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Enième complot anti-René aux Seychelles

17 novembre 2004, 00:00

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Le jour de ses 44 ans, le président seychellois, France Albert René, dénonce l’existence d’un complot fomenté de l’étranger, avec participation de mercenaires en attente à Durban. Il serait l’œuvre d’un groupe d’hommes d’affaires étrangers, dont le célèbre marchand de canons Adnan Kassoghi. Ils voudraient, au dire de F.A. René, faire de l’archipel la plaque tournante du jeu (casinos) et du trafic d’armes à feu dans l’océan Indien. Pour se faire, ils auraient l’intention de renverser celui ayant à son actif la chute du président play-boy James Mancham.

France Albert René réagit en imposant le couvre-feu aux Seychellois, en interdisant tout rassemblement public, en ordonnant de tirer sur toute embarcation s’approchant de nuit des côtes seychelloises, en procédant à l’arrestation de 90 détenus politiques, dont le coopérant français Jacques Chevalereau, deux anciens députés, le journaliste Bernard Verlaque. Le régime en profite pour s’en prendre aux touristes indécents, y compris les adeptes du nudisme intégral. Il compte saisir les terrains appartenant à des étrangers ne résidant pas aux Seychelles. N.B. des journaux gauchisants, répondant peut-être à un possible mot d’ordre tacite, observent un étrange silence au sujet de ces événements seychellois. Bel exemple de militantisme discipliné. La classe politique se défend des accusations, dont l’accable la classe journalistique, en accusant celle-ci de dégradation de l’éthique médiatique, de mensonges grotesques, de fabrications sordides, d’informations falsifiées, de journalistes-courtiers ou intermédiaires.

A Maurice aussi il est question de prisonniers mais plus prosaïquement de droit commun. Il s’agit d’un ouf ! de soulagement : les deux derniers évadés de la mutinerie d’août/septembre 1979 regagnent leur cellule. La presse ne dit pas si les semaines de cavale font ou non, partie du temps d’emprisonnement des fugitifs moins le tiers remis pour bonne conduite et gentillesse.

La démission du ministre Sylvio Michel, pour refus de l’alliance MSM-MMM de prendre davantage au sérieux la campagne des Verts-Fraternels, en faveur d’une compensation aux descendants d’esclaves, nous renvoie au combat de l’Organisation Fraternelle, une des premières formations à avoir milité en faveur des Chagossiens, encore nommés Ilois en 1979. Ces derniers informent Me Bernard Sheridan qu’ils sont prêts à accepter la compensation offerte de Rs 20 millions mais sans condition ni engagement de leur part à ne jamais retourner sur leur île natale. Ils annulent aussi toute délégation de pouvoirs que certains d’entre eux ont pu précédemment lui accorder. L’affaire Sheridan continuera pendant encore quelques semaines à agiter le Landerneau politique. Tout os à ronger est bon à prendre pour une opposition voulant faire flèche de tout bois.

Ne quittons pas nos îles lointaines sans faire escale à Port-Mathurin, Rodrigues, où un nouveau quai est en voie d’aménagement pour accueillir le Roll-on Roll-off, dit Ro-Ro et futur Mauritius II. Ce navire, devait remplacer le fidèle et loyal Mauritius I, construit en Allemagne dans les années 1954. Le Mauritius II devait faire naufrage au large de Durban en avril 1980, obligeant son prédécesseur à reprendre du service en attendant son remplacement par le Mauritius Pride dans les années 1990. Building and Engineering se charge de la construction de ces quais. Le contrat est d’une valeur de Rs 4,7 millions. Ils comprennent, en outre, la construction d’un nouveau terminal pour passagers, d’un système de tout à l’égout, d’un nouvel abattoir, d’un parc à bœufs, d’un revêtement de dalles “Trief ” sur les quais. Le Tender Board prépare l’appel d’offres en vue du dragage du chenal reliant Port-Mathurin à la haute mer. Ces travaux devront coûter Rs 15 millions additionnels.

Terminons avec des anecdotes d’il y a un quart de siècle, pouvant faire sourire tant ils rappellent une époque révolue. Un bookmaker est arrêté à l’aéroport de Plaisance parce qu’il est trouvé en possession de $800 dollars (environ Rs 7 000) non déclarés. Un Beaubassinois subit le même sort pour être en possession toujours illégalement de diverses devises étrangères pour un montant Rs 12 000. Les Mauriciens n’ont droit en 1979 qu’à une allocation de voyage de £400 pour une période de 24 mois. L’austérité est alors prise aux sérieux.

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