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Angela Merkel, chancelière fédérale d?Allemagne
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Angela Merkel, chancelière fédérale d?Allemagne
Le Bundestag a tourné la page de plusieurs semaines d?incertitude politique en confirmant la chef de file de l?Union chrétienne-démocrate (CDU), Angela Merkel, au poste de chancelière fédérale d?Allemagne. Merkel a obtenu une majorité confortable de 397 voix au Bundestag, qui compte 614 sièges. Ce score, le plus large jamais obtenu par un chancelier, signifie toutefois que 51 des 448 députés de la ?grande coalition? ne lui ont pas accordé leur soutien.
Merkel, fille de pasteur âgée de 51 ans, est à la fois la première femme et la première personnalité d?Allemagne de l?Est à accéder à ce poste. Son prédécesseur Gerhard Schröder a été le premier à la féliciter après l?annonce des résultats par le président de la chambre basse du parlement, Norbert Lammert. ?Cher Docteur Merkel, vous êtes aujourd?hui la première femme élue à la tête du gouvernement en Allemagne. C?est un message fort pour de nombreuses femmes, et certainement pour certains hommes aussi?, a déclaré Lammert, provoquant l?hilarité de la chambre.
Le président Horst Köhler lui a souhaité ?beaucoup de chance, beaucoup de force et la bénédiction de Dieu?. Merkel, huitième chancelier de l?Allemagne d?après-guerre, et son gouvernement de ?grande coalition? réunissant des conservateurs de l?union CDU-CSU et des sociaux-démocrates du SPD seront officiellement investis ce mardi. Ils succéderont au gouvernement SPD-Verts dirigé depuis 1998 par Gerhard Schröder.
Merkel, longtemps donnée largement en tête dans les sondages, s?est alors résignée à former un gouvernement de ?grande coalition? avec les sociaux-démocrates, première alliance du genre depuis les années 1960.
Durant les longues semaines de négociations sur la formation de cette coalition, Merkel, parfois comparée à la ?Dame de fer? britannique Margaret Thatcher, a dû faire des concessions et abandonner certains de ses projets de réforme les plus ambitieux. Le triple objectif de son gouvernement est de ramener le déficit budgétaire dans les limites autorisées par l?Union européenne, de lutter contre le chômage et de renouer des liens solides avec Washington après la ?brouille? née du non-engagement allemand en Irak.
Raillée dans certains médias allemands, la chancelière se distingue de son prédécesseur par son apparence austère, comme l?illustre encore le tailleur noir très sobre choisi pour assister mardi au vote du Bundestag.
<B>?Une aversion pour le côté théatral de la politique?</B>
Nombre d?observateurs jugent toutefois que son style sied parfaitement à la tâche difficile qui l?attend. ?Son aversion pour le côté théâtral de la politique, pour le spectacle et les grandes envolées, correspond à la sobriété nouvelle de la jeune génération en Allemagne?, commente le quotidien Handelsblatt dans son éditorial.
Malgré la présence de fortes personnalités au sein de son gouvernement et la nature disparate de sa coalition, des politologues allemands prédisent à Merkel une certaine stabilité à la tête du pays, conservateurs et sociaux-démocrates étant, selon eux, conscients des risques d?un échec rapide. ?Condamnée à réussir?, titrait ainsi le quotidien à grand tirage Bild. Commentant le résultat du vote du Bundestag, le ministre des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, a déclaré qu?il ?aurait été mieux d?avoir un chiffre commençant par un 4?.
?Mais il s?agit d?une question d?esthétique, pas d?un problème de stabilité (pour le gouvernement) dans les années à venir. C?est un bon résultat qui garantit une majorité stable pour le gouvernement au Parlement?, a-t-il dit. Pourtant, à en croire les sondages, une majorité d?Allemands ne croit pas que la première chancelière de leur pays accomplira les quatre années de la législature à son poste.
