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93 200 personnes jugées pauvres

26 octobre 2006, 20:00

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93 200. C?est le nombre de personnes considérées comme pauvres à Maurice. Ce qui équivaut à 23 700 foyers. Ces chiffres proviennent d?un rapport du Bureau des statistiques pour 2001-2002, intitulé Poverty Analysis. Ils ont été présentés, hier, lors d?un atelier de travail sur la pauvreté.

Les détails de ce rapport ont été présentés par Yasmin Casimally du Bureau des statistiques. Qui explique que si c?est surtout le critère financier qui a été pris en considération, l?étude a aussi tenu compte de facteurs autres que monétaires, comme le font la Banque mondiale et les Nations unies

D?ailleurs, si l?on se base sur une échelle établie par la Banque mondiale, qui mesure la pauvreté au nombre de dollars que l?individu a en poche par jour ? un ou deux dollars ? le pourcentage des pauvres à Maurice devient alors relativement faible. En effet, sur ce critère, la proportion des pauvres à Maurice est estimée à moins de 1 % en 1996-1997 et en 2001-2002.

Il faut toutefois préciser que le critère d?un dollar par jour est plus pertinent pour les pays sous-développés où il existe une extrême pauvreté. Pour les pays en voie de développement comme Maurice, c?est le critère de deux dollars par jour qui s?applique le mieux. Si l?on se base sur ce critère, le pourcentage de pauvres est alors de moins de 1.5 % en 1996-1997 et en 2001-2002.

Une comparaison avec d?autres régions du monde, toujours selon le même critère de la Banque mondiale et les Nations unies, vient démontrer que Maurice est bien mieux loti, Dans l?Afrique sub-saharienne, comme en Afrique du Sud, la pauvreté touche 10,4 % de la population. A Madagascar, 61,0 % de la population, vivaient dans des conditions de pauvreté en 2001 alors qu?en 2003, en Zambie, ils étaient 75,8 % à vivre en dessous du seuil de pauvreté.

De même, la pauvreté extrême est élevée en Chine (16,6 % en 2001), en Inde (36 % en 1999), au Brésil (7,5 % en 2003), et en Egypte (3,1 %) en 2003.

Le Human Development Index (HDI), qui, lui, a d?autres critères, est aussi rassurant pour Maurice. Les Nations unies tiennent en ligne de compte un niveau de vie décent, le taux d?alphabétisation, le ratio global de ceux qui atteignent le primaire, le secondaire et le tertiaire, de même que la durée de vie. Maurice se classe 67e sur 177 pays, avec un HDI de 0,791 en 2003. Le pays qui émerge du lot est la Norvège (0,963) alors que dernier de la liste est le Niger avec un index de 0,281.

Dépenses de Rs 4 400

Pour en revenir aux critères établis par le Bureau des statistiques à Maurice, ? l?étude se fait tous les cinq ans ? un foyer entre dans la catégorie pauvre s?il touche Rs 5 000. Le foyer moyen, lui, dispose de Rs 16 600. Les dépenses liées à la consommation pour une famille pauvre sont de Rs 4 400 alors que pour la famille de classe moyenne, les dépenses s?élèvent à Rs 10 200.

Il faut aussi savoir que ce sont les arrondissements 1 et 2 de Quatre-Bornes, avec l?arrondissement 4 de Beau-Basssin, qui sont les plus développés de l?île. L?arrondissement 1 de Quatre-Bornes, comprend, entre autres les régions de Belle-Rose, Mocellement St Jean, Ebène. Le n° 2, comprend La Louise, Sodnac, une partie de Candos, Ollier et une partie de Palma. L?arrondissement n° 4 de Beau-Basssin comprend entre autres Roches-Brunes et Mont-Roches. Les régions qui sont les plus pauvres sont le Morne, Rodrigues et Baie-du-Cap.

Certaines des statistiques mentionnées dans le rapport sont aussi parlantes. L?on note ainsi que de tous les foyers composés de vieux vivant seuls, 20 % sont jugés pauvres. Dans la catégorie des foyers comprenant des personnes séparées ou divorcées, 22 % sont en situation précaire. Et finalement, de tous les foyers mauriciens, 7,7 % sont considérés comme pauvres.

Sithanen : ?La réforme vise aussi à la justice sociale?

L?atelier de travail sur la pauvreté a été l?occasion pour le gouvernement d?évoquer la réforme de l?économie. Celle-ci repose sur un meilleur taux de croissance et sur davantage de justice sociale. C?est ce qu?a soutenu le ministre des Finances, Rama Sithanen. ?Nous voulons assurer que les bénéfices d?une plus grande croissance atteignent aussi les familles les plus pauvres. Il y a une corrélation importante entre la croissance, la création d?emplois et l?éradication de la pauvreté.?

?La pauvreté dans le monde a diminué grandement quand l?Inde et la Chine, qui ont un fort taux de croissance et qui ont créé des emplois rapidement, ont réduit substantiellement la pauvreté. Il en sera de même pour Maurice quand la réforme va générer une croissance de 6 % ou plus?, a dit le ministre.

Au-delà de la réforme enclenchée, il compte miser sur trois axes. Il s?agira d?initier une série de mesures concrètes à travers la Development Bank of Mauritius, la Mauritius Housing Corporation, la Small Enterprise Handicraft Development Authority et le Trust Fund for the Vulnerable Groups. Il est aussi question de réorienter, comme cela a été fait dans le dernier budget, l?argent dépensé pour la protection sociale et pour l?état providence. Sans compter l?Empowerment Program, qui sera un des points forts de l?action gouvernementale pour éradiquer la pauvreté.

Premières actions

La formation demeure l?un des axes majeurs de l?Empowerment Programme. Ce dossier a bien avancé et déjà, les premières actions sont enclenchées. C?est ainsi que son président, Jean Claude de l?Estrac, a fait quelques annonces.

Dans l?hôtellerie, il explique que les établissements de Bel-Ombre et de Balaclava ont accepté d?offrir une formation aux chômeurs désirant travailler dans ce secteur, dans le but d?augmenter leurs chances de trouver un emploi. Une étude sur les demandes d?emploi dans ce secteur, pour les prochaines années, révèle qu?il manque 3 000 employés formés. Jean Claude de l?Estrac estime que bien des opportunités de travail existent dans ce domaine. Pour cette raison, une des principales activités de l?Empowerment Program pour les mois à venir sera de donner la chance aux chômeurs de se joindre à cette activité.

Dans le secteur du textile et de l?habillement, Star Knitwear Ltd, Rosana Textile Ltd, Denim de l?Ile, Palmar Group et Firemount Textiles Ltd, sont prêts à offrir des formations à ceux qui veulent y faire carrière. A elles seules, ces compagnies peuvent accommoder quelque 3 000 personnes. ?Ce secteur n?est pas une ?sunset industry. Nous devons trouver des moyens de convaincre les jeunes qu?ils peuvent encore vivre décemment et construire leur avenir dans des industries de textile qui se veulent modernes et sophistiquées?, soutient Jean Claude de l?Estrac.

Pour la construction, l?Empowerment Program a eu des consultations avec la Building and Civil Engineering Contractor Association. 1 500 emplois sont disponibles immédiatement. Dans un premier temps, quelque 500 personnes ont été identifiées et dirigées vers des compagnies de construction. Ces personnes recevront un traitement (stipend) mensuel de Rs 3 000 pendant un an, que l?Empowerment Program financera à 50 %. A noter que les dernières données du ministère du Travail font état de quelque 20 000 personnes à la recherche d?un emploi.

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