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Contrecarrer l?agressivité, la violence et l?indiscipline chez les ados
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Contrecarrer l?agressivité, la violence et l?indiscipline chez les ados
La psychologie définit l?agressivité comme un trouble du comportement résultant d?une frustration ou d?une colère que l?on ne peut réprimer. « Contrairement aux animaux chez lesquels il existe un mécanisme qui leur permettent d?accepter la soumission en cas de conflit, l?homme arrive difficilement à contrôler ses émotions telles que la colère, la jalousie, la frustration ou la rage », explique le Dr Mahendranath Motah, psychologue. Il existe, dit-il, deux types d?agressivité chez l?enfant. Le premier, « instrumental » où l?enfant hurle, frappe, bouscule, veut un objet, un privilège et le second « hostile » où il vise à faire du mal, à blesser. Celui-ci se manifeste généralement par des coups et blessures ou encore par le rejet de l?autre.
Un moyen de se faire remarquer
Selon le psychologue, la majorité des cas d?agression instrumentale disparaîtau fur et à mesure que l?enfant grandit contrairement à l?agression hostile qui tend à prendre de l?ampleur avec l?âge.
« L?absence d?un modèle sous la forme d?un parent ou d?un professeur peut expliquer quelques cas mais il est un fait que chez certains enfants l?agressivité est un moyen pour eux de se faire remarquer. Cependant à travers le dialogue, des leçons de morale, on peut arriver à faire comprendre à l?enfant qu?il existe de nombreux autres moyens de le faire sans blesser l?autre. La situation à Maurice devient inquiétante quand certaines institutions censées être garantes de la transmission des valeurs humaines se retrouvent dépassées par les événements», s?inquiète-il. « De toutes les façons dans une société où ce sont surtout ceux qui transgressent les lois qui deviennent des vedettes, il y a de quoi s?inquiéter », poursuit le psychologue.
Les cas de violences physiques et verbales impliquant des jeunes adolescents sont légion à Maurice et sont plus fréquentes après les heures de classe quand les jeunes se regroupent en véritables bandes organisées pour taquiner, provoquer, se venger ou tout simplement pour montrer leur force. Selon Mahen Motah, tous les cas ne sont pas rapportés à la police et ce que l?on voit actuellement n?est que le sommet de l?iceberg. Souvent, dit-il, cette agression est retournée contre les parents et particulièrement vers la mère parce qu?elle représente l?affection, l?amour, les valeurs, celle qui gronde. Ce qui fait d?elle une cible facile et souvent consentante. « L?ironie, c?est que l?on évoque trop souvent la démission des parents. Je veux bien que l?on parle de droits des enfants mais quid de leurs devoirs. Il est trop facile de dire que l?agressivité est liée aux crises de l?adolescence mais sait-on combien de jeunes traversent cette période plus ou moins sans heurts. Nous sommes tous passés par là mais ce n?est pas pour autant que tous les citoyens mauriciens sont des violents », assure-t-il tout en appelant les parents à jouer pleinement leur rôle sur le plan affectif et relationnel car dit-il, des recherches ont démontré que des enfants victimes de carences affectives durant les premières années de leur vie ont plus de chances de développer des troubles relationnels et éprouvent plus de difficultés à se contrôler. « Il existe de nombreuses méthodes pour contrecarrer l?agressivité chez les enfants et les adolescents comme par exemple l?isoler quelques temps pour lui permettre de méditer sur son acte ou encore le priver de ce qu?il aime le plus. Mais je laisse les parents seuls juges pour trouver la meilleure solution car tous les enfants ne réagissent pas de la même manière. À la maison, il faut surtout privilégier la pensée positive et essayer autant que possible de garder les enfants loin des images qui évoquent la violence et ne pas hésiter à condamner ces actes en leur présence », conseille-t-il. Comme solution, Mahen Motah préconise également les thérapies de groupe où les enfants et les adolescents peuvent se voir, se parler, échanger leurs angoisses, leurs frustrations et découvrir qu?ils ne sont pas les seuls à se retrouver dans cette situation et que des solutions pour s?en sortir existent bel et bien. Parents, éducateurs, professeurs, la balle est dans votre camp.
<I>Les cas de violences physiques et verbales impliquant des ados sont fréquentes après les heures de classe.</I>
<B>Que dit la loi à propos de la délinquance juvénile ?</B>
Il est important de faire la distinction entre délinquance juvénile et criminalité. Cette dernière implique des délits jugés dangereux pour la société et qui méritent des sanctions. Or, quand certains délits sont commis par des adolescents de moins de quatorze ans, la justice cherche d?abord à déterminer si le jeune est conscient ou pas de son acte. S?il est prouvé qu?il a agi sans discernement, il sera acquitté, remis à ses parents ou conduit dans une maison de correction pour y être élevé et détenu pendant un certain nombre d?années qui sera déterminé par le juge. Cette détention ne doit pas durer au-delà de l?âge de maturité de l?adolescent. Si, le cas échéant, la cour estime que le jeune accusé est pleinement responsable de son acte, il sera condamné à l?emprisonnement dans une maison de correction pour une période décidée par le juge.
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