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Enfants violentés : sont-ils vraiment protégés?
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Enfants violentés : sont-ils vraiment protégés?
L?histoire de Ranjana, cette jeune femme de 28 ans qui, lasse des agressions sexuelles de son beau-père, a fini par le tuer, bouleverse à plus d?un titre. Enfant seule contre les violences de celui qui aurait dû lui servir de père, elle explique en avoir parlé à sa mère qui, à son tour, a dénoncé son mari à la police. Et elle-même l?aurait fait à plusieurs reprises. On lui aurait toutefois seulement conseillé de ?rester loin de lui?. Ranjana a essayé. La suite, on la connaît...
Cette histoire soulève bien des questions, notamment sur ce que les autorités auraient pu faire pour mettre un terme au calvaire d?une petite fille, et éventuellement d?une jeune femme, violentée et abusée par son beau-père. Quand un enfant ou une femme a subi un abus, il ou elle peut se rendre à un poste de police ou à un centre de la Child Protection Unit (CPU) du ministère de la Femme. Il/elle peut aussi appeler la CPU au 113 ou le bureau de l?Ombudsperson for children au 177.
Si la personne se rend à la police, l?officier à qui elle s?adresse devrait, de même, prendre contact avec un membre de la CPU qui arrivera accompagné d?un autre membre de la police. Cela se passe aussi si l?enfant fait appel au bureau de l?Ombudsperson. Après avoir écouté la présumée victime, les officiers contactent le médecin légiste qui l?examine. La déclaration complète peut désormais se faire le lendemain si elle n?est pas en état de la faire le même jour.
La police devrait ensuite prendre des dispositions pour que la victime ne soit pas renvoyée chez elle si son agresseur présumé y habite. Dans de telles circonstances, un Emergency Protection Order doit être demandé à la cour. ?Cela se fait dans les 12 heures qui suivent?, explique Shirin Aumeeruddy-Cziffra, Ombudsperson for Children. Le but est d?enlever l?enfant de l?endroit où il sera vulnérable. Ce qui n?est pas toujours logique puisqu?en principe, c?est l?agresseur qui devrait en être enlevé.
<B>?Le magistrat peut imposer des conditions?</B>
Mais cette décision a une explication somme toute plausible. Souvent, une fois l?agresseur arrêté et inculpé, il est libéré sous caution. Et il rentre chez lui. Là, explique un officier, il essaie ?d?intimider l?enfant?. La victime est donc ?enlevée? de chez elle pour être envoyée à un shelter. Mais celui-ci est souvent déjà bondé. À l?heure actuelle, ces victimes sont envoyées à Terre de Paix, CEDEM, SOS Villages à Beau-Bassin et à Bambous et au Centre for Children and Women in distress à Floréal.
Mais par définition, ces shelters sont provisoires. Il y a aussi 38 familles d?accueil qui prennent en charge ces enfants. Toujours un nombre insuffisant. Bientôt, si l?on en croit le ministre de la Femme, un autre centre sera ouvert à Pointe-aux-Sables pour accueillir les garçons et les mères avec leurs enfants.
Entre-temps, beaucoup d?enfants n?ont d?autre choix que de retourner chez eux et d?etre exposés à la colère et au vice de leurs pères incestueux. ?Le magistrat peut imposer des conditions lorsqu?il accorde la remise en liberté conditionnelle. Il devrait mettre en garde la personne de ne pas s?approcher de l?enfant ou de la mère?, dit l?Ombudsperson for children.
Finalement, tout dépendra de l?officier sur lequel la mère ou l?enfant va tomber quand ils iront porter plainte. Avec un peu de chance, l?agresseur sera alors mis hors d?état de nuire. ?Mais la chance ne devrait rien avoir à faire avec cette histoire?, s?insurge un officier du ministère de la Femme. Et pourtant, l?histoire de Ranjana est la preuve que si. Pourvu qu?elle soit la dernière.
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