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Après la marche le soutien au quotidien

21 mai 2006, 20:00

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Qu?ils soient homosexuels ou non, ils sont bien venus au rendez-vous, samedi, à la marche du Collectif Arc-en-Ciel contre l?homophobie et toutes les formes de discrimination liées à l?orientation sexuelle. Pas de larmoiements ou de frustration, mais une certaine libération de pouvoir enfin s?exprimer, se dévoiler? même si certains portaient des masques. La dimension quelque peu ?carnavalesque? de l?événement lui a permis de mieux passer auprès des badauds.

L?heure est maintenant de dresser le bilan et de se demander quelle est la prochaine étape. ?C?est un franc succès. Dans la mesure où les gens pour la première fois à Maurice, au-delà du caractère spécifique de la chose, ont entrepris une démarche plus globale. Le sentiment qui en découle, c?est cette volonté de construire une île Maurice dans un esprit de respect, d?humanité et d?égalité. C?est la communauté citoyenne seule qui a primé et qui devrait continuellement exister?, estime Jean-Luc Ahnee, porte-parole de ce mouvement regroupant des personnes qui se battent contre l?homophobie et pour la reconnaissance de la réalité homosexuelle à Maurice.

Le collectif continuera à lutter pour que l?égalité des droits pour tous et toutes soit quotidienne. ?C?est vrai que les actions retentissantes telles que cette marche sont nécessaires. L?homosexuel comme tout citoyen a besoin de visibilité. Cependant, l?aspect le plus important demeure la gestion de la vie de tous les jours. Cette entreprise est beaucoup plus complexe et ardue.?

L?accompagnement des homosexuels et de leurs parents fait partie de cette tâche grâce à une cellule d?écoute mise en place pour la famille, l?entourage. Lors de cette marche, un père a confié à Jean Luc Ahnee qu?il a marié sa fille homosexuelle de peur du qu?en-dira-t-on. Mais il a fini par vouloir comprendre et permettre à sa fille d?accéder au bonheur. Elle a finalement pu quitter son mari. Le cas d?une autre jeune fille a aussi été évoqué samedi. Une jeune fille s?est retrouvée à Brown Séquard uniquement parce qu?elle est lesbienne.

La lutte contre l?injustice et l?hypocrisie ambiantes qui voudraient que des citoyens, au nom de leur sexualité, soient des citoyens de non-droits passe elle aussi par le quotidien. ?Il faut surtout combattre le petit racisme au quotidien qui est si diffus, si dilué mais qui s?est tellement banalisé. Et, c?est justement parce qu?il s?est banalisé qu?il est le plus dangereux. C?est joli de faire une belle loi, qui n?est d?ailleurs pas encore votée, mais c?est la mentalité qui doit changer?, poursuit Jean-Luc Ahnee.

Il fait un parallèle avec les femmes victimes de viol qui se retrouvent au poste de police. Certaines y ont été très mal accueillies alors que ce sont elles les victimes. Le même sort risque d?être réservé aux homosexuels. Le fait qu?il soit écrit sur les documents officiels concernant le don de sang que les homosexuels font partie d?une ?communauté à risque? est aussi une illustration de ce rejet. On peut également s?interroger sur tous ces glissements sémantiques dans les medias qui donnent lieu à l?amalgame facile entre homosexualité et pédophilie.

?Il est inadmissible qu?un homosexuel soit obligé d?évoluer dans un contexte discriminant. C?est toujours l?entourage qui contribue au déni de son être et sa souffrance prend la source dans le regard de l?autre.?

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