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11/IX : la commission dénonce une anticipation insuffisante
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11/IX : la commission dénonce une anticipation insuffisante
Dans son rapport final, la commission d?enquête sur les attentats du 11 septembre 2001 reproche aux services de renseignement leur incapacité à anticiper ces détournements d?avion, et juge que les administrations Clinton et Bush n?ont pas assez tenu compte de la menace terroriste, a-t-on appris, mercredi auprès de responsables américains.
Des membres du Congrès ont été informés du contenu du rapport, qui doit être rendu public jeudi, mais n?en ont pas reçu de copies.
Selon une source sénatoriale qui a requis l?anonymat, le rapport reproche aux services de renseignement un ?manque d?imagination?, en ce sens qu?ils n?auraient pas cru qu?Al Qaïda pourrait se servir d?avions détournés pour attaquer les Etats-Unis.
La commission estime en outre qu?en matière de sécurité nationale le terrorisme ne constituait pas une priorité absolue des administrations républicaine de George Bush et démocrate de Bill Clinton, a-t-on précisé de même source.
Le rapport estime par ailleurs que les services de renseignement étaient, au moment des attentats, davantage prêts à affronter des conflits typiques de la guerre froide, et dénonce leur organisation déficiente en déplorant, notamment, qu?il n?y ait pas eu un responsable spécifiquement chargé de superviser les efforts antiterroristes, a expliqué la source sénatoriale à Reuters.
Commissions plus puissantes
La commission recommande donc la création d?un centre national de lutte contre le terrorisme qui permettrait de résoudre les problèmes de coordination mis au jour entre les différents services compétents, selon des responsables du Congrès.
Elle préconise également la création d?un nouveau poste de directeur national du renseignement dont le détenteur serait, en la matière, le principal conseiller du président, et qui serait doté de pouvoirs budgétaires et décisionnels sur les 15 services de renseignement américains, ont-ils ajouté.
Ce directeur serait entouré de trois adjoints chargés respectivement des renseignements extérieurs, des renseignements intérieurs et des renseignements portant sur la sécurité intérieure, a précisé la source sénatoriale.
La commission recommande également une réorganisation du travail du Congrès, proposant ainsi d?accroître les pouvoirs des commissions parlementaires en leur donnant la main haute sur l?approbation des projets et sur le déblocage des fonds, ont souligné les responsables parlementaires.
Dans son rapport, la commission bipartisane propose également la création d?une commission du renseignement réunissant des membres de la Chambre des représentants et du Sénat, qui remplacerait les commissions du renseignement existant actuellement dans chacune des chambres, ont expliqué les sources parlementaires.
Un responsable américain ayant pris connaissance du rapport a déclaré : ?Plutôt que de dénoncer des erreurs au niveau présidentiel, ils estiment qu?il y a des dysfonctionnements, de graves dysfonctionnements institutionnels au sein de notre gouvernement.?
La commission dénonce ainsi des ?dysfonctionnements institutionnels, un manque d?imagination et la possibilité qu?on avait peut-être de découvrir l?intention qu?avait Al Qaïda de perpétrer une attaque?, a-t-il ajouté.
Le rapport cite en outre dix occasions manquées pour la CIA et le FBI de découvrir des aspects du complot du 11 septembre.
?Il y a eu des occasions d?intercepter plusieurs des terroristes. Apparemment ? et même si la commission n?aboutit pas en réalité à la conclusion selon laquelle nous aurions pu les empêcher ? il y a certainement eu plusieurs occasions de détecter certaines des activités engendrées par la préparation? des attentats, a déclaré le démocrate Jim Turner, de la chambre des Représentants.
Tabassum ZAKARIA
RESTRICTIONS
Le 11- septembre a bridé les libertés individuelles des Américains
Depuis les attentats du 11 septembre, le gouvernement américain a imposé de nouvelles restrictions aux droits de ses citoyens afin de mener la guerre contre le terrorisme, au risque de déstabiliser le fragile équilibre entre liberté et sécurité.
Ces changements, notamment la possibilité de détenir indéfiniment un suspect sans inculpation ni avocat dans les affaires de terrorisme, étendent les pouvoirs d?enquête, d?arrestation, de jugement et de détention des autorités fédérales.
Les forces de l?ordre ont un accès facilité aux informations sur la vie privée des Américains, tandis que nombre d?agissements gouvernementaux sont protégés par le secret. Et la liberté d?association est mise en péril. Adopté à la hâte par le Congrès et ratifié par le président George W. Bush six semaines après les attentats, le USA Patriot Act accorde de nouveaux pouvoirs au gouvernement dans 350 domaines concernant 40 agences fédérales.
L?administration Bush a depuis imposé d?autres modifications légales, sans l?approbation du Congrès. Les agents fédéraux ont maintenant le droit d?enregistrer les conversations entre détenus et avocats dans les prisons fédérales. Les fonctionnaires sont encouragés à faire de la rétention de documents et les personnes demandant l?accès à des documents administratifs conformément à la loi sur le libre accès à l?information peuvent se voir opposer un refus.
Enfin, le FBI peut désormais surveiller les réunions politiques et religieuses aux Etats-Unis, même en l?absence de suspicion de délit. Cette pratique avait pourtant été abandonnée dans les années 70 après qu?on eut appris que le directeur du FBI J. Edgar Hoover avait placé sur écoutes Martin Luther King et d?autres activistes. L?Union américaine pour les libertés civiques (ACLU) et d?autres associations s?interrogent sur ces changements. ?Sommes-nous plus en sécurité en tant que nation? Je ne sais pas?, avoue Anthony Romero, le secrétaire général de l?ACLU. ?Sommes-nous moins libres? C?est clair?.
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