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Débats sur la motion de Roger de Boucherville

24 septembre 2008, 00:00

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La motion de Roger de Boucherville réclamant une révision de peine a été débattue hier devant le Full Bench de la Cour suprême, composé du chef juge, Bernard Sik Yuen, et des juges Eddy Balancy et Nalini Matadeen. La démarche de l?accusé intervient à la suite d?un jugement rendu par les Law Lords le 9 juillet. Ces derniers avaient statué que la condamnation à perpétuité du détenu, infligée après qu?il a passé une dizaine d?années (du 21 février 1986 au 14 décembre 1995) dans le couloir de la mort, était anticonstitutionnelle. Le Full Bench fera connaître sa décision ultérieurement.

Ouvrant les débats, Me Rex Stephen, qui assure la défense de Roger de Boucherville, aux côtés de Me Daniel Dangeot, n?a pas contesté les 45 fautes commises par Boucherville à la prison depuis 1977. Ces fautes sont contenues dans un document remis à la cour par Me Moolna, Principal State Counsel, lundi. Y est notamment évoqué le fait que le prisonnier avait tenu des propos vulgaires à l?égard des gardiens de prison, qu?il avait refusé de se raser et de se rendre en cour ou encore qu?il avait jeté de la nourriture par terre.

Me Stephen a fait ressortir que son client est un homme âgé (de Boucherville a 78 ans) et malade et qu?il a dû subir plusieurs interventions chirurgicales. Il a insisté sur le fait que de Boucherville est resté dans le couloir de la mort pendant 9 ans et demi. Il a argué que son client a vécu dans l?anxiété pendant toutes ces années et que c?est pour cette raison que sa santé s?est détériorée. Et d?ajouter, tout en précisant que l?appelant a payé ses dettes à la société, que «mon client n?est pas violent. S?il est libéré il ne représentera pas de risque à la société».

Me Rashid Ahmine, Principal State Counsel, assisté de Me Lutchmyparsad Aujayeb, Principal State Counsel, a, pour sa part, soutenu que la libération immédiate de Roger de Boucherville n?est pas justifiée, tout autant que la révision de sa peine. E prenant en considération le fait que la condamnation du détenu a été jugée anticonstitutionnelle, il a invité les juges à lui infliger une peine de 38 à 45 ans.

Me Ahmine a, en outre, énuméré les antécédents de Roger de Boucherville. Le fait que ce dernier a commencé par des délits comme le vol, les coups et blessures et la possession de drogue dès 1946 fait, selon l?avocat, qu?il représente un risque pour la société. Il a aussi rappelé que de Boucherville a commis un crime odieux en 1994 : l?homme avait tué un nommé Sooryadeo Joodhun avant de l?enterrer dans le sable à Dilo-Pourri, la Prairie, le Morne.

Le 2 septembre 2004, Roger de Boucherville avait déposé une motion en Cour suprême, dans laquelle il fait ressortir que la condamnation à vie prononcée contre lui le 21 février 1986 aurait dû être de 20 ans à compter de cette date. Mais la Cour suprême a rejeté cette motion. Il a alors fait appel au Conseil privé.

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