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Défense d?entrer !
La culture de la gagne est immuable, un simple regard au travail de Jose Mourinho suffira amplement à nous en convaincre. De Porto à Chelsea, l?entraîneur portugais applique la même méthode sans sourciller et les résultats sont toujours au rendez-vous.
Vainqueur de la Coupe de l?UEFA 2003, de la Ligue des champions 2004 et de mutliples trophées nationaux au Portugal, Mourinho est en passe d?obtenir la consécration dès son baptême du feu, pour sa première saison dans le championnat anglais.
Au passage, il balaie un contingent d?idées reçues et de grandes leçons du passé en prouvant que la meilleure attaque était? la défense ! Un contre-sens ? Pas du tout, l?intransigeant mentor portugais met simplement en pratique une formule mathématique qui a toujours fait école en Italie, berceau par excellence du catenaccio.
Mais en couronnant Chelsea en fin d?exercice, c?est-à-dire dans 12 matches, l?Angleterre ne vendrait-elle pas son âme au diable ? Ne renierait-elle pas son football d?attaque, si chatoyant pour nos yeux et si riche en spectacle et en buts ?
Manchester United et Arsenal, les champions successifs de ces dernières années, nous avaient en effet toujours habitués à un jeu débridé et très offensif. Certes, le fameux Back Four des Gunners et les défenses de United étaient elles aussi très solides mais cela n?avait quand même pas grand chose à voir avec le bunker présenté par Chelsea cette saison.
Même assiégée, la forteresse des Blues reste debout et vous toise du regard 90 minutes durant, à la recherche d?espaces et de failles dans votre cuirasse, pour frapper au moment propice?
Quand Arsenal battait le record d?invincibilité de Preston North End (datant de 1888) en fin de saison dernière et écrasait ses adversaires avec une moyenne de trois buts par matches, continuant sur le même rythme en début de saison 2004-2005, nul ne se doutait qu?un ordre nouveau s?apprêtait à souffler sur la Premier League?
Un nouveau modèle basé à Stamford Bridge et financé par les pétrodollars russes. Le Chelsea FC version coffre-fort venait de naître. Car si l?attaque n?est pas mal (49 buts, 2e derrière Arsenal et ses 58 buts actuels), c?est la défense des Blues qui impressionne : 8 petits buts concédés à ce jour.
Un modèle un peu contre-nature pour la Premier League, sachant que la philosophie du footballeur anglais a toujours été de marquer des buts avant de penser à ne pas en encaisser.
Petr Cech, nouveau recordman de la Premier League (série en cours), John Terry et leurs acolytes ont bien du mérite et sont en passe de prouver qu?une défense impériale est la base de tout grand champion. L?ancien record d?invincibilité que détenait Arsenal en 1998, soit 823 minute sans encaisser de buts, vient de sauter ce week-end contre Manchester City (0-0).
L?avenir nous dira bientôt s?il s?agit bien de la plus grande défense de l?histoire du championnat anglais. Après tout, si Arsenal a réécrit l?histoire d?un côté, en pensant à l?aspect offensif, son voisin londonien peut bien en faire de même en revenant à la base du jeu : dans la surface de réparation.
Nouvel objectif : faire mieux que Liverpool, qui n?avait encaissé que 18 buts en une saison. La chasse aux records continue de plus belle en Premier League?
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