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Clients et actionnaires de l?IOIB veulent que « la vérité éclate... »

2 août 2003, 20:00

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Le flou persiste autour de l?affaire IOIB. C?est l?une de ces enquêtes commencées en grande pompe, en avril, par l?Icac et dont on n?entend plus parler ensuite. Cette longue attente a poussé des actionnaires et des clients de l?IOIB à unir leurs voix pour réclamer plus fort que la justice suive son cours.

C?est ainsi donc que Ganess Thirakaluthy, ancien président du board de l?IOIB, et Rajen Dhunputh, celui-là même qui a révélé l?existence des comptes fictifs à la banque, lanceront prochainement une association « de tous ceux qui veulent que l?IOIB redevienne respectable ». Les deux hommes, qui ont donné des preuves de plusieurs irrégularités aux enquêteurs de la commission anti-corruption, affirment qu?ils ont été approchés par plusieurs actionnaires (petits et gros) et des clients afin de se constituer en un groupe de pression pour veiller à la sauvegarde de leurs intérêts.

Campagne pour la vérité

Le groupe a déjà commencé à mener campagne pour que la vérité éclate. Dans une lettre adressée le 15 juillet au gouverneur de la Banque de Maurice, il s?enquiert des mesures que compte prendre le régulateur quant aux irrégularités contenues dans un « damning report » de la banque centrale datant de mai 2002. « Some shareholders have been begging you since June 2002 to take action to redress the bank and stop its indirect manipulation by the ex-MD, Mr Sam Cunden, through the board of directors elected », fait ressortir la lettre, envoyée également à l?Icac et au Registrar of Companies.

Selon Ganess Thirakaluthy, la question fondamentale qui touche à la bonne gouvernance de l?IOIB n?a pas été tranchée : l?élection en juin 2002 du nouveau board de l?IOIB est contestée puisqu?elle ne respecte pas le Banking Act. Dans ce cas également, la demande adressée au Registrar pour trancher la question n?a pas abouti. Dans une correspondance datant du

29 mai 2003, les actionnaires apprennent que ce dossier également a été transmis à la banque centrale et que « a further communication will be addressed to you in due course ». Mais jusqu?ici rien?

« La vérité ne tardera pas à éclater », déclarait, avec confiance, Rajen Dhunputh à l?express-dimanche, à la mi-avril 2003, à la sortie de ses longues dépositions à l?Icac. « J?ai fourni de nombreux détails avec des preuves à l?appui. Mais jusqu?ici, il me semble que pour l?Icac, il n?y a que l?affaire MCB-NPF qui existe. Je réclame plus de diligence puisque je n?ai toujours pas été remboursé. À ce jour, avec les intérêts, l?IOIB me doit dans les Rs 20 millions. Ce qui me cause d?énormes préjudices? », explique Rajen Dhunputh. Pour rappel, ce planteur habitant Surinam avait contracté en 1991 un emprunt de Rs 9 millions de l?IOIB. « Sur cette somme, j?avais remis Rs 2 millions à l?ex-MD Sam Cunden qui m?avait promis de me les rendre avec les intérêts quand j?aurai soldé ma dette. Ce qui a été fait en 2002. Mais jusqu?ici, je n?ai pas été remboursé », relate-t-il dans sa déposition à l?Icac.

C?est au cours des discussions avec l?ex-MD (qui affirme aujourd?hui souffrir de troubles mentaux) qu?il a appris l?existence de comptes fictifs à l?IOIB et qu?il a décidé de tout déballer à l?Icac.

De la patience

Dans leur lettre au gouverneur de la banque centrale, le groupe d?actionnaires et de clients de l?IOIB exprime ses craintes quant à d?autres irrégularités qui pourraient être en cours à l?IOIB : « There may be other serious anomalies and malpractices at IOIB, which are still undetected, and therefore other in-depth investigations need to be carried out at IOIB. »

La nouvelle direction dit, elle, accueillir avec sérénité toute investigation quelle qu?elle soit. « C?est nous qui avons pris les devants au départ pour mettre de l?ordre dans les irrégularités du passé. On a mis en place tous les principes liés à la bonne gouvernance. Si ceux qui prétendent vouloir mettre de l?ordre ont de bonnes intentions, alors nous disons tant mieux », déclare un membre du board de l?IOIB.

Il ajoute qu?avec l?arrivée du nouveau CEO, Raja Gopalen, « la banque s?est embarquée dans un développement que certains jalousent ».

Le commissaire de l?Icac, Navin Beekharry, réclame de la patience :

« Le fait qu?on n?entende pas parler d?une enquête ne veut pas dire qu?elle piétine », a-t-il déclaré à l?express. Mais le groupe d?actionnaires et de clients de l?IOIB s?impatiente.

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