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De jeunes accordéonistes ouvrent la danse
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De jeunes accordéonistes ouvrent la danse
Les morceaux sont tellement entraînants que le corps se met à bouger. Belle invitation à la danse, ces airs vieux de quelques décennies, sont interprétés par cinq jeunes accordéonistes à l?allure décontractée.
Damien Messin, 13 ans, Danny Onsiong, 14 ans, Judex Blackburn, 16 ans, Jessie et Élodie Li Kwok Cheong, toutes deux âgées de 14 ans, jouent de l?accordéon depuis quelques années. Un rien étonnant à en juger par la particularité de l?instrument et son côté « un peu vieillot ». « Avant de me voir en jouer, mes copains ne savaient même pas ce que c?était un accordéon », précise Danny. « Mes amis étaient plutôt étonnés et l?un d?eux m?a dit qu?il connaissait un grand-père qui en jouait », ajoute Judex. « Avec mes amis, nous avons des affinités musicales, alors jouer de l?accordéon, c?est naturel », souligne Damien.
« J?adore faire danser les gens »
Pourquoi l?accordéon et pas la guitare, le piano ou tout autre instrument ? D?abord pour les résonances mélodiques, le rythme rapide, note Judex. Ensuite pour l?instrument lui-même, renchérit Danny. Enfin, dit Damien, « parce que ça donne envie de danser et j?adore faire danser les gens ». Tous trois s?accordent à dire que le déclic s?est fait naturellement? avec un petit coup de pouce quand même !
« Mon père m?avait acheté un accordéon pour que j?en joue. Ma première réaction a été : ?c?est quoi tous ces boutons !? J?ai commencé par prendre des leçons avec un accordéoniste italien, ex-champion du monde, puis quand il est parti, je me suis tourné vers Jocelyn Cartier », explique Judex.
À force d?écouter les CD d?accordéonistes, Damien y a, quant à lui, pris goût.À tout juste 10 ans, il accompagnait des musiciens sur un petit instrument. Lui aussi prend des cours, tous les samedis, avec Jocelyn Cartier, accordéoniste réputé. Danny, qui a rejoint le groupe un samedi pour tâter l?instrument, est, depuis, devenu un assidu.
Pour Élodie et Jessie, l?histoire est la même. Toutes deux ont commencé à l?âge de 8 ans, toujours sous la houlette de Jocelyn Cartier. Elles ont développé un intérêt pour l?accordéon qu?elles jugeaient, au départ, « plutôt masculin ».
« J?étais fière de jouer d?un instrument que peu de filles pratiquaient. C?est assez dépaysant au départ, mais le rythme vous entraîne bien vite », dit Jessie. « C?est incroyable comme expérience, ajoute Élodie, même si c?est dur d?apprendre les morceaux. »
Il faut avoir une bonne mémoire, convient Judex, parce qu?on joue sans partition. « Le rythme est rapide, on a les deux mains occupées et l?on doit être attentif aux variations. » Les trois garçons sont passés à une autre étape l?année dernière, en se produisant, avec d?autres musiciens, à la cathédrale Saint James. Judex, lui, est déjà un habitué des scènes : sa première fois remonte à 2004 où il a joué en solo à une grande réunion de son groupe. Il a aussi évolué en France, dans un restaurant où le public, conquis, en a redemandé.
Si Danny, Damien, Élodie et Jessie jouent pour le plaisir, Judex envisage une carrière de pro ici et au-delà de Maurice. Et grâce à leur talent, ces jeunots font, au moyen d?airs rétros et modernes, bouger plus d?un à des bals et fêtes.
UN ACCORDÉON ENTRE LES MAINS
A priori rien ne différencie un accordéon à pistons de celui à piano, sauf que l?un comprend des pistons et l?autre un clavier. Damien et Danny jouent de l?accordéon à piano et Judex celui à pistons. Toutefois, il ne pourrait emprunter celui de Damien ou de Danny s?il ne s?est pas préalablement familiarisé avec l?accordéon à piano, car « les notes sont différentes ». « Les gammes se font de chaque côté et ce sont elles qui donnent le doigté aux notes », explique Judex. Contrairement à ce que l?on croit, l?accordéon n?est pas lourd à man?uvrer. Lors de leurs répétitions et concerts, les jeunes accordéonistes interprètent des morceaux de tango, des valses musettes, des airs rétros comme Que sera sera, Le retour des hirondelles ou encore des morceaux plus modernes tels En chantant de Michel Sardou.
« Quand on joue, on se sent gagné par le rythme », confie Damien. Et Judex de conclure : « Il ne suffit pas de savoir jouer d?un instrument, il faut aussi savoir l?apprécier et l?aimer. »
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