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Après l?eau, les moustiques
Venise en plus moche : c?est toujours le même spectacle au Morcellemnt de Chazal quand il pleut des cordes. Les riverains ne savent pas où marcher car, sous l?eau, il y a de profonds caniveaux. En fait, c?est toute la côte ouest qui a été affectée par les grosses pluies de la semaine dernière. Tamarin et Rivière-Noire n?ont pas été épargnés.
?Nous sentions venir ces inondations puisque les pluies de février avaient rempli les drains. De plus, le ruisseau de Maroussem est envahi par des plantes aquatiques?, déclare Sandeeren Maroodamoothoo, le président du mouvement Action Civique de Flic-en-Flac. Effectivement, à la veille des inondations, il parcourait le morcellement de Chazal pour montrer les drains remplis d?eau stagnante et le ruisseau envahi par des plantes aquatiques. Le conseil de district avait dragué le ruisseau en 2003, mais il n?a pas été entretenu. Ce n?est pas la première fois que ce quartier est inondé.
Samedi, le morcellement de Chazal ressemblait plus à Venise qu?à un morcellement habité. Un lecteur a surpris un homme circulant avec beaucoup de peine en fauteuil roulant. La plupart des cours et quelques maisons étaient inondées. Quelques personnes portaient leurs chaussures à la main.
Un ressortissant français ayant épousé une Mauricienne note que les drains ne sont d?aucune efficacité. Comme tant d?autres habitants du morcellement, il a peiné pour sortir de sa cour.
A la rue mère Thérésa, à Beaux-Songes, quelques familles ont passé probablement une longue nuit. ?Lakaz ti pe inonde tou les sois. Ti bizin tir delo.?, explique Rosynette Gertride, femme au foyer. Quatre familles ont été affectées par la pluie. Leur maison est construite sur un terrain en déclivité. Il n?y a aucun drain dans le quartier.
Les pompiers de Coromandel ont dû intervenir vendredi matin car les habitants ne maîtrisaient plus la situation. Pendant la nuit, quelques-uns avaient érigé un barrage avec des morceaux de bois, mais cela n?a pas suffi. Des cailloux sur la route témoignent du passage de l?eau. Jean Benoît n?a pas dormi pendant toute la nuit. Il surveillait la montée des eaux, craignant le pire.
?Ma cour était transformée en piscine. J?ai des poussins qui se sont noyés. Mon petit-fils n?a pas pu aller à l?école car il s?est fait mal en glissant sur le sol mouillé ?, ajoute de son côté Mayen Poulle. Sa voisine a eu sa cuisine complètement inondée par l?eau qui a détruit ses provisions.
<B>Rues impraticables</B>
Marie-Thérèse Terence souffrant de rhumatismes craint pour sa santé. Sa maison, dit-elle, est toujours humide malgré qu?elle ait enlevé la moquette dans sa maison.
Pourtant, les habitants de cette cité ont attiré l?attention des autorités le 13 février 2004 dans l?express. Un proche du gouvernement avait répondu toujours dans l?express que la construction de drains de cette cité se ferait très vite.
A Tamarin, l?eau dévalant la montagne a affecté le morcellement Carlos et La Mivoie. C?est pratiquement tout le village qui a été affecté. Les rues du morcellement Carlos qui étaient plus ou moins impraticables sont dans un sale état. Le conseil de district avait contracté un emprunt de Rs 50 m pour réparer les routes et les drains, mais pour des raisons administratives, dit-on, les travaux ont été retardés.
Rajesh Bhagwan, ministre responsable de la National Development Unit rappelle que depuis que le gouvernement a créé le Land Drainage Committee, un total de 107 projets au coût de Rs 632 m ont été approuvés pour le district de Rivière-Noire. A titre d?exemple, dit-il, son ministère a construit des drains à Canot, à Baie-du-Cap, au Morne et à Rivière-Noire. Il ajoute aussi que le gouvernement a octroyé des fonds au conseil de district pour la construction de drains notamment au morcellement de Chazal. ?Il faut reconnaître que le pays a 20 ans de retard pour ce qui est des drains. C?est un retard difficile à rattraper dans un court laps de temps?, dit le ministre.
Dass Cheenadoo, président du district, a eu une réunion lundi avec les députés de la circonscription et les ingénieurs du conseil. A l?issue de cette réunion, ils ont dégagé trois possibilités pour éviter l?inondation. Premièrement, la construction d?un canal qui déverserait l?eau du morcellement dans un marécage, l?autre solution est l?agrandissement d?une sortie d?eau à l?embouchure du ruisseau Maroussem, en agrandissant un pont, et finalement, ils pensent dévier l?eau dans un bassin sec en passant par la propriété de Wolmar, avec sa permission.
Quelques jours après les inondations, le niveau de l?eau a sensiblement baissé à Flic-en-Flac, mais la prolifération des moustiques inquiète.
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