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Entrez dans la danse sacrée avec Maleena
Et si pour faire le plein d?ondes positives, il suffisait de se tourner vers la danse ? C?est la réflexion qu?on se fait quand on a passé un moment avec Maleena Jugroop-Muneesamy. Danseuse et professeur de bharat natyam, elle a fait de la danse une philosophie de la vie. Résultat, elle dégage une électricité positive avec son ?il alerte, son sourire gourmand, sa silhouette fine et gracile.
Ceux qui étaient à l?Indira Gandhi Centre for Indian Culture le 5 mai ont, d?ailleurs, dû être sous le charme. Sa cinquantaine d?élèves, son époux, lui-même professeur de danse au MGI, et elle-même sont montés sur scène pour un spectacle d?une heure et demie autour du thème Rythm in Joy. Une manière de célébrer les cinq ans de l?école, mais plus encore. « Avant d?être un moment de plaisir, la scène est pour moi un moment de partage car ce contact physique avec les gens est irremplaçable. Une fois que vous êtes en face du public, vous oubliez le trac, vous vous laissez emporter. C?est important que les élèves connaissent ce sentiment, c?est pour cela que l?école présente un spectacle tous les ans », explique-t-elle.
Le bharat natyam est porteur d?émotions et puisqu?il est indissociable de la spiritualité, il est vécu comme un voyage personnel, une invitation à plus d?humanisme. « C?est une forme de yoga et de prière. Il commence par ce qu?il y a de profond en vous. Vous devez vous donner à fond et en retour, il vous donne une plénitude inexplicable », avance-t-elle.
La figure incontournable des fêtes religieuses
Maleena est habitée par ce sentiment depuis qu?elle est toute petite. Ce sont les parents qui l?ont encouragée vers cette voie en l?observant danser dans la maison et imiter les actrices de télévision. Elle n?avait que six ans et demi quand elle intègre l?école de danse et de musique indienne qui se trouvait à la rue Vandermeersch, à Rose-Hill, et qui est maintenant connue comme le Mahatma Gandhi Institute.
Son mentor, Sandhya Mungur, lui inspire alors le dépassement et Maleena ne s?arrête plus depuis. Sa première scène internationale, c?est la Réunion et c?est à l?âge de treize ans. Elle avait été sélectionnée pour se joindre à une troupe indienne qui était en tournée avec un interprète de dévotion, Tiru Pitukulli Murugadas. La vague de la passion l?emmène ailleurs, en Corée du Sud, en Espagne, en Inde. Maleena devient la figure incontournable des fêtes religieuses et de la fête nationale. Elle rencontre même Indiren, celui qui est maintenant son époux sur la scène.
Une force de l?au-delà
« Je ne sais pas ce que j?aurais été sans la danse. Elle fait partie de moi. Ce que vous voyez sur scène, c?est l?émanation de quelque chose qui vient de l?intérieur », essaye-t-elle d?expliquer par des mots ponctués parfois de silences et de yeux clos. Il lui arrive même de ne plus être Maleena quand elle est embarquée dans une danse, elle se sent devenir une force de l?au-delà.
La devise de son école repose d?ailleurs sur trois « D » : Discipline, Devotion et Dedication. Elle apprend à ses élèves que la danse est une affaire sérieuse, pas juste une activité pour s?éclater. Il faut avoir le sens du sacrifice, être rigoureux dans les cours, il y a une manière de ranger ses chaussures quand on arrive à l?école, une manière de saluer les autres, de les respecter. Maleena donne d?ailleurs, en parallèle, des cours de valeurs humaines, elle fait réfléchir sur la nature de l?homme. La danse est aussi un moyen de communication, elle peut aider à transcender les barrières culturelles, à gommer les différences.
En dehors de la danse, Maleena a d?autres intérêts. Elle est Confidential Secretary à l?université de Maurice, un travail qui lui tient à c?ur, visiblement pour son côté éloigné de la danse. « ça peut sembler paradoxal, mais je trouve que la danse et l?administration se complémentent. C?est beaucoup de paperasse certes, mais j?aime mon métier. Il me fait aimer la danse. »
Maleena aime aussi la cuisine, la décoration intérieure, le chant. D?ailleurs, en plus de son diplôme en bharat natyam, elle a aussi un diplôme en musique « carnatique ». Si, cette jeune femme laisse échapper de temps en temps une fragilité parce que c?est une grande sensible, elle incarne une femme de tête qui sait ce qu?elle veut. Son souhait est que la danse indienne vogue plus loin, qu?elle soit enseignée en concordance avec le théâtre.
Pour le moment, Maleena continue avec fermeté et exigence sur ses pas de danse sans jamais mettre de côté l?élégance.
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