Publicité

Développement durable : on en parle, mais encore ?

26 mars 2008, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Les énergies renouvelables ? D?aucuns disent que «ça ne marche pas». Ceux-là prétextent le fait que «c?est un retour à la bougie. Le biocarburant cause des famines. Les éoliennes défigurent le paysage. C?est à cause des Indiens et des Chinois que nous en sommes là : ils consomment de plus en plus. Les chauffe-eau solaires, ça ne marche pas. Et les énergies renouvelables sont aléatoires».

Joël de Rosnay, conseiller auprès du Premier ministre, Navin Ramgoolam, sur la question du développement durable, rétorque que ce n?est pas vrai. Que les énergies renouvelables, non seulement marchent mais que si l?«île Maurice réussit, le monde peut réussir». Hier matin, il animait, à l?hôtel Le Labourdonnais, Port-Louis, une conférence sur le thème «Eco technologies et développement durable : le modèle de l?île Maurice». Le but était de sensibiliser les industriels mauriciens à la manière de répondre ensemble à ce «grand défi de l?île durable».

Il a beaucoup été question d?électricité et d?éthanol. L?éthanol mauricien qui n?a pas causé de famine. L?éthanol mauricien qui a subi des tests concluants. Un projet pilote de trois mois sur une flotte de 25 voitures représentative du parc automobile mauricien a démontré que l?on «pouvait aller de l?avant». Mais comment aller de l?avant quand la totalité des 20 millions de litres d?éthanol produits à Maurice sont exportés ?

Kaleel Elahee, chercheur et professeur à l?université de Maurice (UoM), rappelle qu?on en parlait déjà au début des années 80. Pourquoi en sommes-nous toujours au même point (ou presque) ? Sachant que l?on utilise 80 000 tonnes d?essence à Maurice chaque année et que seuls «neuf millions de litres seraient nécessaires pour faire rouler toutes les voitures de Maurice».

Un début d?explication avec Maurizio Libutti, directeur général de Total, qui précise que «l?éthanol n?est pas déshydraté à Maurice, il faut donc créer une unité de déshydratation si on veut aller de l?avant». Jean-Claude Autrey, ancien directeur du MSIRI, apporte un complément d?information non négligeable en soulignant qu?«une des industries les plus durables à l?île Maurice, c?est l?industrie du bla bla bla et l?industrie des préjugés. On peut faire de l?E30 à Maurice à condition que les moteurs acceptent ça».

Depuis le temps qu?on en parle, les voitures mauriciennes rouleraient à l?éthanol aujourd?hui, si les bonnes décisions avaient été prises dans le temps. «La taxe que le gouvernement comptait imposer devait ramener le prix de l?éthanol à celui de l?essence», soutient Jean-Claude Autrey pour qui la canne à sucre est toujours la culture d?avenir.

«Planifier le territoire»</B>

Comme d?autres parlent du biogas, du charbon propre, de l?énergie solaire ou de l?éolien, Joël de Rosnay prône, lui, le mix-énergétique : un peu de tout. Là où les aléas de l?un sont compensés par l?autre. Mais de tout cela, on parle déjà depuis les années 80. A cette époque, on ne parlait pas que d?éthanol, mais également de centrales hydrauliques et de fabrication de biogas dans les foyers mauriciens. Joël de Rosnay en parle encore aujourd?hui. Il évoque la création d?un Central Energy Board (CEB) dont le rôle serait de «fédérer et réguler toutes ces énergies».

En sus des Independent Power Producers (IPP) déjà présents, Joël de Rosnay prône donc la création de SIPP, des Small Independent Power Producers. Des SIPP qui devraient peut-être envisager de se lancer dans l?énergie éolienne, déjà présente à La Réunion, où 13 mégawatts ont été installés et où il y a une possibilité de 80 mégawatts. A Maurice, il y aurait une possibilité de 100 à 150 mégawatts. Il faut encore analyser les gisements de vents et les contraintes.

Il a également été question de la «non-conformité», selon Joël de Rosnay, des IRS aux normes HQE (Haute qualité environnementale). Ce à quoi les promoteurs impliqués dans ces projets ont répliqué que les leurs le sont et pour que les autres, il était encore temps d?agir. Pour l? architecte Gaëtan Siew, puisque de nouvelles villes telles que Highlands vont bientôt voir le jour, il faut en profiter pour revoir le modèle : «work, live and play» à divers endroits.

On devrait pouvoir, selon lui, tout faire au même endroit. Au cas contraire, entre les trois actions, on utilise un moyen de transport. «Nous devons planifier le territoire de façon à ce que nous consommions moins», dit-il. Dans la même veine, l?architecte est d?avis que l?on devrait penser au «life cycle cost» de nos bâtiments et habitations.

Pamela Bapoo-Dundoo, coordinatrice nationale du programme UNDP GEF Small Grants Programme, est d?avis qu?il serait judicieux de coordonner les actions au niveau de la responsabilité sociale des entreprises. «Plutôt que de financer un projet chacun de son côté, on devrait penser au financement d?un projet au niveau national», dit-elle. Elle suggère la subvention de chauffe-eau solaire par exemple. Le chauffe-eau solaire ou les ampoules économiques, il faut bien commencer quelque part?

Les dix commandements </B>

■ Economie d?énergie

■ Usage des énergies renouvelables

■ Tri et recyclage des déchets

■ Formation de l?écocitoyen

■ Education à l?hygiène et à une alimentation équilibrée

■ Aide aux pays en développement et assistance humanitaire

■ Commerce équitable

■ Entreprise citoyenne

■ Mode de vie frugal

■ Mise en ?uvre de l?écoéthique

Publicité