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Deux femmes dans leur siècle

22 novembre 2004, 00:00

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L’année 2004 commémore le bicentenaire de la naissance de George Sand et le cinquante ans de la disparition de Colette, deux femmes de lettres qui ont su, chacune à sa manière, influencer leur époque.

Pour marquer ces deux événements, les Centre culturel Charles Baudelaire organise une série d’activités (voir agenda).

▄ George Sand

Née le 1er juillet 1804 à Paris, George Sand, pseudonyme d’Amandine Aurore Lucie Dupin, issue de famille bourgeoise, devient baronne Dudevant par la disgrâce de son mariage. Privée accidentellement très tôt de père (à 4 ans) et de mère par la suite, elle est placée sous la tutelle de sa grand-mère paternelle. Mais très vite elle commence à assumer seule sa vie.

C’est à la maison de Nohant où on l’appelle “la bonne dame de Nohant” qu’elle passe une bonne partie de sa vie. La maison de Nohant est le symbole et le lieu de la culture par excellence. Là-bas, on y peint, on y fait de la musique et on y discute littérature. On y voit aussi défiler Balzac, Chopin, Delacroix, Flaubert, entre autres.

Elle se fait beaucoup d’amis et les renouvelle assez vite. Son indépendance d’esprit lui permet de franchir aisément la limite entre l’amitié et l’amour. Sa vie sentimentale ne manquera donc pas de tonalité. Elle aura beaucoup d’amants et deviendra une dévoratrice d’hommes. Sa grande époque est sans doute celle qui a marqué ses liaisons avec Musset et Chopin.

Parce qu’elle s’affiche une personne bien vivante de chair et d’âme, avec un goût prononcé pour les fantaisies vestimentaires, on lui reproche d’être une femme à la vie dissolue. Elle est montrée du doigt par Baudelaire et Barbey d’Aurevilly tandis qu’elle est si admirée par Flaubert que ce dernier en est même jaloux.

Son œuvre est si diversifiée, si énorme, qu’aujourd’hui encore on a du mal à la répertorier. En effet, les critiques disent qu’elle a trop écrit. Nietzsche dira d’elle qu’elle est une “vache à écrire”. Si parmi ses œuvres les plus populaires, on compte La Mare au diable, La Petite Fadette, c’est un roman érotique, Indiana, qui l’a lancé comme écrivain. Mais ses œuvres restent remarquables par le fait que ses héroïnes dépassent souvent ses héros.

Le féminisme d’aujourd’hui a fini par donner raison à ce qu’on lui reprochait jadis. Le 8 juin 1876, elle meurt à Nohant alors que Colette a 3 ans.

▄ Colette

Sidonie Gabrielle Colette, dite Colette, est née le 28 janvier.

En 1893, elle devient l’épouse de Henry Gauthier-Villars, une étoile montante du Tout-Paris. Malheureuse en mariage, elle opte pour la vie mondaine après avoir été le “nègre” de son mari. Elle divorce en 1906 et retrouve le bonheur d’écrire, mais fréquente les cercles de l’homosexualité féminine et des paradis artificiels. Pour gagner sa vie, elle se produit sur scène, dans des pantomimes ou des comédies. Cependant, entre 1914 et 1917, le journalisme sera sa principale activité.

Elle se fait appeler Colette qu’à 50 ans, après avoir signé ses œuvres du nom de Willy ou Colette Willy. La première fois qu’elle signe Colette, c’est pour son œuvre Le blé en herbe. La plupart de ses écrits sont connus pour être très subjectifs. De la guerre, par exemple, elle montre uniquement ce qu’une femme a pu ressentir ou voir.

La Seconde, La Chatte et Duo sont consacrés essentiellement à l’exploration des limites de la jalousie alors que son poème Vrilles de la vigne, qu’elle écrit en 1908, sera l’un des plus beaux poèmes de la langue française. La majorité de ses œuvres sont toutefois reprises sur scène ou portées à l’écran. Elle est admirée par Proust, Gide, Mauriac, Cocteau, les écrivains de son temps.

Si, grande admiratrice de Balzac, elle écrit avec beaucoup d’aisance, concrètement, elle n’a rien ramené de nouveau dans l’art du roman. Elle a plutôt exploité le modèle traditionnel. Presque toute son œuvre est autobiographique et parfois même très narcissique. Cependant, sa morale a la particularité de mettre l’accent sur la liberté.

Après la Libération, elle est élue membre puis présidente de l’académie Goncourt; est nommée grand officier de la Légion d’honneur; reçoit la Grande médaille de la Ville de Paris et le diplôme du National Institute of Arts and Letters.

Elle meurt le 3 août et a droit à des funérailles nationales et laïques au cimetière du Père-Lachaise, à Paris.

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