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Des adolescents en échec scolaire totalement pris en charge
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Des adolescents en échec scolaire totalement pris en charge
La plus belle réussite de l?Adolescents Non-Formal Education Network (Anfen) est d?avoir permis à des jeunes en situation d?échec scolaire d?entrevoir un avenir possible. Le dernier combat de ce réseau est de faire en sorte que l?Etat étende sa politique de transport gratuit aux adhérents du réseau.
Christine Lauricourt, 13 ans, en a assez que le receveur d?autobus qui la ramasse le matin à Plaine-des-Roches, l?éjecte dès qu?il s?aperçoit qu?elle ne fait pas partie du courant éducatif dit principal. Et que l?institution qu?elle nomme désormais «SON» école, le centre l?Etoile de Mer basé à Roches-Noires et tombant sous le réseau Anfen, ne soit pas reconnue comme n?importe quelle autre école du système éducatif.
Ce traitement à deux vitesses la ramène en arrière, lui rappelant cruellement un passé récent. Elle a pourtant réussi à le surmonter : deux tentatives infructueuses au Certificate of Primary Education (CPE) après une scolarité en dents de scie à l?école du gouvernement de la localité. «Parski mo ti feb dan matematik, pa ti pran moi kont. Ti kriye ar moi, ti bat moi ek met moi derier», explique-t-elle en grimaçant à ce seul souvenir. En revanche, ce qu?elle apprécie à l?Etoile de Mer, c?est «ki pran moi kont, ekout moi e ed moi. Mo napli gaign per dir kan mo pa finn konpran».
L?Etoile de Mer, centre dirigé par Clothilde Adam, fait partie des 16 centres Anfen, réseau enregistré en 2003. En chiffres, Anfen c?est 600 élèves pour près de 200 animateurs, dont une grande partie ?uvre bénévolement. Avant la création de ce réseau, plusieurs de ces centres opéraient isolément, récupérant les jeunes en échec scolaire, âgés entre 12 et 16 ans qui erraient et leur prodiguant chacun un type d?encadrement non formel.
C?est sur l?insistance de l?Unicef qui n?allait pas tarder à fermer ses portes que les quelques dix centres de ce type ont accepté d?être fédérés en réseau baptisé Anfen. Le secrétaire en est Bernard D?Argent, qui travaillait dans le centre Joie de Vivre.
«Elle s?adapte au vécu de l?enfant»</B>
La pédagogie appliquée depuis par tous les centres Anfen est inclusive, telle que formulée par la pédagogue Irlande Alfred. C?est-à-dire «qu?elle s?adapte au vécu de l?enfant et pas l?inverse comme c?est le cas dans le système éducatif en vigueur», explique Bernard D?Argent.
Les enfants sont certes exposés à la lecture, à l?écriture, au calcul et aux langues mais la méthode d?apprentissage est ludique. «Nous sondons les enfants et choisissons des thèmes en fonction de leurs centres d?intérêts. En ce moment, ils apprennent à partir du thème de la Coupe du Monde de Football. Nous passons beaucoup de temps sur un thème pour que la compréhension soit complète», déclare Clothilde Adam.
Ces enfants sont aussi exposés à une multitude d?ateliers allant de l?informatique à la fabrication de meubles, de la peinture sur soie à la cuisine. Et c?est sans compter les sorties diverses pour leur élargir les horizons. Et même si la finalité d?Anfen est que ces enfants se muent en jeunes adultes responsables et puissent trouver un emploi en fonction de leurs aptitudes, les animateurs encouragent les élèves qui le désirent à repasser l?examen du CPE. «En sortant de chez nous au bout de trois ans, ces jeunes sont épanouis. Ceux qui réussissent le CPE le sont plus encore», constate Bernard D?Argent.
Si chaque centre trouve ses propres sources de financement, le réseau prend à sa charge toutes les formations des animateurs. Les parrains, assure-t-il, ont compris l?importance de cet encadrement. Pour mieux orienter ces jeunes, Anfen élabore un manuel des services et des métiers, de concert avec d?autres organismes.
Les meilleures intentions du monde ne peuvent toutefois réussir sans le soutien de tous. Anfen bute sur l?indifférence des autorités face à ses demandes répétées d?étendre le transport gratuit aux élèves du réseau. D?où la pétition qui circule en ce moment. Son secrétaire fait un appel à la population pour qu?une majorité la signe.
Une demande somme toute légitime et juste pour une action qui allège le poids de la délinquance juvénile?
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