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Démarrage laborieux de la cohabitation
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Démarrage laborieux de la cohabitation
«Fou li deor. Don li so VRS. Vander. » Et encore, épargnons-nous les jurons lancés à tue-tête. Nous ne sommes ni dans un bazar, ni dans un groupe de voyous mais bien devant l?hôtel du gouvernement, le jeudi 7 juillet. La personne à qui ces paroles indignes et humiliantes sont adressées, n?est autre que le président de la République de Maurice, sir Anerood Jugnauth. Il vient présider la cérémonie de prestation de serment des membres du nouveau gouvernement de l?Alliance sociale, issu des élections du 3 juillet. La cérémonie, qui, traditionnellement, a lieu à la State House, à Réduit, se déroule, selon les désirs du nouveau régime, à Port-Louis. Voici deux faits qui donnent le ton à la nature des relations potentiellement conflictuelles qui risquent de ponctuer la cohabitation entre le président et le nouveau Premier ministre, Navin Ramgoolam.
Condamnés à se rencontrer
« Sur la base de ce qu?il nous a été donné de voir et d?entendre jeudi, il s?avère que ce ne sera pas facile. Il faut placer les incidents et la perception qu?ils dégagent dans le contexte de la période post-électorale », explique Raj Mathur, qui occupait jusqu?à tout récemment la chaire des sciences politiques à l?université de Maurice. Selon lui, toutefois, les rapports entre les deux hommes vont certainement se décanter. « Les deux hommes sont condamnés à se rencontrer une fois par semaine. Une relation civilisée va s?instaurer entre eux. »
Le Premier ministre doit tenir le président au courant des affaires du pays chaque semaine. Il doit également lui faire part du contenu de l?ordre du jour de chaque Conseil des ministres.
« Le rôle de ces deux hommes est défini par la Constitution. Il ne devrait pas y avoir de problème s?ils agissent dans ce cadre », assure une source proche du président.
En tout cas, dans les milieux proches de sir Anerood Jugnauth, on affirme que le stoïcisme dont a fait preuve le chef de l?État, illustre bien sa détermination à aller jusqu?au bout de son mandat, soit, jusqu?en 2008.
L?accueil réservé à sir Anerood Jugnauth, retransmis en direct à la nation tout entière, a été le talk of the town le lendemain. « C?est une bonne idée de prêter serment devant le peuple. Mais attention. Sir Anerood n?était pas là comme un candidat battu. L?institution qu?est la présidence doit être respectée », commente Karl Offman, ex-président de la République.
Cassam Uteem, aussi ancien président, abonde dans le même sens. « Le gouvernement aurait dû savoir que faire la cérémonie en public comportait des risques. La présidence est la plus haute instance du pays. Elle doit être respectée. »
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