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Desbro ne reprendra pas ses activités

11 novembre 2006, 00:00

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par Alain BARBÉ

C?est l?impasse. Desbro maintient sa décision d?arrêter sa production de barres de fer en attendant une décision du comité ministériel. Ce dernier avait été mis sur pied pour régler le conflit entre le ministère du Commerce et Desbro. La principale divergence entre les deux parties se situe au niveau du prix des billettes sur le marché international.

Desbro campe ainsi sur sa position, sauf si, d?ici là, elle obtient satisfaction quant aux propositions qu?elle a soumises au gouvernement. Ces propositions ont été énoncées dans une lettre envoyée le 6 novembre au comité ministériel. Elle concerne une augmentation de prix à défaut de l?introduction d?un Automatic Pricing Mechanism (APM) et la réintroduction des droits de douane de 30 % sur les barres de fer en provenance des pays du Common Market for Eastern and Southern Africa.

Un communiqué émis hier par le ministère du Commerce indique qu?une suggestion du ministre du Commerce, Rajesh Jeetah, pour l?introduction d?un APM semblait avoir retenu l?attention des opérateurs. Les partenaires de ce secteur et les associations des consommateurs ont discuté de la question, jeudi après-midi.

Dans la lettre que Desbro a fait parvenir, hier, au ministère, allusion est faite à la réunion de jeudi, entre autres, pour motiver sa décision de fermeture. Or, selon le ministère du Commerce, cette réunion n?avait pas pour mission d?examiner la demande de hausse du prix des barres de fer.

Vasant Bunwaree, ministre du Travail et des Relations industrielles, dit «comprendre difficilement l?attitude de Desbro car il y avait des signes très positifs dans les démarches de cette compagnie». «Desbro, ajoute le ministre, vient de faire de nouveaux investissements. C?est signe que le secteur est porteur d?espoir. Nous sommes même en présence d?une demande de permis de travail venant de Desbro pour des travailleurs étrangers.»

Ranjiv Ramdoo, general manager de Desbro, fait ressortir que la compagnie a investi Rs 30 m dans des équipements et que le contrat avec la compagnie indienne prévoit qu?un ingénieur vienne à Maurice pour l?installation de ces équipements aussi bien qu?un autre cadre étranger pour la formation des travailleurs mauriciens.

«Desbro a demandé une augmentation de prix mais alors que les négociations sont en cours, elle a interrompu sa production industrielle, explique le ministre. Il y avait une autre réunion jeudi et nous avons reçu hier une autre lettre de Desbro. Ce n?est pas une bonne atmosphère pour entamer des négociations honnêtes et sincères. Nous n?allons pas céder à ce genre de chantage.»

Dans le camp de la Building and Civil Engineering Contractors Association (BACECA), regroupant les gros entrepreneurs du bâtiment, l?inquiétude est grandissante. Une grande partie des entrepreneurs s?approvisionne chez Desbro, qui contrôle 65 % du marché. «Les conséquences peuvent être très sérieuses au niveau des chantiers. Nous craignons une aggravation de la pénurie des barres de fer», précise Pierre Kelly, secrétaire de BACECA.

Alain How, directeur de Pad & Co, fait ressortir que «son chantier de reconstruction d?un hôtel à Flic-en-Flac souffre déjà d?une pénurie de fer». Roger Dalais, managing director de Building & Engineering Co Ltd, estime, lui, «que tout le monde manquera de fer dans un mois». Il se demande si le gouvernement laissera Desbro fermer ses portes.

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