Publicité

Bahreïn : le gouvernement choisit la force face aux manifestants

16 février 2011, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

La police de Bahreïn a démantelé par la force dans la nuit de mercredi à jeudi un campement de manifestants réclamant des changements politiques dans le royaume, au cours d''''une intervention qui a fait trois morts, selon des témoins et l''opposition.

Une grande avenue de la capitale était partiellement fermée ce jeudi matin. Une cinquantaine de véhicules blindés ont été aperçus roulant en direction de la place de la Perle et une dizaine de chars, des véhicules militaires et des ambulances de l''armée ont été vus dans le centre de Manama. Alors que des hélicoptères survolaient la ville et des dépanneuses débarrassaient la place de la Perle, où flottait encore l''odeur du gaz lacrymogène, des véhicules abandonnés par les manifestants. La place était pratiquement vide, jonchée de tentes et de couvertures abandonnées.

Des milliers de Bahreïnis, essentiellement issus de la majorité chiite, ont manifesté depuis lundi pour exiger des réformes politiques et sociales dans ce royaume dirigé par une famille sunnite. Des centaines d''entre eux avaient entrepris de camper sur la place de la Perle en espérant la transformer en point de ralliement de la contestation à l''image de ce que les Egyptiens ont fait sur la place Tahrir du Caire jusqu''à la chute d''Hosni Moubarak.

Trois  ont été tués lors de l’intervention de la police dans la nuit de mercredi à jeudi,  selon l’opposition officielle, le Wefaq (deux autres manifestants avaient été tués par la police lundi et mardi). A noter que le Wefaq suspendu ses activités parlementaires, et a réclamé mercredi l''adoption d''une nouvelle Constitution plus démocratique. Ce parti a toutefois assuré qu’il ne voulait  pas instaurer un Etat religieux, mais  une démocratie civile (...),  a déclaré son secrétaire général, le cheikh Ali Salman, lors d''une conférence de presse.

La principale revendication des manifestants est la démission du Premier ministre, le cheikh Khalifa ben Salman al Khalifa, qui gouverne le pays depuis son indépendance en 1971. Oncle du roi Hamad ben Issa al Khalifa, il est perçu comme le symbole de la richesse de la famille régnante. Les manifestants dénoncent aussi la pauvreté et le chômage. Ils s''inquiètent en outre des avantages accordés à des sunnites étrangers venant s''installer dans le petit royaume (citoyenneté, emplois dans les forces de sécurité, logements) qui tendent à en modifier l''équilibre démographique.

(Source: Reuters)

 

Publicité