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Armes inégales

7 février 2007, 00:00

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<B>Par Akilesh ROOPUN</B>

La première rencontre sous l’égide du “Trade and Investment Framework Agreement” (TIFA) entre Maurice et les États-Unis identifie les premières pistes d’échanges commerciaux et d’investissement. Maurice y voit une aubaine à un moment où le pays est en quête d’investissements directs extérieurs (IDE), de fonds d’aide au développement et de nouvelles sources de business pour restructurer son économie.

Maurice veut promouvoir les nouvelles industries comme le “seafood hub”, la “land-based oceanic industry”, les technologies de l’information et le “knowledge hub” auprès des investisseurs américains. Les technologies et l’expertise américaines dans ces domaines peuvent faire toute la différence.

Le commerce des services devrait aussi ouvrir de nouveaux horizons aux entreprises mauriciennes. Maurice cherche à se placer sur la carte mondiale du “business process outsourcing” (BPO). Sur ce registre, le marché américain de l’externalisation est un des plus lucratifs. Les entreprises américaines sous-traitent beaucoup de leurs opérations de “front” et de “back-office” aux prestataires spécialisés en Inde, au Mexique et aux Philippines, parmi d’autres.

Il y a des niches à prendre, même si ces pays monopolisent le gros du business. Les discussions sous le TIFA évoquent la nécessité pour plus de visibilité de Maurice comme fournisseurs de services de sous-traitance, entre autres, auprès des sociétés américaines.

Au niveau du commerce de biens, l’on s’attend que le TIFA soit complémentaire à l’“Africa Growth and Opportunity Act” (Agoa) qui, lui, couvre le commerce des États-Unis avec l’ensemble de l’Afrique subsaharienne. Il y a un Agoa au-delà du textile-habillement. Le nouvel accord entre nos deux pays pourra mettre en lumière les produits manufacturiers autres que les vêtements. Les exportations de “seafood” vers le marché américain, par exemple, sont en forte croissance. Les autorités mauriciennes souhaitent qu’elles ouvrent la voie à d’autres secteurs tels la bijouterie, l’agro-industrie et l’ameublement.

Mais il faut se dire que la petite île Maurice à revenus intermédiaires ne joue pas à armes égales avec la plus grande puissance économique de la planète. Dans la logique des choses, le volet commercial du TIFA devra évoluer vers la création d’une zone d’échanges préférentiels (ZEP) ou même une zone de libre-échange (ZLE). La prudence doit être de mise lors des négociations.

La suspension des négociations à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) a provoqué une prolifération des accords commerciaux bilatéraux et régionaux. Très souvent les pays en développement sont obligés d’accepter des conditions de commerce très contraignantes en échange d’un accès dans les pays industrialisés. Des règles d’origines très restrictives ou encore des barrières non tarifaires qui se cachent derrières les non-dits viennent fausser les règles du jeu.

Des nations riches et même des grands pays émergents sont en train de profiter du gel à Genève pour dicter leurs lois aux États moins fortunés. Seul un système multilatéral avec des règles agrée par tout le monde pourra empêcher ces abus. Les ZEP ou ZLE ne doivent en aucun cas se substituer à une reprise des négociations à l’OMC.

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