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“Les investisseurs malgaches peuvent également apporter de la valeur ajoutée à Maurice”

14 mars 2007, 00:00

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● <B>Parlez-nous brièvement des activités de votre groupe ?</B>

Sipromad est l’une des principales entreprises malgaches. Elle emploie quelque 1 100 personnes et est présente dans plusieurs secteurs d’activité dont l’industrie, la production de tabac, l’importation et la distribution. Elle opère également dans la pharmaceutique et les technologies de sécurité, ainsi que dans l’immobilier. Nous comptons bientôt nous lancer dans les services financiers.

Sipromad dispose d’un très vaste réseau de distribution à Madagascar avec des agences dans toutes les villes. Basés à Madagascar, nous y avons des structures aussi bien qu’à Maurice. Nous allons bientôt être présents en Inde.

● <B> Que représente pour la communauté des affaires la réélection de Marc Ravalomana à la présidence de la République malgache ?</B>

Il s’agit à mon avis d’un signal très fort en faveur de la continuité dans les affaires et de la stabilité politique. Celle-ci est un facteur très important pour garantir l’investissement.

● <B>Est-ce que les facteurs de la crise de 2002 sont loin derrière ? </B>

La confiance est revenue. Cela se confirme à plusieurs niveaux. Il y a des investissements étrangers massifs dans l’exploration minière et pétrolière. Les infrastructures sont en plein développement avec notamment la construction d’un nouveau port dans le sud de l’île, à Fort-Dauphin. Il s’agira d’un des plus grands ports de la région.

Ce regain de confiance se manifeste également chez les opérateurs mauriciens présents à Madagascar qui développent davantage leurs activités chez nous. À titre d’exemple, le groupe CIEL y est présent dans le textile. Le groupe Constance qui est dans l’hôtellerie et Harel Mallac qui est dans la distribution des fertilisants, sont en train de consolider leur ancrage dans leur secteur respectif.

● <B>Que préconise le gouvernement malgache pour attirer plus d’investissement étranger ? </B>

Le gouvernement a publié un document, le Madagascar Action Plan, qui énonce la stratégie de développement pour la période 2007 à 2012. Ce plan prévoit plusieurs initiatives importantes pour améliorer l’environnement des affaires. Il y a de gros investissements dans les infrastructures routières, portuaires, aéroportuaires et dans les télécoms notamment.

Il y a aussi eu la création de l’Economic Development Board of Madagascar (EDBM), structure destinée à accompagner les investisseurs. Les procédures pour démarrer les affaires ont été considérablement assouplies.

● <B>Êtes-vous satisfait des efforts déployés par l’État pour faire reculer la corruption et la bureaucratie dans les services publics ? </B>

Le gouvernement malgache fait de son mieux pour combattre la corruption. Il y a une nette amélioration à ce niveau, et nous pouvons constater des changements positifs dans tous les services publics.

En ce qui concerne les lourdeurs bureaucratiques, il incombe aux institutions comme l’EDBM d’œuvrer en vue d’alléger les procédures auxquelles sont soumis les opérateurs.

● <B>Les groupes traditionnels occupent pratiquement tous les secteurs d’activités à Madagascar. Quelles sont les opportunités pour les nouveaux opérateurs sur le marché ?</B>

Certes, les groupes traditionnels sont très présents dans les différents secteurs de l’économie. Mais il y a aussi des hommes d’affaires qui émergent et qui réussissent.

L’ouverture de l’économie donne de nouvelles opportunités et encourage les nouveaux opérateurs à se lancer dans le business. Il y a de la place pour tous ceux qui ont le goût du risque et de l’entreprise.

● <B> Quelles sont les perspectives d’échange d’investissements entre Maurice et Madagascar ?</B>

Les Mauriciens peuvent trouver à Madagascar des opportunités très intéressantes dans le tourisme, l’agro-industrie, les services et les technologies de l’information et des télécommunications, dont les centres d’appels. Toutefois les possibilités existent dans les deux sens. Les investisseurs malgaches peuvent également apporter de la valeur ajoutée à Maurice. Il y a des groupes malgaches qui deviennent de plus en plus performants et qui sont à même d’envisager des implantations en terres étrangères.

Sipromad, par exemple, est déjà présent à Maurice. Nous démarrons bientôt une activité de distribution d’équipements destinés aux banques et de technologies de sécurité pour les entreprises. Nous nous lançons aussi dans les services financiers et dans des opérations de distribution dans le port franc.

Propos recueillis par</I> <B>A.R.</B>

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