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Cow-boy obstiné

26 janvier 2007, 00:00

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Avec une cote de popularité au plus bas et une proportion de deux tiers des Américains opposés à sa “nouvelle stratégie” en Irak, George W. Bush a choisi de consacrer l’essentiel de son septième discours sur l’état de l’Union, récemment, à la politique intérieure. Il a tendu la main aux démocrates, dont il a salué la victoire aux élections de novembre, s’aventurant même sur leurs domaines de prédilection, comme l’assurance-santé ou l’environnement.

Après des années de rigidité sur le changement climatique, Bush s’est prononcé pour la fixation d’un objectif précis : une limitation de la consommation d’essence de 20 % sur dix ans grâce à l’innovation technologique et l’emploi de carburants alternatifs. Mais il ne s’est finalement pas rallié à la mise en place de quotas d’émissions de gaz à effet de serre. La proposition ne manquera pas d’être jugée insuffisante par un Congrès où plusieurs projets de loi visent déjà à prendre des mesures plus contraignantes, maintenant que le sénateur James Inhofe, qui avait qualifié le réchauffement climatique d’“escroquerie”, a cédé la présidence de la commission de l’environnement.

Sur l’Irak, les chefs de la nouvelle majorité démocrate, Nancy Pelosi et Harry Reid, ont eu beau jeu de souligner que M. Bush a “ignoré le sujet de préoccupation numéro un” des Américains. Indifférent aux sondages, M. Bush a répété sa conviction que les Etats-Unis ne peuvent pas se permettre d’échouer, d’où sa décision d’envoyer 21 500 soldats supplémentaires pour aider le gouvernement irakien à gagner la bataille de Bagdad.

Sans appeler à un retrait immédiat, comme le font désormais 46 % des Américains – ce qui représente une hausse spectaculaire depuis les élections de novembre –, les démocrates plaident pour un durcissement à l’égard du gouvernement irakien, accusé de tolérer un “nettoyage ethnique” en faveur des chiites. Hillary Clinton a même proposé de cesser de payer pour assurer la sécurité des responsables irakiens afin de les mettre au pied du mur. Les démocrates sont soumis à la pression d’une base antiguerre, qui prévoit de manifester demain à Washington pour leur rappeler le “message de changement” du 7 novembre.

Les démocrates savent qu’ils ne peuvent pas “défaire la guerre” sans le soutien d’un certain nombre de républicains, sauf à hypothéquer leurs chances d’apparaître responsables avant les élections de 2008. À la veille du discours de M. Bush, ils ont reçu le renfort du sénateur John Warner, ancien secrétaire à la marine pendant la guerre du Vietnam, qui s’oppose à l’envoi du renfort de 21 500 soldats, au nom du passé. Bush a ( en vain) demandé à ses amis de lui accorder une dernière chance. Il croit possible d’empêcher le “scénario de cauchemar” qu’il a lui-même évoqué. Il est bien le seul.

<B>© Le Monde 2007</B> Distribué par The New York Times Syndicate</I>

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