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Blocs américains : Révolution dans la construction

20 janvier 2005, 00:00

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C’est confirmé. La compagnie PAD & Co, située à Riche-Terre pourra commercialiser les blocs américains dans le courant du deuxième trimestre prochain, rassurée quant à l’avenir de ce matériau.

C’est ce qu’a affirmé au Porte-monnaie un responsable de cette compagnie. C’est vers fin mai – début juin qu’est prévue le lancement de ce matériau qui se signale par l’économie importante qu’il permet de réaliser lors d’une construction.

Lancés en juillet 2003, les blocs américains butaient au manque d’intérêt des fabricants de se lancer dans leur fabrication.

Si aux Etats-Unis il existe environ un millier de modèles pour répondre aux choix architecturaux les plus variés, le marché local disposera de cinq ou six modèles seulement. C’est un produit qui offre des possibilités immenses, précise un porte-parole du Mauritius Standards Bureau (MSB), où des essais ont été réalisés pour vérifier sa composition et sa résistance. Tout a été étudié afin de permettre l’utilisation de moins de matériaux possibles. Ces blocs seront disponibles en deux coloris, le noir et le gris, qui sont celles de la roche. Mais ils pourront être déclinés en d’autres coloris.

Un facteur qui faisait obstacle à la vulgarisation du bloc était le manque de maçons capables de le manipuler et de l’utiliser. Différents des blocs traditionnels, les blocs américains requièrent de nouvelles méthodes de construction. Ils possèdent une géométrie spéciale permettant de les utiliser sans avoir à construire préalablement des structures lourdes. Plus besoin de colonnes ou de poutres horizontales (beams). PAD & Co a pallié à cette lacune.

Une cinquantaine de maçons ont été formés par la compagnie. “Ce n’est pas une formation compliquée”, assure Steeve Young. “En une demi-journée, les maçons avaient assimilé les techniques pour se servir de ces blocs.” Ils sont conçus de manière à s’emboîter les uns dans les autres, comme dans un puzzle.

Le particulier qui voudra construire avec ces blocs ne devrait pas se soucier de la quantité requise des différents types. Comme à la Réunion, le fabricant mettra à sa disposition un Quantity Surveyor. Celui-ci déterminera le besoin du commanditaire conformément aux plans de construction.

La commercialisation du bloc devra entraîner de nouvelles habitudes chez les transporteurs. Ce matériau ne se transporte ni ne se livre comme les blocs traditionnels. A l’île soeur, les blocs sont livrés sur des palettes afin de limiter le plus la manipulation par les aides-chauffeurs. Il est difficile, toutefois, d’imaginer de telles manoeuvres à Maurice. Car si le fabricant peut disposer de grues appropriées pour l’embarquement, on doute que le transporteur se munisse de tels équipements pour la livraison.

<B>Principal attrait : La résistance</B>

Il faut rappeler que l’initiative de mieux faire connaître les blocs américains revient au Mauritius Research Council (MRC), qui avait démontré que l’utilisation de ce bloc permet de faire d’importantes économies, soit 30 % sur les coûts de matériaux et 75 % sur le temps de construction.

Le principal attrait de ce bloc, comme le soulignent des architectes qui en avaient fait l’expérience au Canada, se situe au niveau de sa résistance. Fabriqué de façon compacte, le bloc peut soutenir le toit, d’où l’absence de colonnes traditionnelles. Il permet aussi la construction en hauteur, toujours sans colonnes. Enfin, il ne nécessite pas de crépissage, d’où les économies sur les matériaux (ciment, rocksand) et sur la main-d’œuvre.

La dalle, d’une épaisseur de cinq centimètres environ, est soutenue par des blocs appropriés placés sur des poutrelles préfabriquées. Une rangée d’un autre type de bloc permet de marier la dalle aux murs.

En vue de mieux sensibiliser la population aux avantages du bloc américain, le MRC avait fait construire, à Richelieu, trois prototypes de maisons destinées à des familles à revenus moyens.Ces prototypes ont démontré la possibilité d’extension et de construction en hauteur.

Pour mener à bien cet exercice, le MRC avait fait appel à l’expertise réunionnaise. Les promoteurs du projet s’étaient inspirés de la Réunion où ce matériel est fréquemment utilisé. Le climat, similaire au nôtre, est un des arguments qui plaident en faveur du bloc américain.

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