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Ameenah Rojoa demande que sa charge soit rayée

17 octobre 2008, 00:00

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Du nouveau dans le scandale financier Mauritius Commercial Bank-National Pension Fund. La décision du Directeur des poursuites publiques (DPP), hier, de rayer la charge provisoire de blanchiment d?argent contre Robert Lesage a conduit Ameenah Rojoa, ex-Principal Accountant du NPF et suspectée de complot, à demander la radiation de sa charge.

Me Jim Seetaram, l?avocat d?Ameenah Rojoa, a logé une motion au tribunal de Port-Louis hier en ce sens. Il estime que sa cliente a été victime d?un abus de procédures.

Me Sitaram avance trois raisons pour soutenir sa motion. Premièrement : six ans après l?arrestation d?Ameenah Rojoa, aucune charge formelle n?a été déposée contre elle à ce jour. Deuxièmement : il qualifie ce délai d?injuste et d?oppressif. Troisièmement : sa cliente est soupçonnée de complot avec le principal suspect, Robert Lesage. Selon lui, si Robert Lesage n?est plus un suspect, la charge contre sa cliente «cannot stand».

<B>Immunité relative</B>

Ces derniers rebondissements signifient-ils la fin de la saga MCB-NPF d?autant plus que Robert Lesage est le quatrième suspect à ne pas être poursuivi dans cette affaire ? Pas exactement. Dans le présent cas, Robert Lesage a été arrêté et une charge provisoire de blanchiment d?argent a été logée contre lui le 27 février 2003.

Depuis le début de l?enquête, l?ancien Chief Manager de la MCB a bénéficié d?une immunité relative en échange de sa coopération. C?est-à-dire que la brigade anti-corruption s?était servie de sa prérogative pour ne pas utiliser les révélations faites par l?ancien Chief Manager de la MCB contre lui en cour.

Au cas où l?enquête avait révélé d?autres éléments compromettants contre Robert Lesage, l?Independent Commission against Corruption (ICAC) aurait pu les utiliser contre ce dernier. Si Robert Lesage avait bénéficié d?une immunité absolue, il aurait été exempté de toute poursuite.

Ce n?est que le 3 septembre dernier que l?ICAC est venue à bout de son enquête et a soumis son dossier au DPP. Un volumineux dossier d?environ 10 000 pages, qui a nécessité cinq ans d?investigations.

L?affaire MCB-NPF ne concerne pas que Robert Lesage. Il y a d?autres suspects qui sont toujours sous le coup d?une charge provisoire à l?instar d?Ameenah Rojoa et Dev Manraj, l?ancien secrétaire financier du NPF.

L'homme d?affaires, Teeren Appasamy, soupçonné d?être le principal bénéficiaire des fonds détournés, est toujours en Angleterre. L?ICAC avait formulé une demande d?extradition de Teeren Appasamy. Le 23 mars 2005, le tribunal de Port-Louis avait émis un mandat d?arrêt contre lui.

<B>Justice britannique</B>

La demande d?extradition avait été transmise au bureau de l?Attorney General qui avait remis le dossier au ministère des Affaires étrangères. Ce dernier a subséquemment informé Londres.

Teeren Appasamy a été arrêté dans la capitale anglaise le 2 novembre 2007. Libéré sous caution, il a invoqué des problèmes de santé (un psychiatre anglais dit qu?il souffre de troubles psychotiques) et il dit craindre pour sa sécurité s?il revient à Maurice. Il fait face actuellement à la justice britannique à la suite de la demande d?extradition formulée par l?ICAC.

L?affaire MCB-NPF éclate le 14 février 2003. La banque révèle, dans un communiqué, que de sérieuses irrégularités sont constatées et qu?il y a complicité interne à haut niveau. Robert Lesage, ancien Chief Manager de la banque à la retraite est arrêté à la suite de son interrogatoire.

D?autres arrestations s?ensuivent, dont celle des principaux mandataires des compagnies de Teeren Appasamy : l?ex-directeur financier, Dev Manraj, l?économiste, Donald Ha Yeung, et l?avoué Ravi Ramdewar. Ameenah Rojoa (celle qui a découvert la fraude et qui l?a révélée au Premier ministre d?alors) est aussi arrêtée. Il en va de même pour Pierre Guy Noël, le patron de la MCB.

EXPLICATIONS

<B>Le DPP peut toujours poursuivre Robert Lesage</B>

■ Si le DPP trouve, plus tard, qu?il y a des éléments compromettants contre Robert Lesage dans le dossier de l'ICAC autre que ceux révélés par l?ex-«Chief Manager» de la MCB, il peut alors loger une charge formelle contre lui. «Une charge provisoire est logée au début de l?enquête policière alors que la charge formelle au début du procès», explique Me Rex Stephen, avocat de Robert Lesage. Ce dernier ajoute que si une somme d?argent est volée dans une compagnie et qu?un employé est soupçonné, ce dernier sera arrêté pour vol. Mais si l?enquête policière révèle qu?il a utilisé l?argent aux casinos, alors une charge formelle de détournement sera retenue contre lui lors du début du procès.

Donc, techniquement le DPP peut poursuivre formellement Robert Lesage. Mais pour cela, il faut que le dossier de l?ICAC contienne suffisamment de preuves.

«C?est techniquement possible mais je vois mal le DPP loger une charge formelle dans le cas de Lesage eu égard aux circonstances dans lesquelles la charge provisoire a été rayée», souligne Me Rex Stephen.

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