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De 800 000 à 900 000 personnes seraient enrôlées par an
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De 800 000 à 900 000 personnes seraient enrôlées par an
Le département d?Etat américain a publié récemment son troisième rapport annuel sur le trafic d?êtres humains dans le monde et les réseaux internationaux d?enrôlement de femmes, d?hommes et d?enfants dans le commerce sexuel ou le travail forcé de type esclavagiste. L?étude distingue ces organisations des réseaux d?immigration clandestine. "Ce trafic non seulement continu, mais il est en expansion à l?échelle mondiale", constate le rapport. Les trafiquants exploitent la misère dans une impunité quasiment assurée, en raison du manque de volonté politique des gouvernements pour les poursuivre ou de leur manque de moyens pour lutter contre la criminalité de type transnational.
Selon des évaluations américaines récentes, de 800 000 à 900 000 personnes par an seraient enrôlées dans ces réseaux internationaux, entre 18 000 et 20 000 d?entre elles ayant pour destination les Etats-Unis. Les Nations unies estiment que les revenus dégagés par ce type de criminalité atteignent entre 7 milliards et 10 milliards de dollars par an. Les trafiquants recrutent leurs victimes là où règne la pauvreté, mais aussi là où des situations de conflit ou de transition forment un terrain propice.
La liste noire
?Les changements politiques soudains, les crises économiques, les troubles et conflits armés internes ainsi que les catastrophes naturelles accroissent les risques pour un pays de devenir pourvoyeur de victimes du trafic, les populations déplacées étant particulièrement vulnérables?, indique le rapport du département d?Etat, en mettant en exergue le phénomène d?exploitation des enfants à des fins militaires, sexuelles ou autres dans les situations de vide du pouvoir où, parfois, seuls les groupes armés font la loi.
En vertu d?une loi adoptée en octobre 2000, le département d?Etat établit chaque année ce rapport sur les pays pourvoyeurs de victimes et les pays de destination, ainsi que sur les mesures prises par les gouvernements pour lutter contre ces trafics. Le document classe les pays en trois groupes, en fonction des efforts qu?ils font en termes de prohibition, de répression, d?investigation contre les réseaux de traite.
Ceux qui sont épinglés comme ne luttant pas assez énergiquement contre ce fléau s?exposent, pour la première fois cette année, à des sanctions américaines s?ils ne prennent pas de mesures avant le 1er octobre, Washington menaçant de suspendre ses aides bilatérales et de s?opposer à ce que ces pays bénéficient du soutien des institutions financières internationales comme le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale.
Quinze pays sont mis à l?index par le département d?Etat : Belize, Bosnie-Herzégovine, Birmanie, Corée du Nord, Cuba, Géorgie, Grèce, Haïti, Kazakhstan, Liberia, Ouzbékistan, République dominicaine, Soudan, Suriname, Turquie.Cette liste noire a provoqué des protestations. La Grèce, par exemple, s?est élevée, par la voix du porte-parole du gouvernement, contre ?des allégations totalement injustes et inacceptables, qui ne reconnaissent pas les sérieux efforts du gouvernement en la matière?.
La Grèce est présentée comme un pays de destination où auraient abouti, en 2002, 18 000 personnes, pour la plupart mineures, originaires de l?ex-bloc communiste et vouées à la prostitution. ?Des femmes arrivent aussi d?Asie, d?Afrique et d?autres pays ; dans certains cas, elles sont ensuite envoyées vers Chypre, la Turquie, le Moyen-Orient. Bien que certaines sources estiment que le trafic des enfants a décru, le problème persiste, les enfants albanais constituant la majorité de ceux qui sont contraints au travail forcé, y compris le vol et la mendicité.?
L?Organisation internationale du travail (OIT) et le Fonds des Nations unies pour l?enfance, par exemple, ont de nouveau récemment attiré l?attention sur le trafic des enfants en particulier, contre lequel ils mènent campagne. Selon l?OIT, 8,4 millions de mineurs en sont victimes dans le monde, qu?ils aient été vendus dans leur pays ou ?à l?exportation? comme esclaves ou prostitués.
Claire Tréan
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