Publicité

Au moins 25 morts à Abidjan

26 mars 2004, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Au moins 25 personnes sont mortes jeudi à Abidjan lors d'affrontements entre forces de l'ordre, partisans et opposants du président Laurent Gbagbo. Ces violences survenues à la suite de l'organisation d'une manifestation interdite par les autorités ont poussé les ex-rebelles de Côte d'Ivoire et deux partis d'opposition à suspendre leur participation au gouvernement de réconciliation. Il s'agit des pires violences à Abidjan depuis une tentative de coup d'Etat en septembre 2002 suivie de la prise du nord du pays par les rebelles, qui le contrôlent toujours.

La fin du conflit a été officiellement déclarée en juillet mais la lente mise en oeuvre des accords de paix alimente toujours les tensions en Côte d'Ivoire, premier producteur mondial de cacao. Les troubles ont commencé lorsque les partisans de l'opposition ont commencé à se rassembler dans divers quartiers de la capitale économique ivoirienne pour ensuite marcher en direction du centre où une importante manifestation contre Gbagbo devait être organisée.

Selon la radio publique, qui a rapporté le bilan de 25 morts avancé par la police, les incidents les plus violents se sont produits dans les quartiers de Koumassi et d'Abobo. Les dirigeants de l'opposition affirment pour leur part que près d'une quarantaine de personnes ont été tuées, la plupart par les tirs des forces de sécurité contre les foules de manifestants.

La Croix-Rouge a dit avoir transporté 45 blessés vers les hôpitaux. A Abobo, quartier pauvre du nord d'Abidjan considéré comme un bastion rebelle, 12 personnes ont été tuées à coups de machettes lorsque des militants anti-Gbagbo s'en sont pris aux civils se tenant aux côtés des forces de sécurité, a affirmé la police. Dans ce même quartier, deux policiers ont également été attaqués à la machette et tués par balles et trois autres blessés, a dit un porte-parole de l'armée.

En fin d'après-midi, les rues d'Abobo étaient désertes et seule la police patrouillait. Des hélicoptères de combat vrombissaient dans le ciel tandis que le crépitement des fusillades était perceptible en provenance de quartiers voisins. A la suite des affrontements, le président français Jacques Chirac en a appelé jeudi soir «au sens des responsabilités» des dirigeants politiques ivoiriens qu'il a invités à «reprendre la voie du dialogue et de la réconciliation». Jacques Chirac a estimé que seul l'accord de Marcoussis signé en janvier entre les différentes parties ivoiriennes permettrait de «ramener à la fois le calme et la confiance».

Publicité