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Equilibre et équité

18 octobre 2005, 20:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Le fantasme d?une presse aux ordres est quasiment inné chez la plupart des hommes politiques. Ils alimentent constamment la suspicion à l?égard des principaux journaux, les accusant d?être au service d?agendas les plus contradictoires. Le Premier ministre dit constater un ?bias extraordinair? en faveur du MMM. D?autres, dans l?opposition MSM-MMM, pensent au contraire que la presse indépendante est devenue ?complice? du pouvoir.

Réagissant à notre éditorial sur la campagne internationale du MSM contre les ?dérives totalitaires? du pouvoir, un lecteur qui dit s?appeler Vivek Bundhoo se permet de nous attribuer des mobiles partisans. Nous publions sa lettre mais elle a été expurgée de ses élucubrations sur notre connivence présumée avec le pouvoir. Nos lecteurs ont le droit de connaître les arguments qu?il avance pour contester le fond de notre analyse, mais ils sont dispensés des insultes qu?il profère.

Quant à Navin Ramgoolam, il est bien mal informé s?il croit que la presse indépendante a minimisé l?éclatement de l?alliance MSM-MMM. Il a dû rater, par exemple, notre édition du samedi 8 octobre où ce sujet fait la une. De plus, dès le lendemain de résultats des municipales, nous écrivions que la ?direction du MMM aurait tort de minimiser sa cuisante défaite dans les villes. Peu importe l?interprétation qu?il donne aux chiffres pour relativiser son déclin, le fait est que l?humiliant score de 122 à 4 est perçu comme une claque électorale encore plus sévère que la débâcle de juillet?.

Pour le Premier ministre comme pour certains autres politiciens, il subsiste une impression d?uniformité de la presse mauricienne. Ils ont souvent tenté de véhiculer l?idée que la presse constitue un bloc monolithique qui échafaude des stratégies politiques et qui défend des convictions communes. Un tel sentiment ne peut procéder que d?une méconnaissance totale du monde médiatique.

Le lectorat mauricien, lui, n?est pas dupe et continue à accorder à la presse indépendante toute sa confiance. Il sait que les divergences d?opinion et les rivalités entre les divers titres sont profondes. Tellement profondes d?ailleurs que certains titres ne reculent pas devant des tentatives maladroites de décrédibiliser un concurrent.

Il existe un récent exemple de ce qu?un esprit de compétition malsain peut produire. Rapportant les tractations qui ont lieu entre Navin Ramgoolam et Soorya Gayan, nous annonçons, le 12 octobre, que l?option qui a ?le plus de chances d?être retenue concerne sa désignation à un poste de directeur au MGI?. Nous précisons que la loi régissant cette institution fait provision pour cinq postes de directeur dont celui du Rabindranath Tagore Institute. Dans l?après-midi du même jour, un journaliste un peu trop zélé du ?Mauricien? tente d?infirmer cette nouvelle avec un article qu?il intitule : ?Ramgoolam : Il n?a jamais été question de poste de directrice.? L?auteur de ce texte a dû se sentir dupé en apprenant de la bouche même du Premier ministre, hier au Parlement, qu?il avait ?proposed her the post of Director, Rabindranath Tagore Institute?.

Les hommes des médias doivent s?attendre à recevoir des flèches de partout mais leur bouclier demeure le lectorat dont ils respectent l?intelligence. Ils doivent surtout avoir la capacité de mépriser les attaques qui viennent de la profession même et dont les mobiles ne sont pas toujours aussi éthiques qu?elle le prétend.

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