Publicité
Derrière le métier de chauffeur d?autobus?
Par
Partager cet article
Derrière le métier de chauffeur d?autobus?
«Matlot, zame ou ti pou kapav sofer bis ou !» Insulte suprême d?un chauffeur à un présumé chauffard. Entendez par là que le chauffeur d?un autobus est perçu comme étant très à l?aise au volant de son véhicule.
Vous, qui voyagez quotidiennement dans les transports en commun et qui vous accrochez frénétiquement à votre siège lorsque l?autobus déboule à toute vitesse et que les conducteurs abordent les virages plus vite que de raison, vous vous êtes certainement déjà demandé où est-ce que ces hommes qui ont pour mission de «transporter les passagers d?un point à un autre à leur satisfaction» avaient bien pu apprendre à manier le volant ?
L?incident qui a eu lieu mercredi, lorsqu?un autobus a perdu une roue sur l?autoroute, et le sang-froid du chauffeur pour immobiliser son véhicule donne à réfléchir. Dix mètres de long et près de trois mètres de large, est-ce bien aisé à manier ?
<B>Un nouveau métier</B>
Droit comme un I, Thierry Lavigilante ajuste la position de son siège d?autobus à sa morphologie. Assis «côté conducteur» dans cet immense autobus pouvant accommoder plus de 45 personnes, il a l?air tout petit.
Cinq jours que ce guide au Casela Park a débuté sa formation au Professional Drivers Training Centre de l?Industrial and Vocational Training Board (IVTB), à Forest-Side. Ce centre, c?est «l?auto-école pour apprendre à conduire des autobus».
Pour Rs 8 000, les particuliers peuvent y suivre une formation de 56 heures dont 40 heures de «pratique». D?abord sur le circuit aménagé au centre et ensuite une fois que «la min inn large», dans les rues de Port-Louis. Depuis dix ans, chaque année, ils sont une centaine à avoir recours aux services du centre.
De ces 100 élèves, on compte chaque année, une vingtaine d?employés de l?industrie sucrière. Des quarantenaires et des cinquantenaires obligés d?apprendre un nouveau métier. Alors, pourquoi pas conducteur d?autobus ?
A la veille de passer son test sur route, Thierry Lavigilante est plutôt confiant. Son formateur, Seveshwar Luchoomun, officier en charge au Professional Drivers Training Centre, l?est également. «Thierry en est à sa première tentative mais il a l?habitude du volant, cela devrait aller.»
Le jeune homme de 30 ans conduit une voiture effectivement tous les jours. Rien à voir avec un autobus. Malgré ses sept ans de pratique quotidienne, le «double débrayage» (remettre au point mort avant de rétrograder ou passer la vitesse), il avoue qu?il a eu un peu de mal au début.
Alors, pour ceux qui ne conduisent que très rarement ou qui sont plus âgés, l?apprentissage s?avère un peu plus délicat. Surtout si on tient compte du fait que la formation pratique débute en moyenne six jours avant le test sur route.
Une formation pratique qui est précédée de deux journées de cours théoriques. Après avoir fait une demande pour un «Learner», les aspirants conducteurs doivent passer un test «mécanique» oral.
En général, au bout d?une journée ou deux, les apprentis conducteurs manient plutôt bien le volant. Puis, c?est une question de pratique. Mais quelles sont les qualités requises pour être un bon conducteur d?autobus ?
Pour Seveshwar Luchoomun, cela tient en quelques mots : concentration, observation et capacité d?analyse. Le formateur regrette qu?une fois détenteurs de leur permis de conduire, les conducteurs oublient bien vite les règles de précaution.
«L?excès de vitesse est une des causes principales d?accidents. Ils l?oublient une fois au volant.» Son permis obtenu, Thierry espère pouvoir conduire l?autobus de Casela pour les visites guidées. «Lorsque l?on sait qu?on a 30 personnes derrière soi, on est obligé d?assurer. Il y va de leur sécurité.»
Publicité
Publicité
Les plus récents