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Dans les coulisses d?une élection
L?élection des représentants régionaux au comité central du Mouvement militant mauricien (MMM) bat son plein. Six ont déjà été nommés, quatre l?ont été jeudi et deux hier.
Premier constat : il y a peu de sang neuf. Seule la circonscription n° 5 (Pamplemousses-Triolet) a élu un représentant qui n?a encore jamais siégé au comité central: Anil Seeruttun, un militant qui a abattu un gros travail sur le terrain jusqu?ici. Jeudi, après son élection, il a démissionné du poste de secrétaire du régional n° 5 qu?il occupait depuis quelques années.
Quant aux cinq autres personnes qui ont été élues jusqu?ici, ce sont déjà des figures connues du comité central. Grand-Baie-Poudre-d?Or a ainsi choisi Pradeep Jeeha, l?ancien ministre de la Technologie informatique et des Télécommunications. Celui-ci avait été élu à la 15e place il y a quatre ans au comité central.
La circonscription Quartier-Militaire-Moka (n°8) a opté hier à l?unanimité pour Nashully Joomun. Celui-ci était déjà membre du comité central du MMM, tout comme Seven Parapen d?ailleurs, qui a été élu pour représenter le n° 15, La Caverne-Phoenix. La circonscription de Curepipe-Midlands, qui a voté hier, voit en Pradeep Kumar Ramdin, ex-maire de Curepipe, et ancien membre du comité central, la personne idéale pour représenter cette branche régionale au niveau national.
Fareed Roojee a pour sa part été élu à l?unanimité au n°10. Ce dernier est connu comme étant le bras droit du député Ayay Gunness.
«Tout est dans l?action»
Les autres branches régionales éliront leurs représentants entre aujourd?hui et mercredi. Les 20 élus des comités régionaux rejoindront ensuite les 20 autres «camarades» qui ont été élus par l?assemblée des délégués du MMM, dimanche dernier. Le leader Paul Bérenger peut, pour sa part, choisir jusqu?à huit membres supplémentaires. Tandis que l?aile jeune et l?aile féminine choisiront chacune un représentant.
Une fois le comité central constitué, celui-ci choisira les 16 membres du nouveau bureau politique. Cette élection-là est prévue pour samedi prochain.
Si les militants s?accordent à dire que ces élections se déroulent dans la sérénité, dans les coulisses les tractations ont donné lieu à de véritables bras de fer à distance.
«Le porte à porte n?est pas nécessaire, avec le travail que nous abattons déjà. Tout est dans l?action.» Paroles de Rajesh Bhagwan, un des hommes forts du MMM, élu dimanche dernier en deuxième position au comité central, avec 319 voix, juste après Paul Bérenger.
«Rien n?empêche un candidat au comité central de mener campagne, pourvu qu?il ne le fasse pas au détriment d?un autre candidat», lâche un perdant aux élections nationales pour le comité central. Sauf qu?une campagne menée par un candidat peut avoir des répercussions sur les chances d?un autre de se faire élire.
Officiellement, tous se défendent de faire campagne mais se contentent quand même de «contacter quelques camarades». Bref, la plupart des candidats jurent qu?il n?y a pas de «coup de poignard dans le dos». N?est-on pas, en effet, entre «camarades» ? «Nous ne faisons rien pour acheter la conscience d?autrui. Nous connaissons chacun la capacité de l?autre», insiste un candidat pour la régionale du n° 20.
En apparence, le choix se fait dans le consensus. Il s?effectue d?abord à la base, dans les différentes branches, avant de remonter vers le comité régional, où il y a un vote à bulletin secret entre les différents prétendants. Le tout est supervisé par un membre du bureau politique sortant.
Aujourd?hui deux régionales élisent leurs représentants. Les circonscriptions n° 11 (Vieux-Grand-Port-Rose-Belle) et 20 (Beau-Bassin-Petite-Rivière). Au n° 11, Dev Ramnah, ancien speaker et malheureux aux législatives, n?est pas candidat. Il l?a confirmé lui-même, vendredi dernier.
Montée en puissance
Au n° 20, Mario Vencatasamy, ancien conseiller municipal, et membre sortant du comité central, posera sa candidature. Il a recueilli 115 voix des délégués de son parti lors du scrutin national de dimanche dernier. Franco Quirin, un autre ex-conseiller municipal, pourrait se poser comme challenger.
Dans les quatre circonscriptions de Port-Louis il semble déjà acquis qu?Ahmad Jeewah se présentera à l?élection de la régionale n° 2 (Port-Louis Sud-Port-Louis Central) et que Gérard Grivon en fasse de même à Port-Louis Nord-Montagne-Longue, probablement sans adversaire. Pour les autres circonscriptions de Port-Louis, l?incertitude règne parce que plusieurs prétendants seraient en lice.
L?élection des 20 premiers membres du comité central par l?assemblée des délégués, dimanche dernier, a elle-aussi donné lieu à une joute, toujours dans les coulisses. La montée en puissance d?Ajay Gunness, de Deven Nagalingum, voire de Steven Obeegadoo, qui sont dans les cinq premiers, ne s?est pas effectuée sans casse pour d?autres membres influents du parti.
Les circonscriptions 6, 8, 10, rurales, réunissent à elles seules près du tiers du nombre total de branches. Avec un tel poids, ont-elles voté en bloc pour le renouvellement ? C?est ce qui se chuchote dans les rangs des militants. Et on affirme même qu?une «campagne» aurait même été menée en ce sens. «Certains ont déjà fait plus de dix ans au sein du comité central et l?heure ne serait-elle pas venue de céder la place», lâche un membre du parti qui a choisi de rester à l?écart des élections régionales.
Ahmad Jeewah, Pradeep Jeeha, José Arunasalom, Dev Ramnah? Ces ténors se sont donc tous retrouvés loin derrière, au-delà de la vingtième place, au niveau national. C?est le cas également de Rama Poonoosamy, l?un des vétérans du comité central, avec Paul Bérenger. Il y siège depuis 1977. Pour ces «anciens», l?âge ne compte pas autant que l?expérience passée et la qualité du service. «Nous ne sommes pas de la vieille ferraille, nous n?avons rien à voir avec les défaites aux législatives ou aux municipales. Que nous reproche-t-on», lâche un vieux de la vieille.
Amers ? Ils le sont probablement mais refusent de se laisser abattre. Ils ont, pour la plupart, la ferme intention de continuer à «servir le parti».
«Après plus de 20 ans de présence à l?Assemblée nationale et dans les instances dirigeantes du parti, j?avais choisi de ne pas me présenter aux élections générales, ce qui est une façon de laisser la place aux autres», explique José Arunasalom. Il affirme maintenant pouvoir servir son parti de plusieurs autres façons.
Certains candidats préfèrent également la nomination du leader, sorte de reconnaissance suprême, à l?élection. C?est le cas pour quelques incontournables qui attendent sagement leur heure, qui devrait sonner le 20 novembre lors de la constitution du bureau politique.
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