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Bahim Taher, la mer de père en fils

11 février 2007, 00:00

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Fin octobre 2006, Bahim Khan Taher s?envole pour Genève, en Suisse, pour participer au concours de l?Étoile internationale de la qualité. Il en revient avec un prix : sa compagnie Hassen Taher Seafoods (Mtius) Ltd est l?une des deux compagnies à avoir obtenu un prix dans la catégorie platine, en deuxième place après la catégorie diamant pour les fruits de mer. Aux yeux du jury, elle a réussi à répondre aux critères de satisfaction de la clientèle, de leadership, d?innovation et de prestige aux normes internationales. Des 400 pays participants, cette compagnie mauricienne a réussi à briller sur le plan international.

Rendez-vous est donc pris pour rencontrer ce directeur général au sein de sa compagnie. Et le voilà accueillant, sourire aux lèvres. Avec lui, pas de formalités. Habillé de manière décontractée, il est facile à aborder. Et au final, nous ne sommes pas déçus. Il met son interlocuteur à l?aise, cette décontraction est peut-être due à son jeune âge. Et oui ! À seulement 32 ans, il mène de main de maître cette compagnie de distribution et d?importation de fruits de mer. Il y a apporté des innovations et n?est pas prêt de s?arrêter en si bon chemin.

Pas étonnant qu?il connaisse les rouages du monde des affaires sur le bout des doigts puisqu?il y trempe depuis sa naissance. Comme chez les Taher le commerce est une affaire de famille, le jeune Bahim n?est pas épargné. Il a à peine 17 ans quand il se lance ! Il fait ses valises et direction la Grande péninsule pour voir les produits qui peuvent être importés. À ce jour, la compagnie représente une quinzaine de pays et une vingtaine de compagnies de fruits de mer à Maurice. Les produits sont plus diversifiés. Langoustes, langoustines, crevettes, homards, calamars, poissons? ils arrivent à satisfaire tous les goûts.

Lorsqu?on lui demande de parler de lui, il revient automatiquement à sa famille, aux générations précédentes. Sa reconnaissance, son admiration pour eux, est pres-que palpable. « Cela fait plus de 100 ans que cette compagnie existe. C?est mon arrière-grand-père et mon grand-père qui ont bâti cette affaire. »

L?histoire familiale est omniprésente

À voir l?ampleur qu?a prise la compagnie aujourd?hui et la diversité des produits, il est difficile d?imaginer qu?au début, ces deux hommes partaient de Rose-Hill jusqu?à Rivière-Noire à bicyclette pour vendre des pains fourrés. Avec l?argent gagné, ils achetaient les fruits de mer des pêcheurs pour les revendre au marché de Rose-Hill. Une routine quotidienne, éprouvante, qu?ils ont su faire fructifier. « Néanmoins, le pivot de cette affaire est mon grand-père, Aboo Bakar Khan Taher. C?est lui qui a su y apporter un nouveau souffle pour qu?elle grandisse. Au fil du progrès, les bicyclettes se sont transformées en moto, puis en voitures. Ils ont commencé à acheter des pirogues que les pêcheurs utilisaient.

Mon grand-père pouvait ainsi leur acheter du poisson à un prix préférentiel. » Après une quinzaine d?années, ce sont 75 pirogues qu?ils ont achetées et sur chacune d?entre elles, il y avait au moins quatre prêcheurs qui travaillaient. Et ils ne sont encore qu?au tout début !

À chaque détour de la conversation, l?histoire familiale est omniprésente. Ce que Bahim Taher est devenu aujourd?hui, c?est grâce à ses aïeux qui lui ont légué non seulement cette affaire, mais aussi des leçons de vie. L?effort, savoir aller vers le client, le traiter avec respect, savoir le satisfaire sont des outils indispensables qui ont été passés de père en fils. L?histoire familiale va de pair avec l?histoire de l?entreprise. À chaque génération, c?est une nouveauté qui se dessine. Les hôtels sont déjà une partie importante de leur clientèle, mais la demande croissante ne peut être satisfaite par ce qu?ils arrivent à récolter localement. Le père de Bahim, Hassen Taher, inaugure l?importation de fruits de mer pour la consommation locale.

Hassen Taher Seafoods (Mtius) Ltd compte aujourd?hui une flotte d?une quinzaine de véhicules réfrigérés, une dizaine de bateaux de pêche qui sont sous la responsabilité de Feroz Taher, le frère de Bahim, et un nouveau bâtiment de huit étages qui sera bientôt opérationnel et qui leur permettra d?augmenter leur capacité de stockage de 5 000 tonnes. La compagnie de fruits de mer a, sans aucun doute, encore un bel avenir devant elle.

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