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Bush veut contrer l?antiaméricanisme

11 mars 2007, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Délaissé après le 11 septembre 2001, le continent latino-américain est en train de reprendre de l?importance dans la politique étrangère américaine. Le président George Bush est en Amérique latine jusqu?au 14 mars, pour un voyage qui entend mettre l?accent sur la lutte contre les inégalités, ce que certains appellent déjà une « tournée anti-Chavez ».

Avant de partir, le président américain a exposé la nouvelle orientation qu?entend prendre sa politique, axée depuis la présidence de son père et celle de Bill Clinton sur le seul message de la libéralisation commerciale, porteuse de prospérité. « En dépit des avancées, des dizaines de millions de personnes, dans notre hémisphère, restent immobilisées dans une situation de pauvreté », a-t-il constaté. Uti-lisant l?espagnol, qu?il a pratiqué comme gouverneur du Texas, M. Bush s?est adressé aux trabajadores (travailleurs) et aux campesinos (paysans) d?Amérique latine : « Les États-Unis sont vos amis. Nous nous soucions de vos difficultés. »

Il a dénoncé les « fausses promesses » des populistes de gauche qui font vibrer l?antiaméricanisme sur le continent.

M. Bush a annoncé un ensemble de mesures susceptibles de rivaliser avec l?assistance offerte aux pays de la région par le Venezuela et, sur le plan médical, par Cuba, qui forme des milliers de médecins originaires de toute la région.

Un centre de formation aux professions de santé sera donc construit par les États-Unis au Panama. Un navire militaire médical américain, le Comfort, fera escale, à partir de juin, à Belize, au Guatemala, au Panama, au Nicaragua, au Salvador, au Pérou, en Équateur, en Colombie, à Haïti, à Trinidad et Tobago, en Guyane et au Surinam, pour soigner les pauvres et pratiquer des interventions chirurgicales.

Le président américain a aussi annon-cé le déblocage de 75 millions de dollars pour offrir des bourses d?études aux jeu-nes défavorisés qui voudraient appren-dre l?anglais. Selon les chiffres officiels, l?assistance américaine a doublé depuis que M. Bush est président pour atteindre 1,6 milliard de dollars par an.

Ne pas laisser le champ libre au Venezuela

Mais les critiques font remarquer que l?essentiel de cette aide est consacré à la lutte contre les narcotrafiquants en Colombie. Concluant son discours, M. Bush a cité Simon Bolivar, le héros de l?indépendance revendiqué par M. Cha-vez, qu?il a comparé à George Washing-ton, rebaptisé Jorge, sous les rires.

La réflexion américaine a été alimentée par plusieurs constats : l?importance de ne pas laisser au Venezuela le champ libre pour étendre son influence, et la démographie, qui fait désormais des États-Unis le troisième pays hispanophone de la région. Pour Thomas Shannon, le responsable de l?Amérique latine au département d?État, il est urgent de retourner aux sources qui firent du siège de l?Organisation des États américains (OEA) l?un des bâtiments les mieux situés de Washington.

Après une année 2006 remplie d?élections en Amérique latine, Washington entend faire de 2007 une « année de contacts ». Face à des sociétés où le problème dominant est la répartition des richesses, le discours américain entend désormais se focaliser sur le développement.

« Il ne s?agit pas d?idéologie. Nous devons montrer que les démocraties peuvent produire des résultats en ce sens, dit M. Shannon. Quand nous parlons de commerce, nous parlons de développement et de lutte contre la pauvreté. »

@ 2 007 Le Monde ? Corine Lesnes (Distribué par The New York Times Syndicate)

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