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Des militants insultent Jugnauth et malmènent Ramsewak
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Des militants insultent Jugnauth et malmènent Ramsewak
Triste soirée militante, à Quatre-Bornes, en ce jeudi 24 mars 1983. A l?issue d?une réunion conjointe des parlementaires et des membres du comité central du MMM, des activistes se mettent à huer et à insulter, à leur sortie, Anerood Jugnauth et Kader Bhayat. Ils crachent même sur leur voiture, n?hésitent pas à malmener Lutchmeeparsad Ramsahok et à le frapper à coup de pied et de poing. Les policiers de faction et autres gorilles ont fort à faire pour les protéger. Ramsewak doit même se réfugier dans le fourgon GM 2860 de la police. D?autres députés pro-Jugnauth sont également pris à partie.
Anerood Jugnauth ne cache pas ses inquiétudes : Le fascisme lève sa face hideuse à Maurice. Des activistes veulent terroriser et faire croire que le droit à la parole publique est l?apanage de quelques privilégiés. Le Premier ministre confie à certains journalistes sa double conviction de détenir une majorité parlementaire et de pouvoir former un deuxième gouvernement.
Le président du MMM, Dharmanand Fokeer, explique que les relations avec Jugnauth et le PSM se détériorent en raison de leurs prises de position anti-militantes dans les journaux comme à la télévision. Les données changent. Il révèle que, sommé par des parlementaires et des membres du comité central, Anerood Jugnauth refuse de rompre avec le PSM. Une motion est alors présentée, invitant les députés du MMM à quitter le gouvernement et à siéger dorénavant dans l?opposition. Le comité central du MMM reprendra l?examen de cette motion le samedi 26 mars 1983. Si elle est votée, une assemblée des délégués de ce parti sera invitée à la ratifier le lendemain.
Paul Bérenger confirme que ses collègues démissionnaires et lui-même ne peuvent plus travailler avec le PSM. Si le comité central et l?assemblée des délégués approuvent le retrait du MMM du gouvernement et son départ pour l?opposition, Anerood Jugnauth devra choisir soit la dissolution de l?Assemblée législative, soit son départ du parti. Bérenger précise que si un député présente une motion de blâme contre Jugnauth pour démontrer s?il possède ou non une majorité parlementaire, les députés du MMM s?abstiendront pour suivre l?évolution de la situation et vérifier la performance du deuxième gouvernement Jugnauth. Il compare les simagrées du PSM aux spots télévisés du PTr.
A l?express, Jugnauth confie son scepticisme quant à la possibilité de terminer son mandat législatif. Il reçoit également huit parlementaires qu?on peut qualifier de «ministrables». Ils sont : Madan Dulloo, Mahen Utchanah, Dwarkanath Gungah, Sylvio Michel, Lutchmeeparsad Ramsahok. Les accompagnent Suren Poonith et Raj Molaye. Compte tenu de la «sauvagerie» déployée à l?issue de la réunion de l?hôtel de ville de Quatre-Bornes, Jugnauth fait savoir qu?il ne compte plus assister à aucune réunion du MMM jusqu?à nouvel ordre. Il est d?avis qu?avec de telles m?urs politiques, on se dirige droit vers la dictature. Une telle conduite fait du tort au pays. C?est le devoir de tout citoyen de tuer dans l??uf ces velléités de fascisme.
C?est vers 19h45, en ce jeudi 24 mars 1983, qu?Anerood Jugnauth manifeste son désir de mettre fin à cette réunion particulièrement houleuse. Bérenger réclame que la motion (du retrait des députés du gouvernement) soit mise aux voix. Gianduth Hazary réclame la convocation d?une assemblée des délégués du parti. Fareed Juttun, Vishnu Lutchmeenaraidoo et Madan Dulloo le secondent. Jugnauth soulève un point de droit constitutionnel (du parti) : il appartient au comité central et à l?assemblée des délégués de se prononcer sur une telle motion et non pas à une réunion comité central ? parlementaires. Les principaux animateurs et dirigeants du MMM acceptent alors de s?accorder un nouveau temps de réflexion et de renvoyer la motion au comité central du samedi 26 mars 1983. Certains ministres démissionnaires se prévalent de cette réunion pour donner à Jugnauth les raisons de leur démission.
L?impression qui domine, à l?issue de la réunion du 24 mars 1983, est que le MMM est au bord de l?éclatement, après seulement neuf mois de gouvernement. Jugnauth refuse ostensiblement de se défaire de la présence du PSM au sein de son gouvernement et ce n?est certainement pas l?attitude qu?il qualifie de «fasciste» et de «dangereuse» des activistes du MMM qui le fera changer d?attitude. Kailash Ruhee et Jocelyn Seenyen, deux dissidents, préfèrent finalement ne pas participer à une réunion concernant les dirigeants et les députés du MMM.
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