondes divergences au sein de son conseil d?administration ?
Proche de la famille Jugnauth
« La FCB est passée de pertes de Rs 113 millions en 2004 à des profits de Rs 27 millions cette année et ce, malgré des divisions connues au sein de son conseil d?administration. Pourquoi cette affaire de créances douteuses arrive-t-elle sur le tapis aujourd?hui, juste après la publication des résultats financiers 2004-2005 ? », se demande ainsi un expert financier.
Il faut savoir que la First City Bank a vu le jour dans des circonstances assez particulières : après la révocation de la licence bancaire de la Delphis Bank, le 8 mars 2002, les autorités politiques et bancaires ont eu à gérer une situation assez difficile, au point de lancer un appel d?offres public pour trouver de nouveaux acquéreurs. Harry Sookun entre alors en scène. Ce Mauricien qui a fait fortune en Grande-Bretagne, considéré comme proche de la famille Jugnauth, fait une offre d?achat.
Le dossier de Sookun semble assez solide, mais l?homme d?affaires mauriciano-britannique n?a pas d?expérience bancaire. Et, conformément à la législation, il lui est demandé de se trouver un partenaire dans le domaine, ce qu?il ne parvient pas à faire. Le gouvernement d?alors (MSM-MMM) lui impose la Banque de développement (DBM) et la State Investment Company (SIC). Sookun se retrouve avec 40 % du capital, la majorité (légèrement moins de 60 %) est entre les mains de la DBM et de la SIC, et 2,34 % reviennent aux anciens petits porteurs de la Delphis.
Selon des sources proches de la FCB, les choses se passent mal dès mars 2002 entre Harry Sookun et les autres membres du board de la FCB. Sookun, habitué à décider de tout dans les entreprises qu?il possède, arrive difficilement à accepter qu?il doive se confiner à son rôle de membre du conseil d?administration.
Harry Sookun écrit à la Banque de Maurice pour faire état de certains manquements contraires à la législation et aux pratiques bancaires qui se déroulent à la FCB. Il estime que la Banque centrale se doit d?intervenir rapidement pour que ces pratiques illégales cessent.
Et si Sookun était manipulé ? Les révélations de la presse quant aux bénéficiaires d?emprunts non solvables de la FCB laissent également perplexes certains milieux de la haute finance : comment se fait-il, se demandent nos interlocuteurs, que seules les « difficultés financières » d?entreprises proches d?hommes politiques de l?actuelle opposition soient rendues publiques ? Alors que la source de ces fuites dans la presse n?est plus un secret pour les milieux bien informés, on ne peut que s?interroger sur la raison de ce déballage public. Certains avancent qu?Harry Sookun tenterait ainsi de s?attirer les bonnes grâces des dirigeants du moment en discréditant des proches de l?ancien pouvoir. Alors que, comme toute institution bancaire, la FCB a, parmi ses clients, des politiques de tous bords.
Le dindon de la farce
Et si Sookun devenait le dindon de la farce, manipulé par un homme de l?ombre ? Plusieurs personnes dans les milieux financiers laissent entendre que la décision du Conseil des ministres d?instituer une enquête indépendante sur la FCB signifie que le gouvernement a déjà décidé du retrait rapide de la DBM et de la SIC du capital de la banque. D?autre part, que Harry Sookun aurait à se défaire de ses parts excédentaires pour rester dans la limite imposée de 10 % du capital.
Et qui remplacerait ces actionnaires ? Selon des sources proches de la rue sir William Newton, une fusion entre la FCB et la Mauritius Post & Cooperative Bank (MPCB) se ferait alors, avec l?entrée en lice d?un important groupe financier donné pour être proche du nouveau pouvoir. Cette entreprise financière est connue sur la place comme dynamique et très market oriented. Elle bénéficierait d?importants soutiens au sein du Conseil des ministres, même si l?on dit que Rama Sithanen, le ministre des Finances, a fait part de ses réserves quant à « l?ambition » de ce groupe engagé dans le secteur financier.
« Sookun risque d?être le dindon de la farce », avance l?un de ses anciens collaborateurs. « Il sera celui qui aura permis au pouvoir de diminuer l?engagement de la DBM et de la SIC au sein de la FCB, tout en discréditant l?ancien gouvernement. » Cependant, Sookun devra réduire avant le 31 décembre prochain, sa participation dans l?actionnariat de la FCB, d?où sa perte d?influence au sein de cette institution bancaire, car il perdra probablement son siège au conseil d?administration de la FCB. Le champ sera alors libre pour le nouvel actionnaire majoritaire qui pourra boucler la boucle en ayant une banque à Maurice.
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