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Dernier lobby avant la décision finale
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Dernier lobby avant la décision finale
Le Conseil des ministres européen a pris rendez-vous ce 22 novembre pour adopter le plan final de réforme de la politique agricole commune. S?il y arrive, Maurice sera enfin fixée sur le quantum de baisse du prix du sucre et sur l?enveloppe d?aide prévue par l?Union européenne (UE).
À moins de trois semaines de la date butoir, les débats sont animés. Des voix se joignent à celle des sucriers ACP pour inviter la Commission européenne à la modération. Chacune y va de sa proposition pour le quantum de baisse. Des coalitions se forment et se préparent à peser de tout leur poids sur les délibérations.
Le comité commercial du groupe sucrier ACP propose 19 % de baisse à la place des 39 % préconisés par l?UE.
Le groupe des pays en voie de développement suggère entre 15 % et 20 %.
Des O.N.G européennes, soucieuses de l?impact d?une réforme agricole drastique, estiment la baisse à plus de 18 %. L?institut de recherche néerlandais qui a beaucoup travaillé sur le projet de réforme européen et sur son impact propose une réduction de 20 % tout au plus. Des pays comme la Pologne qui ont un fort ancrage agricole, sympathisent avec les ACP. Toutefois, l?UE tient à une réforme significative, car le but recherché, à savoir, inciter ses betteraviers les moins compétitifs à quitter la filière, ne sera pas atteint avec une baisse symbolique.
Autre point contentieux : l?enveloppe d?aide destinée aux ex-partenaires commerciaux de l?UE. Cette dernière a des difficultés pour finaliser son budget pour la période 2007-2013, dues principalement au pinaillage de la Grande-Bretagne. Mais elle propose toutefois 40 millions d?euros aux ACP. Cependant, cette somme ne reviendrait pas exclusivement aux sucriers ACP. L?UE propose de l?utiliser aussi pour indemniser les raffineurs. Une enveloppe de 35 millions d?euros leur est destinée.
De plus, 1,2 million d?euros ont été prévus pour financer une étude ACP pour préparer la restructuration. Les conclusions de cette étude sont attendues avant la fin de novembre. Au bout du compte, les sucriers ACP ne resteraient plus qu?avec la modique somme de 3,8 millions d?euros (environ Rs 100 millions). Une pitance. Maurice estime qu?elle aura besoin de Rs 220 millions l?année prochaine pour préparer l?avenir post-réforme. Ces zones d?ombres devront être éclaircies avant que le Conseil des ministres européen puisse finaliser le plan de réforme agricole.
Des observateurs avertis avancent qu?il y a peu de chance que cela puisse se faire avant le 22 novembre. Ils estiment qu?il est plus probable que ce soit l?Autriche qui scellera le sort de l?agriculture européenne et celui du sucre mauricien. L?Autriche succède à la Grande-Bretagne à la présidence de l?UE en janvier. Elle est plus sensible à la cause ACP, estimant qu?une baisse de 29 % du prix du sucre devrait faire l?affaire.
Toutefois, l?UE tient à finaliser son plan de réforme agricole avant d?aborder la négociation sur la libéralisation du commerce internationale à Hong-Kong en décembre. Elle pense ainsi être en bonne position pour négocier. Il ne faudrait donc pas sous-estimer sa capacité à faire respecter les échéances fixées.
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