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Compensation : Entre promesse électorale et réalité

16 novembre 2004, 00:00

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La demande de compensation financière aux descendants d?esclaves qui a donné lieu à la démission du ministre Sylvio Michel tire sa racine d?un accord passé en 1998-99 entre les Verts-Fraternels et Sir Anerood Jugnauth, leader du MSM. Il accepte alors une proposition de compensation éventuelle. Quand il entraîne les Verts dans une alliance avec le MMM, la demande est officialisée.

À la page 70 du programme gouvernemental MSM-MMM on lit : ?Souscrire à toute action internationale visant au paiement d?une compensation aux descendants des esclaves.? Or, aucune action internationale n?est allée vers une compensation financière aux descendants d?esclaves.

Le professeur Edward Alpers du département d?histoire de l?Université de Californie de Los Angeles, spécialiste de la question africaine et de l?esclavage en Afrique de l?Est et dans l?océan Indien, a affirmé que compenser les descendants d?esclaves devrait prendre la forme d?investissements dans les services sociaux. Répondre à la demande légitime des descendants pour retrouver leurs origines peut aider.

Le mouvement en faveur de la réparation des crimes commis pendant l?esclavage a été initié aux Etats-Unis par des intellectuels, avec une dimension psychologique avant tout.

Il a pris au fur et à mesure d?autres dimensions ; il est devenu un sujet, un projet politique. Plusieurs universités ont été créées pour les descendants d?esclaves. Mais il n?a pas été question de compensation financière. Aucun pays n?a eu recours à un tel dédommagement. Trois questions restent posées : qui paiera ? Les descendants de ceux qui ont bénéficié de l?exploitation des esclaves, et si oui, comment les identifier ? Auront-ils les moyens ? Si le dédommagement incombe à l?Etat, c?est-à-dire la population, pour quelle raison devrait-il payer ?

Les Verts s?appuient sur la politique des gouvernements australien, néo-zélandais, canadien, brésilien et sud-africain pour justifier la compensation. Or, aucun de ces gouvernements n?a compensé financièrement des descendants d?esclaves et seule une décision du gouvernement brésilien est liée à un tel groupe dans un cas particulier. Le gouvernement brésilien a reconnu le droit collectif à la propriété à un groupe de descendants d?esclaves. L?Afrique du Sud a restitué 50 000 hectares de terres à 500 familles de métisses expulsées de leur terre au Cap Nord sous l?apartheid.

Quant aux gouvernements canadien, australien et néo-zélandais, ils accordent des droits particuliers sur des terres à des Inuits, aborigènes et maoris, qui sont considérées comme ayant appartenu aux ancêtres de ces peuples indigènes. Ils n?ont, dans la plupart des cas, pas été des esclaves.

Les Verts n?en démordent pas. Depuis plus de deux ans, Sylvio et Elie Michel, Jean Claude Armance et Alain Laridon animent des réunions pour convaincre leurs partisans qu?une compensation financière leur est due. Ces derniers ont payé Rs 400 000 au cabinet d?avocats britannique Bindman and Partners, pour avoir un avis légal sur la possibilité et la forme que devrait prendre une éventuelle compensation aux descendants d?esclaves. Ce cabinet a remis un rapport à Sylvio Michel, qui ne l?a pas rendu public. Selon les Verts, le secteur privé, plus particulièrement l?industrie sucrière devrait faire les frais de cette compensation.

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