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De graves allégations contre la FMJ
La Fédération mauricienne de judo (FMJ) est montrée du doigt après la tenue d’un stage résidentiel récemment au dojo de Grande-Rivière-Nord-Ouest, lors duquel les jeunes judokas allèguent avoir été laissés à eux-mêmes le soir. Des allégations de relations sexuelles avec mineures ont également été formulées. Du côté de la FMJ, on soutient que le stage s’est bien passé et qu’aucun grief ne lui est parvenu. (Voir la réaction de Rashid Jhurry, président de la Fédération mauricienne de judo en encadré).
Certains des présélectionnés pour les 7es Jeux des îles de l’océan Indien (JIOI), qui avaient participé au stage, déplorent les conditions dans lesquelles ils étaient hébergés. La quinzaine de judokas, filles et garçons, dont certains n’ont pas encore atteint la majorité, avaient été, selon eux, contraints de dormir à même le sol – sur le tatami.
<B>“Les entraîneurs rentrent chez eux”</B>
“Nous devions nous-mêmes préparer nos repas dans un coin aménagé en cuisine, au Dojo”, soulignent les judokas qui ont tenu à dénoncer le traitement qui leur a été réservé par la fédération lors du stage résidentiel.
Ainsi donc, les judokas auraient été laissés à leur propre compte la nuit. “Aucun dirigeant n’est présent la nuit lors des stages résidentiels. Aussitôt les entraînements terminés, les entraîneurs rentrent chez eux”, font-ils remarquer.
Si cette situation ne gênait pas les participants, toutefois, il semblerait que deux jeunes, dont une fille âgée de 17 ans, auraient donné libre cours à leurs pulsions sexuelles sur le tatami, alors que leurs camarades dormaient.
La FMJ précise qu’il y a un système de gardiennage en permanence au dojo (voir encadré).
“L’entraîneur national (NdlR : Joseph Mounawah) avait même fait référence à ce problème, sans toutefois citer de noms après une séance d’entraînement”, précise un judoka.
Cependant, si les dirigeants de la fédération n’obligent personne à dormir au dojo, il nous revient, en revanche, que les judokas préfèrent rester par crainte de se faire évincer lors des compétitions étrangères. “Joseph Mounawah nous dit toujours que si nous assistons aux stages et que nous sommes réguliers à l’entraînement, nous serons du voyage lors des déplacements à l’étranger”, confient-ils.
Néanmoins, les judokas reconnaissent que “les trois séances d’entraînement tenus durant les stages résidentiels nous aident à progresser”. Les judokas ne se plaignent, en effet, pas de la qualité des cours dispensés par Joseph Moonawah et ses deux assistants mais des conditions dans lesquelles ils sont obligés de vivre lors des stages résidentiels.
Il faut savoir qu’un budget est alloué à toutes les fédérations pour assurer la préparation des athlètes – que ce soit pour les stages ou les déplacements à l’étranger – en vue des événements tels que les JIOI. Pourquoi donc la FMJ ne puise-t-elle pas dans ce fonds pour assurer un hébergement décent à ces judokas et surtout pour assurer la sécurité des jeunes qui, en l’absence d’un dirigeant voire d’un entraîneur, sont exposés à toute sorte de danger ?
Le ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS), qui semble se soucier de la sécurité des présélectionnés des JIOI – les photographes de presse devant désormais lui demander l’autorisation pour pouvoir avoir accès aux sites d’entraînements des disciplines concernées par les JIOI –, devrait s’intéresser davantage aux conditions des judokas. Il y va de l’honneur du sport !
<B>Neeta PERSAND
Jean-Hugues OLIVIER</B>
RÉACTIONS
<B>Rashid Jhurry : “Tout s’est bien passé”</B>
Le président de la Fédération mauricienne de judo, Rashid Jhurry, est catégorique : “Il n’y a eu aucun problème lors du stage en question. D’ailleurs, à ce jour, aucun parent, ni aucun judoka, n’est venu vers la fédération pour se plaindre des conditions qui prévalaient lors du stage résidentiel. Je ne suis donc pas au courant qu’il s’est passé des choses louches au dojo durant le stage. Je dois vous faire remarquer qu’il y a des gardiens en permanence au dojo matin et soir et la Fédération mauricienne de judo n’a reçu aucun reproche à propos du comportement des judokas.”
Il précise que lui-même et l’entraîneur national, Joseph Mounawah, se faisaient un devoir de rester jusqu’à tard avec les judokas. “Ils avaient tout ce dont ils avaient besoin. Ils ont vécu ce stage comme une famille, on était avec eux pour la préparation des repas et nous dînions ensemble. Par la suite, nous rentrions chez nous”, fait ressortir Rashid Jhurry.
En revanche, l’entraîneur national, Joseph Mounawah, n’étant pas au pays en ce moment, nous n’avons pas été en mesure d’avoir sa version. Nous le ferons dès que possible.
<B>J.-H. O.</B>
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