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Des médecins contestent la prescription de génériques par les pharmaciens

12 octobre 2005, 20:00

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Clé de la survie, la médecine peut aussi se révéler un danger pour l?homme si elle est mal exercée. L?opinion est sans appel. Elle est celle des médecins de la Private Medical Practitioners Association (PMPA) et de la Mauritius Dental Association (MDA) qui se sont rencontrés hier pour débattre d?une question cruciale : la prescription de médicaments génériques.

Inconcevable, disent-ils, que ce soit des pharmaciens qui prescrivent des médicaments. Inacceptable que le conseil médical soit obligé de recruter des aspirants médecins non qualifiés. Une situation ?intolérable?, selon ces praticiens qui se disent déterminés à aller jusqu?au bout de leur campagne de sensibilisation.

?Cette polémique autour des médicaments génériques a assez duré ! Ine dir ki à letranger pé servi sa bann médicaments génériques là, mais es ki nu éna assez l?expertise pou pruver ki sa bann médicaments-la corrects ? Bann lé zot éna laboratoires pu teste médicaments génériques, mais nu ?? fulmine le Dr Isshaq Jowahir, président de la PMPA. Crispé, il donne libre cours à son mécontentement. Et précise que la PMPA n?est pas contre l?utilisation des médicaments génériques, mais plutôt contre les prescriptions approximatives. Il déplore les effets indésirables sur les patients ?si les génériques sont mal prescrits et surtout par des pharmaciens.?

De son côté, le vice-président de l?association, le Dr Abdul Haq Soreefan, note que la tendance est plutôt à la consommation de médicaments coûteux, certes, ?mais beaucoup plus sûrs et efficaces. Dimounn prefer pey pli ser pou assir enn meyer sante. Si le gouvernement fournit des médicaments génériques à des laboratoires à des fins de tests, la situation sera autre?.

Le droit d?exercer dans les hôpitaux

La rencontre d?hier leur a aussi permis de mettre l?accent sur d?autres insuffisances qui gangrènent le secteur médical. Ils s?insurgent ainsi contre l?enregistrement de médecins n?ayant pas encore toutes les qualifications nécessaires pour exercer. Ils s?attachent aussi à mettre en garde les autorités contre certaines pratiques consistant à permettre à des étudiants d?exercer dans les hôpitaux. ?Le Dental Council Act a été amendé afin de permettre aux étudiants de 3e année d?exercer dans les hôpitaux ! Cette formation n?est pas assez profonde pour que nous puissions nous lancer dans une telle démarche??, explique le Dr Seewoodharry Buguth, vice-président de la Société des médecins et des dentistes de l?Ecole française, aussi président de la MDA.

Ce dernier relève aussi que contrairement à l?école dentaire d?Arsenal qui est affiliée à un hôpital dentaire, ce n?est pas le cas pour le Dental College qu?ouvre le SSR Medical College : ?Il n?existe aucune attache directe avec un hôpital. Les étudiants qui travailleront sous la férule des dentistes, ne recevront pas une formation complète dans les cabinets. Il peut aisément y avoir faute de diagnostic.? Pour le Dr Buguth, ?ce ne sont pas nécessairement ceux qui ont obtenu leur diplôme dans les plus grandes universités qui sont les meilleurs. C?est le type de formation qu?on reçoit dans ces écoles qui fait la différence.? D?où la nécessité, disent les médecins de faire passer un examen aux aspirants médecins.

Les médecins déplorent aussi que si des plaintes peuvent être déposées contre des médecins du privé, ce n?est pas le cas pour ceux des hôpitaux. Ils évoquent aussi ?la problématique présence des médecins étrangers, avec qui les patients ne peuvent parfois pas communiquer.? Un problème linguistique qui finit parfois très mal, selon eux, et qui serait le point de départ de nombreux cas de négligence médicale.

Cette situation est due au fait que les Mauriciens qui étudient à l?étranger refusent de rentrer exercer la médecine à Maurice. ?Ils ne veulent pas retourner travailler dans un environnement aussi frustrant que le nôtre?, concède Dr Abdul Haq Soreefan. ?Cette situation dure depuis les années 70. Il arrivant alors que certains médecins obtiennent un travail au sein des hôpitaux rien qu?avec un diplôme et une simple formation. Cela vous montre tout le danger de la situation?, prévient le président de la PMPA.

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