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Divergences entre Tana et PL au sujet des îles éparses

23 août 2005, 20:00

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Le MMM de Paul Bérenger et d’Anerood Jugnauth fulmine. Documents à l’appui, il s’insurge contre l’attitude servile adoptée par la diplomatie travailliste au sommet de l’OUA, en juillet 1980, à Freetown, Sierra Leone. La délégation mauricienne s’y est faite le paillasson des anciennes puissances colonialistes (France et Angleterre). Elle ne soutient pas la revendication de Madagascar, réclamant à la France ses îles éparses (Europa, Juan de Nova, Bassas da India, les Glorieuses). Elle figure aussi parmi les pays à avoir exprimé des réserves à ce sujet. Maurice ne soutient pas cette revendication malgache alors qu’elle a une occasion en or pour rappeler qu’elle réclame Tromelin à la France.

Maurice se déconsidère aussi aux yeux des pays africains en n’étant pas partie prenante d’une résolution de l’OUA en faveur de la rétrocession au peuple mauricien de l’archipel des Chagos. Diego Garcia comprise. L’OUA reconnaît pourtant que cet archipel a toujours fait partie du territoire mauricien, que son excision s’est faite dans l’illégalité, qu’il n’a jamais été question, en 1965, que Diego devienne une base militaire et nucléaire et que sa militarisation et sa nucléarisation constituent une menace pour l’Afrique et l’océan Indien, se voulant une zone de paix. La résolution de l’OUA contredit les propos récemment tenus par Walter et Ramgoolam selon lesquels Diego et les Chagos appartiennent aux Anglais et non aux Mauriciens.

Par ailleurs, l’express rappelle, fort à propos, à la fin d’août 1980, que Maurice n’a pas connu de grève depuis 365 jours, soit depuis la reprise du travail après les grèves générales d’août 1979. Le journal de la rue Brown-Sequard, Port-Louis, interviewe parallèlement France Soopramanien de la GWF et Francis Rey de la MEF.

La GWF souligne qu’un climat de peur s’installe après l’échec des grèves d’août 1979, d’où le calme inhabituel des 12 mois écoulés. Cette peur accentue la désorganisation du mouvement syndical. Les travailleurs sont à présents davantage conscient des inconvénients de l’IRA. Les rigueurs de cette loi favorisent la conscience de classe des travailleurs. En appliquant l’IRA dans toute sa rigueur, le gouvernement travailliste et son allié, le PMSD, se rangent dans le camp du patronat et du capitalisme pour casser les reins des travailleurs, en leur enlevant leur arme principale, le droit de grève, d’où licenciements sauvages et brutales fermetures d’usine.

Le boom sucrier de 1973-76 et les avantages acquis ont entraîné démobilisation et relâchement de la classe ouvrière. Mais l’ennemi No. 1 de celle-ci demeure l’IRA qui doit être révoquée au plus vite. Quelque 625 licenciés d’août 1979 sont toujours sans travail. Ils attendent toujours les amendements à l’IRA promis apr les accords d’août 1979. Les travailleurs découvrent qu’ils ne peuvent fiare confiance ni au patronat ni au gouvernement travailliste.

La MEF tient, bien sûr, un autre son de cloche. Le chômage et la récession sont un choc pour les travailleurs. Ils prennent davantage consience de la crise économique que subit le pays. Plus question pour eux de courir à l’aventure et de risquer leur emploi. Le tripartisme retrouve importance et crédibilité. La dévaluation du 24 octobre 1979 ouvre les yeux de ceux qui doutent de la gravité de la crise économique. Le travailleur assagi préfère une baisse relative de son pouvoir d’achat plutôt que de courir le risque de perdre son emploi par une action revendicatrice irréfléchie. Des comités d’entreprise contribuent plus qu’auparavant à assainir les relations industrielles. Les syndicats sont plus enclins au dialogue. On note aussi une certaine dépolitisation de la direction du mouvement syndical. Les leaders politiques deviennent plus prudents et moins démagogiques. L’opposition d’aujourd’hui est davantage consciente qu’elle peut devenir le pouvoir demain et prend garde de se lier les mains par avance avec des promesses démagogiques qu’il lui sera difficile de tenir. Ce n’est pas non plus dans son intérêt de détériorer la situation sociale.

Sur le plan culturel et plus particulièrement historique, Anand Moheeputh salue la parution du livre de Rivaltz Quenette, “Le combat réformiste”. Il qualifie la constitution offerte par Pope Hennessy au peuple en 1885 de date marquante et de nouvelle ère dans l’histoire de la démocratie mauricienne.

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