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Deon Van Der Walt conjugue opéra et viticulture

13 octobre 2004, 20:00

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Un Sud-africain qui n?aime pas le biltong, la bière et le vin pourrait être traité de renégat par ses pairs! Une personnalité se cache parmi les participants étrangers du premier Festival de vins jamais organisé à Maurice par la maison Eastern Trading et qui a démarré hier : Deon Van Der Walt a deux particularités. Outre le fait d?être un ténor connu en Europe, il est aussi viticulteur. Portrait d?un puriste.

La première passion de Deon Van Der Walt, affable quadragénaire, est l?opéra. Ce natif de Cape-Town qui possède un beau timbre de ténor, obtient sa licence en chant à l?université de Stellenbosch, une des régions des vins en Afrique du Sud. C?est d?ailleurs au cours de sa vie d?étudiant qu?il découvre la richesse des vins de cette région.

A 22 ans, il quitte son pays natal pour parfaire sa voix et son jeu de scène à l?Opera Studio de Munich, en Allemagne. Il est bientôt remarqué par un responsable du Covent Garden de Londres qui l?invite à venir s?y produire. Il fait ses débuts sur la scène londonienne dans l?opéra de Gioacchino Rossini, Le Barbier de Séville.

A partir de là, Deon est sollicité pour chanter dans les plus prestigieux théâtres du monde, notamment le Metropolitan Opera House de New York et La Scala de Milan. Si son registre convient aux ?uvres de Rossini, il finit par se tailler une solide réputation d?interprète des ?uvres de Mozart.

Ce ténor adore les opéras dramatiques, où en sus de sa voix, il peut aussi mettre son jeu scénique en exergue. Cela fait plus de 15 ans que Deon se produit en Europe et aux Etats-Unis. Ces derniers temps, il a changé de répertoire, se tournant davantage vers les ?uvres de Jules Massenet et de Jacques Offenbach, qui offrent plus de possibilités vocales.

Peu de temps après qu?il eut entamé sa carrière de ténor, Deon qui dîne chez un critique musical ? à Zurich en Suisse où il vit ? découvre un des Merlot les plus chers au monde. Il en est séduit. Il plaisante avec son hôte qui possède un vignoble dans la région de Paarl en Afrique du Sud, disant qu?il souhaiterait produire un vin similaire.

Ce qui n?était au départ qu?une boutade fait du chemin dans la tête du ténor. Il finit par acheter 18 hectares sous culture de raisins comestibles dans la même région sud-africaine. Les vignes existantes sont déracinées et la terre replantée de raisins Merlot. A l?époque, le Merlot sert surtout aux mélanges. Obstiné, Deon veut en tirer un vin à part entière. Son père Charles étant retraité, il lui propose de gérer le vignoble et l?entoure de spécialistes de la fabrication du vin. Quand ses engagements professionnels le lui permettent, Deon se rend en Afrique du Sud pour superviser les opérations dans son vignoble.

Synonyme de qualité

La première récolte de ce qui devient la maison Veenwouden Private Cellar a lieu en 1993. Deon atteint dans une grande mesure son but car il réussit à produire le Veenwouden Merlot. Ce vin comprend 90% de Merlot et 10% de Cabernet Sauvignon ajouté pour lui donner du corps. La Veenwouden Private Cellar produit aussi le Veenwouden Classic, mélange de Cabernet Sauvignon, Merlot, Cabernet Franc et Malbec, de même que le Veenwouden Vivat Bacchus. La production de cette maison est de 72 000 bouteilles dont 65% sont exportées en Europe, aux Etats-Unis, en Asie et même à Maurice. On retrouve d?ailleurs ces vins sur la carte du Royal Palm où loge Deon. Le reste de la production est écoulé sur le marché sud-africain.

Au classement du guide des vins sud-africains, le très respecté John Platter Guide, les crus du Veenwouden Private Cellar sont très cotés, obtenant quatre étoiles et demie sur cinq, quand ce n?est pas la note maximale. Au cours d?une récente dégustation de sommeliers européens en Suisse où l?objectif était de désigner les 24 meilleurs Merlot au monde, le Merlot de Deon a été sélectionné. Une rencontre similaire en Italie a également donné une excellente note au Veenwouden Classic.

Si Deon est satisfait, il n?est pas intéressé à produire plus, mais à maintenir la qualité de ses vins d?année en année. ?Car une fois qu?une cuvée est médiocre, le public s?en détourne pour de bon?, dit-il.

De nombreux viticulteurs modifient leur processus de fabrication. Pas Deon. S?il tolère les additifs naturels dans les vins, du moins dans ceux des autres producteurs, il est opposé à l?ajout de tout ce qui est artificiel. ?Comme dirait mon frère Marcel que j?ai envoyé en France pour apprendre la production, le vin se fabrique dans le vignoble et pas dans la cave.? Le ténor n?entend pas non plus troquer les bouchons de liège pour des bouchons en plastique. ?Je crois qu?au fond, je suis un vieux romantique.? Romantique ou puriste, c?est du pareil au même?

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