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Exportation illégale de thon : trois arrestations
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Exportation illégale de thon : trois arrestations
L?enquête policière sur l?exportation illégale de thon vers l?Italie a connu d?importants développements cette semaine. Trois personnes ont été arrrêtées dans l?enquête du Central Criminal Investigation Department (C CID) : Wang Min Yung, directrice de Fish Processors Ltd (FPL) et actionnaire de Hung Ming Shipping (HMS), Jimmy Ken Li Hee, IT coordinator chez Fook Sen Ltd (FSL) et Low Kwet Chun, chauffeur de FPL. D?autres arrestations pourraient suivre avec l?évolution de l?enquête. Les enquêteurs vont passer au crible les exportations des quatre dernières années des firmes impliquées.
Cette fraude est prise au sérieux par le gouvernement qui va prendre les mesures appropriées pour éviter que de telles transactions frauduleuses ne se reproduisent. Vu sa gravité, le problème a été évoqué au cabinet.
D?ailleurs le ministre des Affaires étrangères, du Commerce international et de la Coopération régionale, Jayen Cuttaree, comp-te adresser une lettre à l?Union européenne (UE) pour les rassurer sur la position du gouvernement. «Il est clair que les problèmes autour de cette exportation portent atteinte aux intérêts de Maurice vis-à-vis de l?UE. Maurice a toujours été un modèle des pays ACP sur le respect de ses engagements envers l?UE.»
D?autant, ajoute-t-il, que des négociations sont en cours pour un nouveau partenariat économique ACP-UE. Sans oublier la remise en cause des préférences commerciales spécifiques sur le thon par des pays asiatiques.
La directrice de FPL, Wang Min Yung, 52 ans, a été arrêtée hier. Elle a été libérée sur parole mais devra comparaître en cour lundi pour verser une caution. Il est fort probable qu?elle soit inculpée de « conspiracy » (entente délictueuse). Son fils Walter, aussi appelé Christian, se trouve en Italie. Il détient un passeport taïwanais. Dès que l?affaire a éclaté, le CCID a alerté Interpol, qui s?efforce de le retracer.
Jimmy Ken Li Hee, 26 ans, IT coordinator chez FSL, a été arrêté mercredi sous une accusation provisoire de faux et d?entente délictueuse. Il a été libéré le lendemain après avoir fourni une caution de Rs 3 000. Le jour de son arrestation, sa maison a été perquisitionnée. La police y a trouvé des étiquettes qui sont normalement collées sur des boîtes de thon pour l?exportation.
Le chauffeur de FPL, Low Kwet Chun, a été arrêté jeudi. Il est accusé provisoirement de « conspiracy ». Il a été libéré hier sur une caution de Rs 10 000.
<B>VIGILANCE SANITAIRE DE L?EUROPE</B>
Pour commettre leur forfait, les fraudeurs auraient utilisé de faux tampons sur les certificats EUR 1, qui permettent au thon d?avoir accès en hors taxes en Europe. De faux certificats du département vétérinaire du ministère de l?Agriculture attestant de la qualité du produit ont aussi été émis par les fraudeurs. La police soupçonne Low Kwet Chun d?avoir détruit le tampon utilisé pour fabriquer les faux certificats.
La FPL, qui exporte du thon, se trouve au port franc. Elle achète du poisson de Hung Ming Marketing, du groupe HMS. Le CCID y a fait une descente hier et a saisi des documents et étiquettes au nom de Seskel Entreprises Ltd (SEL), basée à Riche-Terre. Les fraudeurs voulaient faire accroire que SEL est impliquée dans la transaction illégale. L?enquête est menée par l?inspecteur Beekram Anundee du CCID.
L?affaire remonte au 27 octobre quand une télécopie atterrit au bureau du principal veterinary officer, le Dr Lewis Prayag, à Réduit. Elle émane de la délégation de la Commission européenne à Port Louis. Un taux anormal d?histamine a été décelé dans une cargaison de six tonnes de thon exporté vers l?Italie. L?histamine est un produit naturel présent dans certaines espèces de poisson. La quantité augmente considérablement quand il y a rupture de la chaîne du froid, ce qui provoque des réactions de type allergique chez le consommateur.
Frank Viault, qui agit comme chef de délégation de la Commission européenne à Port-Louis, «ne pense pas que ce problème aura un effet néfaste sur l?exportation de thon mauricien vers l?Europe». « C?est une petite cargaison. Des milliers de conteneurs de produits impropres à la consommation arrivent en Europe mais ils n?échappent pas à la vigilance des autorités sanitaires », ajoute Frank Viault. « Ce qui est malheureux, ce sont les faux certificats d?exportation. Cela arrive à un mauvais moment car l?État mauricien et le secteur privé s?apprêtent à développer le sea food hub. »
Nicolas Lamusse, pressenti pour diriger Thon des Mascareignes Ltée (TDM), pense qu?il faut attendre les conclusions de l?enquête pour savoir si la rupture de la chaîne du froid, qui a provoqué le taux anormal d?histamine, a eu lieu ici ou pendant le transport. « Ce qui est embêtant ce sont les tricheries au niveau des déclarations pour attester la qualité du produit. Nous accueillons la décision des autorités qui ont exprimé leur intention de prendre des actions appropriées. Nous sommes confiants qu?il n?y aura pas de récidive.»
TDM compte se lancer dans le traitement du thon pour l?Europe. Il produira 25 000 tonnes de filets de thon précuits. Actuellement 25 000 de tonnes de conserves de thon sont exportées vers l?Europe par Princes Tuna.
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