<B>Markus KRAH
Noah BARKIN</B>
RELATIONS FRANCO-ALLEMANDES
<B>Merkel effectue sa première visite de chancelière</B>
■ Angela Merkel, qui a pourtant fait du rapprochement avec les Etats-Unis une priorité de son action diplomatique, effectuait hier sa première visite en tant que chancelière d?Allemagne afin de souligner l?importance du couple franco-allemand dans la construction européenne. Merkel a été reçue à déjeuner à l?Elysée par le président Jacques Chirac. Ce dernier n?a de cesse de souligner la force d?entraînement du ?moteur? franco-allemand au sein de l?Union européenne et, pour l?Elysée, la venue de la chrétienne-démocrate Angela Merkel, au lendemain même de son investiture par le Bundestag, est ?une marque de la continuité de la relation franco-allemande dans des circonstances où l?Europe a besoin d?une forte impulsion?.?La visite en France est la preuve du degré d?intimité du partenariat franco-allemand?, a confirmé mardi le nouveau ministre allemand des Affaires étrangères, Franz-Walter Steinmeier, à l?antenne de la télévision allemande. Ce proche de l?ancien chancelier social-démocrate Gerhard Schröder assure que la diplomatie allemande ne connaîtra pas de bouleversement avec le nouveau gouvernement en poste à Berlin. Les prochaines discussions sur le futur budget de l?Union européenne pourraient fournir l?occasion à la France et à l?Allemagne de prouver la force de leur lien. Pour autant, la visite d?Angela Merkel à Paris paraît essentiellement symbolique. Le programme de la nouvelle chancelière prévoit que, après moins de deux heures d?entretien avec Jacques Chirac, elle s?envolera pour Bruxelles afin d?y rencontrer le secrétaire général de l?Otan, Jaap de Hoop Scheffer, dans le but, là aussi, de souligner l?importance du partenariat transatlantique avec les Etats-Unis.
<B>PROFIL</B>
Originaire de l?ex-République Démocratique Allemande (RDA), protestante, divorcée, remariée, et sans enfant, Angela Merkel tranche avec le profil plutôt masculin, conservateur et catholique du parti dont elle tient les rênes depuis cinq ans.
■ <B>ÉTAT CIVIL</B>
Née le 17 juillet 1954 à Hambourg, Angela est la fille d?un pasteur protestant; elle passe son enfance à Templin.
■ <B>ÉTUDES</B>
1978 : elle sort de l?université de Leipzig avec un diplôme de physique.
1986 : doctorat de physique.
■ <B>CARRIÈRE</B>
1989: l?année de la ?révolution pacifique? en RDA. Merkel, engagée au sein d?un mouvement d?opposition au régime de la RDA, devient députée de la Volkskammer (parlement de la RDA), puis porte-parole adjointe du dernier gouvernement est-allemand, celui de Lothar de Maizières.
1990 : elle adhère à la CDU et obtient un mandat direct lors d?élections législatives anticipées. Elle fait ainsi son entrée au Bundestag.
1991 : elle entre au gouvernement d?Helmut Kohl, en tant que ministre des Femmes et de la Jeunesse.
1993 : elle devient présidente de la CDU régionale de Mecklembourg-Poméranie occidentale.
1994 : elle est ministre de l?Environnement, de la protection de la nature et de la sécurité des réacteurs.
1999-2000 : le ?scandale des caisses noires?, qui touche la CDU à partir de novembre 1999, provoque un renouvellement des générations au sein du parti. L?ancienne protégée d?Helmut Kohl est la première à prendre ses distances vis-à-vis de l?ancien chancelier. La crise s?aggrave lorsqu?est révélée l?implication dans le scandale de Wolfgang Schäuble, président de la CDU et ancien poids lourd des gouvernements Kohl. Depuis peu secrétaire générale de la CDU,Merkel est élue présidente du parti.
2002 : lors des élections législatives, elle s?efface devant le ministre-président de Bavière, Edmund Stoiber, plus populaire qu?elle, qui affronte Gerhard Schröder à la tête de la coalition CDU-CSU. La défaite d?Edmund Stoiber renforce finalement la position d?Angela Merkel au sein du parti. Au lendemain des élections, elle s?impose de plus en plus comme la véritable chef de file de l?opposition.
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