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Ariel Sharon a désormais les mains libres pour Gaza
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Ariel Sharon a désormais les mains libres pour Gaza
Ariel Sharon ne sera finalement pas poursuivi par la justice pour faits de corruption, ce qui donne les mains libres au Premier ministre israélien pour mettre en oeuvre son projet de retrait unilatéral de la bande de Gaza.
Le conseiller juridique du gouvernement, Menachem Mazuz, a confirmé mardi avoir annoncé à l?intéressé qu?il ne serait pas inculpé faute de preuves suffisantes.
Merci, a répondu, selon la chaîne de télévision Channel 10, l?intéressé, qui n?a fait pour sa part aucun commentaire en public.
Cette affaire de commissions illégales datant de la fin des années 1990 implique le fils du Premier ministre, Gilad Sharon, ainsi qu?un promoteur immobilier israélien, David Appel, désireux de créer une station balnéaire dans une île grecque de la mer Egée.
Son épilogue heureux pour Ariel Sharon, qui jouait là son avenir politique, devrait lui permettre de surmonter l?opposition de l?aide droite de sa coalition à son plan de retrait, quitte le cas échéant à forger une alliance avec la gauche pour appliquer le projet.
La procureure générale de l?Etat hébreu, Edna Arbel, avait pourtant officiellement recommandé des poursuites judiciaires contre le Premier ministre, mais le conseiller juridique du gouvernement avait dans ce dossier le dernier mot.
?Les preuves dans cette affaire ne nous permettent pas d?avoir une chance raisonnable de déboucher sur une inculpation, ou même de s?en approcher?, a cependant expliqué Mazuz lors d?une conférence de presse retransmise à la télévision.
Il a tenu à préciser avoir traité du cas Sharon comme de n?importe quelle autre affaire pénale. Pendant deux ans, la police a mis sur écoute les deux lignes téléphoniques de David Appel et espionné des milliers de conversations. ?Ces écoutes n?ont produit aucune preuve, directe ou indirecte, permettant de corroborer le soupçon de corruption chez Ariel Sharon. Cette absence de preuves est (...) assourdissante?, a affirmé Mazuz.
Une inculpation aurait probablement contraint Sharon, surnommé le Bulldozer, à quitter ses fonctions et mis en péril son plan de retrait de la bande de Gaza, fortement contesté au sein de sa coalition.
Projet de transfert de colons
L?affaire de corruption dans laquelle le nom de Sharon est évoqué porte sur des pots-de-vin que David Appel aurait versé à Gilad Sharon pour persuader son père - à l?époque chef de la diplomatie israélienne ? de faciliter des contrats immobiliers, dont l?un concernait un complexe balnéaire sur une île grecque et qui n?est finalement jamais sortie de terre.
Ariel Sharon, qui a eu le plus grand mal à faire adopter son plan d?évacuation de Gaza par son gouvernement le 6 juin au prix de défections au sein de sa coalition hétéroclite, a toujours nié avoir enfreint la loi dans cette affaire.
Ces défections ont érodé la majorité du Premier ministre à la Knesset, et nombre de colons juifs ont juré de résister jusqu?au bout avec le soutien d?une partie du Likoud d?Ariel Sharon et de ses alliés nationalistes.
Ils entendent ainsi torpiller la tentative prêtée à Ariel Sharon dans l?été pour reconquérir une majorité de gouvernement avec le concours des travaillistes, aujourd?hui dans l?opposition. Le Parti travailliste est favorable au retrait de Gaza mais il avait exclu d?ouvrir des pourparlers en vue d?une coalition tant que Mazuz ne se serait pas prononcé dans l?affaire de l?île grecque.
Mais certains au sein du Parti travailliste sont hostiles à toute alliance en reprochant sa timidité au plan Sharon, qui concerne toutes les colonies de la bande de Gaza plus quatre colonies de Cisjordanie, le tout échelonné d?ici la fin 2005. Un haut responsable du groupe parlementaire travailliste ainsi qu?un de ses alliés de gauche ont menacé de saisir la Haute cour au cas où Mazuz exonèrerait le chef du gouvernement.
Chacune des quatre étapes du processus d?évacuation, qui concernera les 7.500 colons de Gaza, nécessitera un vote particulier du conseil des ministres. Parallèlement, Sharon entend consolider l?emprise d?Israeël sur la rive occidentale du Jourdain où vivent plus de 230.000 colons depuis la guerre israélo-arabe de 1967.
Les Palestiniens soutiennent globalement le projet de démantèlement des implantations de Gaza tout en craignant une pérennisation de la colonisation en Cisjordanie.
Mardi, on a ainsi appris de source proche des services de sécurité qu?Israël envisageait de transférer des colons de Gaza vers un bloc de colonies en cours d?agrandissement en Cisjordanie, contrairement aux dispositions de la ?feuille de route? internationale prévoyant un gel des implantations nouvelles.
Selon le quotidien Maariv, le ministre de la Défense, le général Shaul Mofaz, a préparé des plans pour la construction de centaines de nouveaux logements à Gush Etzion, à 20 km au sud de Jérusalem, au bénéfice de colons originaires de Gaza.
Les services du ministre se sont, quant à eux, bornés à confirmer que ce dernier s?était rendu lundi à Gush Etzion et une source bien placée au sein des services de sécurité a confirmé que ce projet était actuellement à l?étude mais n?avait pas encore été approuvé.
Megan GOLDIN
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