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Annecy, huit mois, succombe à une gastro

24 septembre 2006, 00:00

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Elle faisait le bonheur de ses parents. Son sourire était pour eux la plus belle preuve d?amour. Mais Annecy Clency, âgée de huit mois, s?en est allée, emportée par une gastroentérite, samedi dernier. Effondrés, ses parents crient à la négligence médicale alors que le Dr Anupa Ramjutun (voir hors-texte), qui avait examiné la fillette à l?hôpital, réfute ces accusations.

Sylvie, la mère de la fillette, peine à contenir sa colère face à ce qu?elle estime être une négligence de la part des médecins. « Si ma fille avait été hospitalisée à temps, rien de tout cela ne se serait produit et Annecy serait encore en vie », lâche la mère de la petite, au bord des larmes. Elle explique avoir vu sa cadette s?affaiblir jour après jour et mourir pratiquement sous ses yeux.

Le calvaire de cette famille débute mercredi. Ce jour-là, la petite Annecy est victime d?un malaise. « Elle a commencé à vomir et ne pouvait rien manger », explique Sylvie. Comme il s?agit d?une gastroentérite, la jeune mère ne s?inquiète pas outre mesure et lui donne des médicaments d?usage, en espérant qu?elle ira mieux. Mais son état de santé ne s?améliore guère. Sylvie décide de l?emmener à l?hôpital de Candos le jour même. Là, un médecin lui fait une piqûre après l?avoir examinée.

<B>Son état de santé empire</B>

Le praticien rassure la mère quant à l?efficacité du médicament injecté et lui conseille de ramener Annecy à la maison.

« Je n?avais aucune raison de remettre en cause les dires de ce docteur. Je suis donc repartie avec ma fille », explique la mère de la fillette. Mais le lendemain matin, l?état de santé d?Annecy empire. « Elle était encore plus malade que la veille et comme elle avait de la diarrhée, j?ai préféré l?emmener de nouveau à l?hôpital. » Une fois encore, explique Sylvie, le docteur a examiné la fillette, lui a donné des médicaments et lui aurait dit qu?elle pouvait rentrer chez elle. Ce que fait Sylvie.

La petite Annecy, déjà très faible, continue toutefois à vomir durant toute la nuit. Inquiets, Sylvie et son époux, Jean, décident alors, le samedi suivant, de consulter un médecin privé. « En voyant dans quel état était ma fille, il m?a dit qu?elle aurait dû être hospitalisée depuis plusieurs jours. Il m?a demandé de me rendre d?urgence à l?hôpital de Candos et m?a remis un document réclamant son admission », déclare Jean, encore bouleversé par les récents événements.

La petite famille se rue aussitôt à l?hôpital pour y admettre leur fille cadette.

« Elle a tout de suite été prise en charge par un médecin étranger qui a compris la gravité de la situation », se rappelle la mère de la jeune victime, qui confie vouloir remercier ce médecin étranger pour avoir tenté de sauver la vie de sa fille.

<B>Il est déjà trop tard</B>

Mais il est déjà trop tard. Annecy mourra le lendemain, malgré l?intervention des médecins. « Nous savions qu?elle était très malade mais nous ne pensions pas que c?était grave au point de perdre la vie », confie un membre de la famille.

Effondrés par ce drame, Sylvie et Jean trouvent tout de même la force de référer le cas au ministère de la Santé, qui ouvre aussitôt une enquête. Peu après, celui-ci annonce que trois médecins ont « soumis leur démission ».

Au domicile des Clency, à Plaisance, tous peinent encore à accepter la mort d?Annecy. « La perte d?un enfant est toujours très dure. Annecy était la joie de vivre de sa famille, ses parents sont dévastés », explique un proche de la famille. Et un habitant de la localité d?ajouter : « C?était une enfant très joyeuse. Elle souriait toujours et tout le monde ici l?aimait beaucoup. »

La grande s?ur d?Annecy, de deux ans son aînée, ne semble pas encore très bien se rendre compte de ce qui se passe autour d?elle. Annecy ne partagera plus avec elle ces moments complices que toutes deux affectionnaient tant.

<B>Les ministère revoit son Jugement</B>

Le ministère de la Santé a fait marche arrière après les pressions exercées par la Medical & Health Officers Association (MHOA). Ce syndicat avait vivement critiqué les « démissions forcées » de trois médecins généralistes ? Khalid Jaufeerally, Anupa Roshni Ramjutun et Kushroo Aubeelack ? à la suite d?une négligence alléguée. Face à cette mobilisation, le ministère a convoqué une réunion d?urgence vendredi pour statuer sur le sort de ces trois médecins. Ils ont été informés que leurs lettres de démission ne seraient pas prises en compte mais qu?ils devront prendre un congé sans solde en attendant les conclusions de l?enquête sur deux décès survenus à l?hôpital dans des circonstances troublantes.

Deux comités, dont la composition sera connue dans les prochains jours, seront mis en place pour enquêter sur les allégations de négligences médicales qui pèsent sur ces médecins. Les comités auront six semaines pour faire connaître leurs conclusions. La MHOA avait dénoncé, lors d?une conférence de presse les agissements du ministère qui « avait poussé à la démission ces médecins alors que l?enquête n?a toujours pas été bouclée ».

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