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Cuba : la répression contre les opposants continue
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Cuba : la répression contre les opposants continue
La Commission cubaine pour les droits de l?homme et la réconciliation nationale, non reconnue par les autorités de La Havane, a choisi le mardi 12 août, veille de l?anniversaire de Fidel Castro, pour diffu-ser un bulletin en demi-teinte sur la situation de l?île. Le Lider Maximo, 82 ans, a passé les commandes à son frère Raul Castro, 77 ans, depuis le 31 juillet 2006.
Mais deux ans après le passage de témoin, le bilan en matière de droits de l?homme reste « très défavorable » et les chances d?amélioration sont « peu probables » à court terme, estime la commission, qui explique son pessimisme par « l?absence de volonté du gouvernement », sa prétention à détenir « la vérité absolue » et sa « tendance à l?immobilisme ».
« Indicateur crucial », le nombre de prisonniers politiques est passé de 234, en janvier, à 219 en juillet, selon le décompte fait par la commission.
Le chiffre tend à baisser, quoique de ma-nière « minime ». Ce chiffre reste un des plus élevés au monde par rapport à la population (11 millions d?habitants).
Le monopole de l?État
Les autorités ont aussi de plus en plus recours à « des arrestations arbitraires systématiques, la plupart de courte durée ». La commission a ainsi déjà dénombré 640 arrestations de dissidents depuis le début de l?année, contre 325 en 2007. À cela s?ajoutent des convocations pour interrogatoire et d?autres formes de harcèlement, comme la dispersion musclée d?un rassemblement des Da-mes en blanc, l?association des épouses et proches de prisonniers politiques, le 21 avril.
La commission considère toutefois « positive » la commutation de la peine de mort de plusieurs condamnés, mais regrette cependant l?absence de précisions concernant leur nombre et leur remplacement par des peines de prison à vie ou de trente ans de prison. La peine de mort figure toujours au code pénal, « inspiré par l?ancien code soviétique », selon la commission.
« La répression n?est pas une solution durable, surtout lorsqu?il y a autant de frustrations dans le pays et autant de jeunes qui aspirent à vivre dignement », estime, quant à elle, la journaliste indépendante Miriam Leiva, une des fondatrices des Dames en blanc. « On ne diminue pas la tension sociale en imposant comme seule issue l?exil et l?abandon de la famille », ajoute-t-elle.
À propos des droits économiques et sociaux, la Commission cubaine pour les droits de l?homme et la réconciliation nationale souligne « le monopole presque absolu de l?État dans tous les secteurs de l?économie, à l?exception de quelques îlots de propriété privée », représentés par des paysans et des travailleurs établis à leur propre compte.
Des sanctions diplomatiques
La commission déplore aussi la lenteur et les « réticences » avec lesquelles le gouvernement de La Havane envisage les réformes capables de surmonter « la situation actuelle de pauvreté intérieure et d?endettement extérieur ».
L?adhésion de Cuba à deux pactes de l?ONU sur les droits de l?homme avait été saluée par l?Union européenne (UE), qui a levé les sanctions diplomatiques contre La Havane au mois de juin. Mais au lendemain de la levée des sanctions, Fidel Castro a « consigné son mépris pour l?énorme hypocrisie que représente la décision » de l?UE, dans une de ses « réflexions » reproduites par les médias cubains.
@ 2 008 Le Monde ? Paulo A. Paranagua
? (Distribué par The New York Times Syndicate)
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